‹ Colonisation et agriculture de l'Algérie (volume 2)Chapitre 66 sur 138 · PARTIE II, =— CULTURE ARABE · texte numérisé non relu

PARTIE II, =— CULTURE ARABE

Les habitants de la régence de Tunis, plus indu-

strieux que ceux de l'Algérie, élèvent une race d’ânes

plus belle, plus grande et plus forte, très estimée pour

la production des mulets et qu'on importe dans ce dernier pays pour cet usage.

( 4. Mulets.

Dans toute l'Algérie, et principalement dans la province de Constantine, on élève un assez grand nombre de mulets. J’ai trouvé chez eux beaucoup d’analogie avec les mulets corses. Comme ces derniers, ils sont plus petits, mais plus vifs, plus alertes et plus robustes que nos mulets du continent, qualités qu'ils doivent autant à leurs mères qu’au elimat.

Ces animaux, qui sont employés comme bêtes de somme, de trait, et même pour la selle, ont plus de valeur que les chevaux. L'élève et l’entretien sont à peu près les mêmes chez eux que chez les chevaux, si ce n'est qu'on ne les dresse pas avec autant de soins et de rigueur.

Les mulets ont toujours valu moitié, ou un tiers en sus des chevaux. Quant aux ânes, ils coûtaient, avant notre arrivée, de A0 à 42 fr. tout au plus. Le prix des uns et des autres n’est pas monté dans la mème proportion que celui des chevaux et des bêtes bovines et ovines.

Chez les tribus pastorales, on n'emploie à la production des mulets que les vieilles et mauvaises ju

ments; mais, parmi les Kabaïles et les Arabes cultivaleurs, on y fait servir, au contraire, les bêtes de la plus forte taille.

$ 5. Bêtes bovines.

Comme les chevaux et les ânes, les bêtes bovines de l'Algérie sont petites. Le poids moyen de viande nette, chez les bœufs, est d'environ 475 kilog., ce qui suppose un poids brut de 520 à 540 kilog. Lorsqu'ils sont engraissés avec quelques soins, comme chez plusieurs colons, le poids net arrive alors souvent à 250 kilog.

Ces animaux sont vifs et robustes, et leurs formes sont remarquables. Elles n’ont rien de ce qu'on voit ordinairement chez les races mal soignées et à moitié sauvages. La tête est petite, de même que les cornes ; le corps est long et cylindrique, les jambes sont courtes, la charpente osseuse est en général fine, le poil est fin et luisant, la peau souple et bien détachée, la capacité thoracique développée, en un mot, ils ont tous les indices d’une grande facilité à prendre graisse, disposition qui a été prouvée, du reste, dans les engraissements faits par les colons, et que révèle d'ailleurs suffisamment l'état d'embonpoint dans lequel ils se trouvent pendant huit mois de l'année.

Le pelage le plus commun est le gris-louvet, avec les jambes, la tête et parfois une partie de l'avant-train noires.

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