‹ Coloration En Bleu Des Fleurs De Quelques Orchidées Sous L'influence De La GeléeChapitre 1 sur 3 · Coloration En Bleu Des Fleurs De Quelques Orchidées Sous L'influence De La Gelée · texte numérisé non relu

Coloration En Bleu Des Fleurs De Quelques Orchidées Sous L'influence De La Gelée

L’intervalle entre les deux cloches est rempli de solution de bichromate de potasse pour la partie la moins réfrangible du spectre, et d’une solution d’oxyde de cuivre ammoniacal pour les rayons les plus réfrangibles. — Différentes plantes aquatiques ou terrestres végétèrent successivement dans ces appareils {Spirogi/ra, Funaria Jnjgrometrica, Elodea canadensis, Lepidiurn, etc.). Le résultat fut constamment le même; dans les trois cloches employées (lumière blanche, lumière jaune, lumière bleue) il y eut de l’amidon créé. De l’une à l’autre, il n’y avait qu’une différencede proportion et de promptitude. •>

J’ai été très-heureux de trouver dans le mémoire de M. Kraus la pleine confirmation de mes expériences, mais je dois relever l’erreur de M. Micheli, qui, tout en rappelant mon travail en quelques mots, attribue la priorité à M. Kraus. Cette erreur est, du reste, très-naturellement excusée par le silence absolu que garde M. Kraus sur mes observations ; il paraît les avoir entièrement ignorées, bien qu’il eût pu les connaître.

Mon travail a paru dans les Comptes rendus de l’Académie des sciences (séance du 7 mars 1870).

Le mémoire de M. Kraus a été publié dans le quatrième fascicule des Jahrbuecher de M. Pringsheim, qui n’a paru que dans le mois d’octobre de la même année.

Les Comptes rendus de l'Académie des sciences doivent être reçus ü Wurtzbourg peu de temps après qu’ils ont paru. Mais, au surplus, il a été rendu compte de ma communication à l’Académie dans le numéro du journal Flora du 8 mai 1870.

Or les expériences de M. Kraus sont rapportées dans son mémoire, toutes, avec leurs dates. La première est du 26 mai, les autres sont des mois de juin et de juillet. L’auteur pouvait donc avoir connaissance de mon travail môme par les journaux allemands avant de commencer le sien.

C’est donc à tort qu’il ne l’a pas cité, et a tort aussi que M. Micheli lui attribue la priorité.

DE LA GELÉE, par ]ll. Kd. l>Rll..lilli:VX.

On sait que diverses fleurs de la famille des Orchidées, et en particulier celles des Calanthe et des Phojus, ont la propriété de bleuir sur tous les points où leur tissu est altéré. Quand, par exemple, on froisse entre scs doigts une de ces fleurs, on la voit changer de couleur aussitôt et devenir bientôt d’un bleu indigo foncé.

M. Gœppert a pensé trouver dans ce phénomène un moyen de s’assurer du moment exact où la mort se produit dans les tissus, et, par suite, un procédé pour résoudre une question très-controversée, h savoir, à quel instant meurent les plantes sons l’action du froid, si c’e.st quand les tissus gèlent ou au

moment seulement où ils dégèlent. On sait que plusieurs plantes gelées peuvent présenter le même aspect, avoir tontes également les feuilles durcies par la formation de glaçons à leur intérieur sans que rien puisse faire savoir alors si elles sont tuées ou non. Le dégel se produisant, l’iine va reprendre l’apparence ordinaire de la vie, tandis que l’autre présentera tous les signes de mort et de rapide décomposition. Est-ce seulement en cet instant que la mort se produit, ou avait-elle déjà frappé la plante avant le dégel sans qu’oirpüt s’en apercevoir? Le bleuissement delà Heur des CalantheoX des Phajus, étant un signe apparent de mort, a paru à ilL Gœppert devoir fournir la solution de la question.

La coloration en bleu se manifeste-t-elle dès que la Heur gèle ou seulement quand elle dégèle? C’est ce qu’a expcrimenié ]>!. Gœppert, et les résultats qu’il rapporte (1) semblent très-nets, v Quand, dit-il, on fait geler des fleurs de Calantheveratrifolia, u’m\wrte à quel degré de froid, elles se colorent pendant le gel en bleu pâle d’abord, puis de plus en plus foncé ; le labellc de la fleur et l’opercule sont les parties les plus foncées, ce sont les plus riches en chromogène. » ])e semblables expériences portant sur le Phajus grandifolius et sur le Phujus Wallichii ont donné les memes résultats ; toutes conduisent à la môme conclusion : la mort est produite parle gel, et par conséquent par l’actiot) directe du froid et non pas seulement par le dégel ni à la suite du dégel.

J’ai désiré reproduire cette intéressante expérieiice. Je n’ai pu d’abord me procurer de fleurs des espèces de Calanthe et de Phajus qui avaient .servi aux expériences de M. Gœppert, mais j’ai en a ma disposition cet hiver des fleurs d’un autre Calanthe {C. densifïoi'n) et d’un autre Phajus {Ph. maculatus) qui jouissent, comme celles des espèces employées [)ar M. Gœppert, de la propriété de se colorer en mourant en bleu indigo. La fleur du Calanthe densifîora est jaune, et noti blanche comme celle du Calanthe veratrifoha. Celle du

Phajus maculatus est également jaune.

Pour faire geler ces fleurs, je les suspendais par un fil dans un bocal entouré d’un mélange réfrigérant et où le thermomètre accusait une te.npérature d’environ — 10 à 15 degrés.

Pour évaluer le changement de coloration, j’ai cherché d’abord à rapporter les nuances à l’échelle chromatique de W. Chevreul (d’après la planche donnée par M, Edm. Becquerel dans son livre intitulé la Lumière)-, bien que l’appréciatiotJ des couleurs par celle méthode soit fort peu exacte, je donnerai comme exemple les résultats que j’ai notés ainsi sur une fleur de Phajus

maculatus.

Avant le commencement de l’expérience, je rapporte la nuance de la fleur au jaune tirant un peu sur l’orangé-jaune 5. Je laisse la fleur ex|X)sée à un froid d'environ —12 degrés durant une demi-heure. Au bout de ce temps, la

(1) Dolanische Zeilung. numéro du 16 juin 1871.

Page 1