‹ Colonisation et agriculture de l'AlgérieChapitre 43 sur 141 · D ) À NY · texte numérisé non relu

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qui partent à droite et à gauche de la rigole de conduite, suivent une ligne horizontale ou très peu inclinée, ligne qui sera droite si la surface du terrain est plane ; sinueuse, comme on peut le voir en d’d”, si elle est ondulée. On barre la rigole de conduite au-dessous de la prise ou bouche de chaque rigole d'arrosage, afin de faire refluer l’eau dans celle-ci, et on établit une chute avec une espèce de petite piscine au-dessous, en aval de chaque barrage, afin de racheter la pente du terrain lorsque celle-ci est forte. Cette méthode a le grand avantage de pouvoir être appliquée avec peu de

frais dans tout terrain qui a plus d'un cinquantièmede pente. Une fois le canal de dérivation établi, le reste n'exige que peu de travail; on détruit et on rétablit les rigoles pour chaque récolte, avec la plus grande faeilité. Ni les rigoles de conduite ni celles d'arrosage n'exigent cette précision qui est indispensable dans d'autres systèmes d'irrigation. Des barrages mullipliés empêcheront les eaux de couler trop vite et de raviner dans les premières; et quant aux secondes, la seule chose qu'on aurait à craindre serait de leur donner une pente ascendante, ce qui empêècherait l’eau d'y arriver.

On peut éviter cette faute sans mème avoir recours au niveau, en ayant soin de commencer la rigole à la prise d’eau et de suivre la direction qu'indique l’eau en y entrant. Si, par cette méthode, on avait donné trop de pente, on remédierait facilement à cet inconvénient, au moyen de barrages placés de distance en distance dans la rigole.

Lorsqu'on veut arroser par l'une ou l’autre de ces méthodes, on introduit l’eau du eanal dans les rigoles, soit successivement, soit dans toutes à la fois. Cette eau s’infiltre dans le sol, et parvient ainsi jusqu'aux racines des plantes. D'ailleurs, au moyen des petits barrages mentionnés, on peut faire refluer l’eau jusque sur le sol.

Ces barrages consistent soit en une planchette, soit en une pierre plate, ou simplement en une tranche de gazons, parfois même en une pelletée de terre qu'on

PARTIE IV. = AGRICULTURE. 127 place dans la rigole. C’est au moyen de barrages semblables qu’on intercepte la communication entre le canal et les rigoles.

( 3. Irrigation par ruissellement,

L'ivrigation par ruissellement, qui est le système d'arrosage le plus parfait, est appliquée de trois manières différentes, suivant le relief du terrain, suivant aussi que le sol est en prairie naturelle ou en terre arable.

A. Irrigation par reprise d’eau.

Cette méthode est la plus simple et celle qui exige d'ordinaire le moins de dépenses d'établissement et le moins d’eau; mais elle ne peut s'appliquer qu'aux terrains offrant une pente d’au moins un cinquantième, c’est-à-dire une pente ayant au minimum 0",02 de chute par mètre de longueur.

Au moyen d’un canal de dérivation, on amène l’eau dans la partie supérieure de la prairie. Au-dessous de ce canal et parallèlement, c’est-à-dire dans une direction très peu inclinée, ou plutôt horizontale, on établit des rigoles d'irrigation qui sont, bien entendu, moins larges et moins profondes que le canal. Les fi- gures ci-après, qui représentent, l’une le plan, Pautre la coupe d'un pré arrosé de la sorte, aideront à faire com-

(1) Je demande pardon au lecteur pour ce néologisme ; mais si la

chose existe depuis longtemps en France, le mot n’existait pas encere; j'ai donc été obligé d’en créer un.

da 2 æ 128 COLONISATION ET AGRICULTURE DE 1 ALGERIE, w A ® prendre cesystème (fig. 50et51).ccestle canal, ff sont. Figure 3Q. ass

Figure 8,

les rigoles d'arrosage, g est le ruisseau dans lequel

s'écoule lexcédant de l’eau, ou ce qu’on appelle les

PARTIE IV. — AGRICULTURE. 12G colatures. En levant la petite vanne &, on fait arriver l'eau du canal dans la première rigole qu'on nomme ordinairement rigole de conduite et qui, du reste, ne se distingue des rigoles d'arrosage que par un peu plus de largeur. Le bord inférieur de cette rigole, comme celui de toutes les autres, doit être parfaitement uni.

Le canal de dérivation étant plus haut que la rigole, l’eau remplit promptement celle-ci et ne tarde pas à en dépasser le bord inférieur, par-dessus lequel elle se déverse. Celle eau arrose le terrain qui se trouve immédiatement au-dessous, et vient se rassembler dans la seconde rigole qu'elle remplit de la même manière el d'où elle se déverse de nouveau pour arroser l'intervalle qui sépare celte rigole de la troisième. La mème chose se répèle ainsi jusqu’au bas de la prairie où se trouve un canal d'écoulement unique ou combiné avec des saignées destinées à réunir les colatures et à en faciliter lécoulement parfait.

On voit qu’à part la rigole de conduite, toutes les autres servent en mème temps de rigoles de desséchement pour le terrain qui leur est supérieur, et de rigsoles d'arrosage pour le terrain qui leur est inférieur.

Afin de pouvoir arroser à volonté des portions isolées de la prairie, on élablit une communication directe entre les diverses rigoles et le canal, par le moyen de rigoles de distribution tracées dans le sens de la pente. Si celle-ci est trop forte, on la rachète par des chutes

au bas desquelles on a soin de creuser une petite exca- IT, y

valion ou piscine pour que le choe de l'eau ne‘produise pas des affouillements. On peut aussi racheter une pente modérée en donnant aux rigoles de distribution une direction oblique.

Ce système d'irrigation offre, ainsi que je l’ai dit, l'avantage de n’employer que peu d’eau et de n’exiger d’autres travaux que la confection du canal de dérivation, des rigoles et des saignées ; les travaux de nivellement du sel se bornent d'ordinaire à l'enlèvement des fourmilières et autres petites buttes, et au comblement de quelques petits creux. On laisse intacts les grands mouvements de terrain ; le canal et les rigoles suivent les ondulations de la surface en conservant toujours ou une parfaite horizontalité, ou une inclinaison uniforme.

C'est là ce qu'on appelle en Allemagne l'irrigation naturelle. Dans la méthode perfectionnée, connuesous le nom d'irrigation artificielle, toute la surface du terrain à irriguer doit être parfaitement nivelée, et présenter un plan’ incliné bien régulier, ou une suite de plans inclinés formés par des zones transversales à la pente, etayant chacune une déclivité uniforme. Dans ce mode d'application, canaux et rigoles sont en ligne droite. Inutile d'ajouter que ce système perfectionné est plus coûteux que l’autre et qu'il exige, de la part de l'irrigateur et des ouvriers, des connaissances et une grande habitude des travaux de terrassement. Aussi ne saurais-Je en conseiller l'introduction en Algérie, du moins pour les prairies, dans le début d’une culture.

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