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Colonisation: le nord [microforme]

Je dois aux lecteurs d'expliquer que cet opuscule ayant été noté en 1884, il existe beaucoup de changements dans l’état des lieux décrits depuis cette époque. Le chemin de fer projeté est devenu une presque réalité, puisque la ligne est tracée et beaucoup de travaux préliminaires exécutés.

Le Nominingue a aujourd'hui un couveit sous la direction des Ré: vérendes Sœurs Marianites ; la Sœur Archambault, fille de M. le notaire Archambault, de Varennes, en est la première supérieure.

J'ai constaté à mon dernier voyage que plusieurs Français s'y sont éta- | blis et qu'ils y font de bons colens. Le Rev. M. Plantain, aujourd'hui de l'archevêché d'Ottawa, y a introduit des colons des contrées montagneuses de France, et leur présence ne peut qu'être utile à nos concitoyens, qui apprendront d'eux les avaritages de l'élevage, ressource principale des pays de. mantagnes, éloignés des marchés. Je dois mentionner spécialement l'établissement au Nominingue. d'un jeune Français distingué, M. d'Hallewyn, qui, par sa position, ses qualités, et son dévouement, peut rendre de grands services à ses compatriotes et à la volonie, de Mademoiselle O’Keefe, dont le dévouement pour la cause de l'éducation est traduit par des œuvres qui resteront.

En visitant de nouveau ces cantons du Nord, dont le sol est si avantageux, nous ne pouvons nous empêcher de faire les réflexions suivantes :

Si au lieu de se tasser dans les villes où cet encombrement cause des crises si sérieuses et où la fabrication exagèrée inonde les marchés, les gens se lançaient dans la forêt pour y tailler des héritages à leurs enfants, combien l'agriculture en profiterait et combien 5 'augmenterait le bonheur du peuple.

Les hommes sérieux ont compris les bienfaits de la colonisation. Les gouvernements ont écouté les représentations du clergé, qui y Voyait un puissant moyen de servir le pays et la religion. En effet, c'est travailler à la moralité du peuple que de l'éloigner des grands centres où il s’étiole, pour le fixer sur des terres, où il Conserve même

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lue traditions de sa race. Le Canadien semble déstiné pour l'agriculture. Et certes! c'est une grande et noble vocation. De fait, c'est l'art considéré dans tous les pays comme le plus digne et le plus noble. Qu'on laisse plutôt aux étrangers la fabrication des produits, mais . | qu'on garde pour les vrais Canadiens le privilège de produire ce qui fait Y'objet du commerce et de l'industrie. Manufacturer, c'est d'un x décrits homme ; produire, c’est participer à l'œuvre de Dieu, c'est presque divin, D'ailleurs il est de la plus grande importance que la race

presque ’ we à française s'empare du sol, et il n'y a qu’en s'emparant de la terre ss naires qu'on s’y implantera et que la nationalité poussera de profondes racines. d Aussi voyons les nationalités qui ne se livrent qu'à l’industrie, elles ne es Ré; 6 À » notalte sont que des peuplades à pr. près nomades. Elles vivent ici, elles vont : mourir W-bas. Les enfants quittent la maison où a vécu leur père, et ontétS ils n’y reviennent que pour y vendre jusqu'au dernier meuble témoin d'hui de de leur jeunesse. C'est surtout les comtés avoisinant les étrangers qui doivent être le point principal de la colonisation. D'abord parcemonta- F + , Lo qu'ils servent de place d'observation d'où la population peut s'étendre : saburee 4 5 et s'emparer du sol voisin, puis parce que les groupes ainsi placés ed * | forment un cordon à travers lequel les étrangers ne passent que difficijeune L lement, ne consentant pas à s’isoler. alités, | Quant à la Vallée d'Ottawa elle est particuliérement invitante. sous rites | : ce rapport comme sons le rapport de sa fertilité et de ses ressdurces pour . BE. industrielles. .

Aussi M. Rameau, qui regarde loin, dit-il en parlant de cette vallée : avan: “ Au premier abord, les vastes régions désertes qui s'étendent au Nord antes : du Saint-Laurent, dans le haut bassin de l'Ottawa, et qui se prolongent des au Nord des grands lacs pour atteindre les immenses territoires du 8, les Nord-Ouest, semblent être des pays infertiles et glacés, qui se refusent leurs à toute exploitation profitable, Il n'en est rien cependant, la limite où ‘ ait peut s'arrêter le travail utile de l’homme est encore bien reculée vers

le nord, mais ces contrées froides et d’un abord difficile, couvertes de

neige une partie de l’année, ne séduisaient ni les émigrants européens

ni ceux des Etats-Unis ; ils préféraient les vastes plaines de l'Ouest

avec leurs grandes voies navigables, leur climat tempéré et leur culture

plus aisée. Ces émigrants d’ailleurs auraient été peu capables d'af:

frohter cette rüdesse du sol et de là témpérature; Je peu d'entre eùx + ; \

qui se dirigent vers ces parages s'en dégoutent promptement.et les | quittent presque toujours pour descendre vers une zone plus chaude, Deux race: européennes seulement ont paru aptes jusqu'ici à cote. colonisation : les Ecossais et les Canadiens ; mais les premiers, que rien n'attire particulièrement dans ces contrées, suivent généraleraent le courant qui porte les émigrants plus au sud ; et l'Écosse ne pouvant fournir qu'une émigration assez resteinte, il en résulte qu'un très petit nombre d'Ecossais seulement ont pris cette direction, Ces immences espaces semblent donc être destinés à l'expansion des Canadiens-français, et'c'est là le théâtre que la providence parait avoir réservé à leur. action, Là, pourront t'anquillement s'étendre leurs enfants sans que de longtemps encore aucuns émigrants étrangers viennent se mêler à eux,

et jusqu'aux limites de la culture possible ils pourront se développer en paix, avec leur langue, leur caractère propre et toutes leurs habitudes.”

Si aujourd'hui on parcourt les groupes de colons répandus jusqu'à la Lièvre et jusqu'à la Gatineau, on y remarque que les prévisions de M. Rameau se sont accomplies, et que les quelques émigrants étrangers qui se sont établis dans nos cantons du Nord, semblent abandonner ces contrées où ils ne peuvent guère résister à la rigueur du climat.

Nous y gagnons, nous, par la virilité de notre race, qui marche sûre-

ment à la conquête du territoire tracé par nos ancêtres.

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