‹ Colonisation: le nord [microforme]Chapitre 10 sur 17 · SRE RE SE DE PES · texte numérisé non relu

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Le sol est sablonneux, mais propre à toute espèce de culture, imprégné qu'il est de phosphate de chaux fournie par les montagnes avoisinantes, Il est surtout propre à la culture des légumes qui y sont splendides.

Cette localité faisait autrefois partie du comté d'Argenteuil, mais elle a été annexée au comté de Terrebonne.

St-Jovite occupe une position exceptionnellement avantageuse, à la jonction des grandes routes de St-Jérôme et de Grenville. Celle de Grenville longe la Rivière Rouge, comme celle de St-Jérôme côtoie la Rivière du Nord.

St-Jovite comptait, en 1884, 160 familles, et St-Faustin, que dessert le même curé, 700 âmes.

Le village est alimenté par un aqueduc qui fournit une eau abondante et potable,

La malle y vient trois fois par semaine, et c'est à un ‘“ bureau de poste ” qu'on va chercher les lettres et non à la “ post office ”, comme dans plusieurs de nos paroisses canadiennes, où les maîtres de poste semblent ignorer qu'il y a un mot français pour désigner l'endroit où l'on reçoit et expédie les malles.

Le terrain de l'église, qui a environ douze arpents en superficie, a été donné par messieurs Joseph Sarazin et François Lacasse.

C'est une chose importante pour la fabrique d'une paroisse, d'avoir à sa disposition un grand terrain, parce que plus tard elle peut avoir besoin de l'utiliser pour des œuvres d'éducation ou de charité.

M. le curé Ouimet est l'aîné de trois frères qui sont tous religieux : M. Trefflé est vicaire à l’église Notre-Dame de Chicago, et M. Romuald, frère de Ste-Croix, sous le nom de frère Palladius, est maître des novices à St-Laurent.

Ils sont les fils de M. François Ouimet et de Dame Aurélie Desjardins, ci-devant de St-Jérôme. J'ai eu l'avantage de voir cette pieuse et forte chrétienne sur son lit de mort où elle a rendu le dernier soupir quelques jours après notre passage à St-Jovite, à l'âge de 72 ans. Son mari était mort quelque temps avant. Je considère cette visite comme une faveur signalée, car c'était une femme vénérée et dont les mérites doivent être grands devant le Seigneur. Sa vie entière a été consacrée à élever dignement sa famille, Au milieu des épreuves. M. et Mde Ouimet ont toujours été les mêmes, édifiant tous ceux qui les ont connus par leur piété, leur travail, lies qualités de leur cœur et de leur esprit. Aussi sont-ils l’un après l’autre partis entourés de consolations. Comment n'aurait-elle pas été consolée, cette mère qui a donné à l'Eglise trois enfants d'une piété exemplaire.

M. le curé de St-Jovite a hérité de son père d’un esprit d'entreprise remarquable et d’une rare habileté ; et son contact avec M. le curé

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Labelle, dont il était le paroissien et l'ami, lui a inspiré à un haut degré l'amour de son pays. Aussi est-il l’un des prêtres les plus dévoués « la cause de la colonisation qu'il entend à me:veille. C'est sous sa direction qu'a surgi cette paroisse de St-Jovite où tout respire l’aisance et la pros- . périté. Il a eu le rare talent d'attirer à son aide des hommes d’entreprise qui ont secondé ses plans et ses aspirations. Il s'occupe un peu de tout, mais surtout d'agriculture, de colonisation et d'industrie, et encourage ceux qui s’y dévouent. Pour inieux faire comprendre l'avantage de cc qu'il veut faire apprécier, il l’app'ique lui-même ; il cultive très bien et s'efforce de faire comprendre à ses gens l'importance du pâturage. Pour faire priser par les habitants l’utilité de nos bois, il a fait faire à son presbytère un plafond en frêne vernissé qui est superbe. De fait c'est un plafond qui ne serait pas déplacé dans nos plus belles maisons de villes.

Le révérend M Ouimet aime les fleurs et les cultive avec succès. Quoi de plus amusant pour un curé de campagne que de charmer ses loisirs par la culture des fleurs qui, outre qu’elles servent à orner ses autels et embaumer ses appartements, parlent si éloquemment à son cœur. Qui redit avec plus d’éloquence la puissance créatrice de Dieu que le narcisse odorant et le lys aux blanches corolles, et la tulippe piintannière, et le renoncul, et l'œillet, et la rose et la jacinthe.

Dans leurs plus légers mouvements L'observateur voit un présage :

Celle-ci, par son doux langage, Indique la fuite du temps Qui la flétrit à son passage.

Sous un ciel encore sans nuage, .

Celle-là, prévoyant l'orage, Ferme ses pavillons brillants,

Et sur les bords d’un frais bocage, Sommeille au bruit lointain des vents ; Si l’une, dès l’aube éveillée, S'ouvr: et se ferme tour à tour, L’antre s'endort sous la feuillée, Et du soir attend le retour,

Pour marquer l'heure de l'amour Et les plaisirs de la veillée ;

Le villageois, le laboureur,

Y voit le sort de sa journée,

Le temps, le calme, la fraîcheur, Les biens et les maux de l’ennée ; 11 lit toute sa destinée

Dans le calice d’une fleur.

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