‹ Colonisation et agriculture de l'AlgérieChapitre 49 sur 141 · TN · texte numérisé non relu

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de ce nan aidera à faire comprendre RP:

tion qu’on vient de lire.

A est le canal de dérivation ; B est leteanal de conduite; CC € sont les rigoles d'arrlgel Dest le canal de desséchement; d d sont les rigoles d'écoulement ; a a a... sont les coussinets ; e ee”... sont des vannes placées dans le à de conduite en aval de Îa prise de chaque rigole; £ i... sont de petits barrages qui ferment les rigoles APT à leur point de jonction

PARTIE IV, — AGRICULTURE. 147 avec les coussinets; 0 0° 0° sont de petites vannes élablies dans les rigoles d'arrosage également au point où celles-ci coupent les coussinets. La flèche au centre indique la pente naturelle du terrain, pente qui, je le répèle, doit être nécessairement très faible.

On comprend déjà que pour arroser le premier compartiment, on ferme la vanne e du canal de conduite B, puis la vanne o de la première rigole d’arrosage ; l’eau remplit la portion de cette rigole comprise entre la vanne o et le canal, se déverse par-dessus le bord intérieur de la rigole qui est moins élevé que l’autre, et se répand dans le compartiment au moyen de petites coupures pratiquées dans ce bord; car, ici comme dans l'irrigation par reprise d’eau, les rigoles v'arrosent que d’un seul côté. Quand le premier compartiment a reçu la quantité d'eau nécessaire, on lève la vanne 0, on bouche les coupures du premier compartiment, et on en pratique dans le second. On procède de la même manière pour les autres compartiments de la même série et des séries suivantes.

Avant d'introduire l’eau dans un compartiment, on a soin de placer le barrage £ qui lui correspond pour fermer la rigole d'écoulement.

Suivant Ja quantité d’eau dont on dispose, on en met sur le sol une nappe plus ou moins haute, de 0",02 à 0",05 et jusqu’à 0",10. Dans les terres très perméables, cette eau s’infiltre promptement, et l’on est mème obligé d'en jeter une grande masse à la fois pour la faire arriver aux parties qui sont éloignées de

la rigole. La même chose a lieu dans les terres fortes, lorsqu'elles sont erevassées par la chaleur. Mais il arrive aussi que le sol n’absorbe l'eau que très lentement, et qu'une portion notable de celle-ci séjourne pendant un cerlain temps à la superficie. On comprend, d’après cela, l'impossibilité d'appliquer ce mode d'irrisation dans les terrains qui ont plus de un à un et demi pour cent de pente, surtout lorsqu'ils sont d’une vature imperméable, à moins qu’on ne rachète la déclivité par des ressauts, c’est-à-dire en terrassant. On comprend aussi la nécessité de niveler parfaitement la surface, non-seulement lorsqu'on établit l’arrosage, mais encore après chaque semaille, et l'utilité qu'ont les rigoles d'écoulement et les barrages dont elles sont munies. Toutefois, comme on peut n'ouvrir ces derniers que douze et même dix-huit heures après l’arrosage, il arrivera presque toujours en Algérie, du moins dans le fort de l'été, que mème les terres imperméables auront alors absorbé la totalité de l’eau. Aussi ces rigoles sont-elles plutôt utiles pour donner issue aux eaux des fortes pluies qu'aux eaux d'irrigation. -

On voit que dans celte méthode, l’eau est utilisée le plus complétement possible. Outre cet avantage qui est très grand pour l'Algérie, l'irrigation par planches présente encore ceux de ne pas exiger de grands travaux de terrassement partout où le relief du terrain est favorable, et de ne pas appauvrir celui-ci, comme le font les arrosages à srandes eaux des systèmes précédents, arrosages dans lesquels les cofatures, consti-

PARTIE 1V, — AGRICULTURE. 149 tuant la moitié ou même les deux tiers de la quantité d'eau répandue sur le sol, entrainent nécessairement avec elles une portion des substances fertilisantes de la terre,

On remarquera, du reste, que l’arrosage par planches se rapproche beaucoup de l'arrosage par submersion dont j'ai parlé précédemment. C'est, à vrai dire, ce dernier système, mais perfectionné et susceptible de devenir arrosage par ruissellement lorsque les cireonstances le permettent, c’est-à-dire lorsqu'on a suffisam ment d’eau, car, dans un cas pareil et quand la surface est parfaitement nivelée, on peut laisser les rigoles d'écoulement ouvertes tout en introduisant l’eau. Je dois néanmoins ajouter que, dans une circonstance semblable, il est presque toujours préférable d'adopter Dirrigation par dosses, surtout si la situation est humide et la terre fraiche et compacte. L'avantage que présente l'irrigation par planches d'être d’un établissement plus facile et moins coûteux est alors plus que compensé par le danger de voir les récoltes noyées fréquemment.

Il est à peine nécessaire d'ajouter que ce mode d'irrigalion admet, comme les autres, des plantations d'arbres, et peut s'appliquer aussi bien aux prairies qu'aux terres en culture; que pour ces dernières on doit observer les règles indiquées plus haut et notamment la permanence des rigoles d'arrosage au moyen de l'engazonnement des bords, à quoi 1l faut ajouter la permanence des coussinets.

Lorsque les compartiments n'ont pas au moins 45 à 20 mètres, dans un sens quelconque, longueur ou largeur, il est difficile de les cultiver à la charrue. Celle-ci, d’ailleurs, doit être à tourne-oreille, à moins que le laboureur ne soit assez habile pour faire un labour sensiblement plat avec une charrue à oreille fixe. Du reste, soit dit ici en passant, l'arrosage a des résultats tels, en Algérie, que, même au prix actuel de la main-d'œuvre, on en relirerait encore un immense avantage, dut-on ne faire cultiver qu’à bras le terrain irrigué, Mais, dans la grande culture, on pourra souvent mieux faire, et donner, sinon toutes, du moins les principales façons avec les instruments attelés ; on n'aura besoin de la bêche, de la houe et du râteau que pour compléter la charrue et la herse, pour niveler parfaitement la surface et cultiver certaines portions que ces derniers instruments ne peuvent atteindre.

$ 4. Irrigation composée.

Il est des terrains susceptibles d'irrigation qui, malgré leur peu d'étendue, offrent cependant dés différences prononcées dans le relief des diverses portions qui les composent.

Si, dans un cas semblable, on voulait s’en tenir à une seule méthode d'irrigation, il en résulterait, ou que certaines parties seraient fort mal arrosées, ou que l'on serait forcé de recourir à de coûteux travaux de terrassement afin de les approprier à la méthode choisie pour l’ensemble.

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