‹ Coloration En Bleu Des Fleurs De Quelques Orchidées Sous L'influence De La GeléeChapitre 3 sur 3 · SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE · texte numérisé non relu

SOCIÉTÉ BOTANIQUE DE FRANCE

M. Roze demande s’il y avait un protoplasma abondant dans les cellules vivantes des fleurs examinées par M. Frillieux.

M. Prillieux répond aflirmativement ; c’est dans le protoplasma qui borde la cellule, et qui en est partie vivante, que se forment les grains d’indigo, origine de la coloration bleue,

M. Ducharlre dit que les liquides cellulaires persistent dans les cellules de la fleur des Orchidées après la mort du tissu, et que dans d’autres cas il se forme des glaçons qui détruisent ces cellules; il demande à M. Prillieux comment il explique ces contradictions.

M. Prillieux répond qu’il se borne à les constater.

M. Ch. Martins dit qu’il a observé souvent l’action de la gelée sur les végétaux. Il constatait la formation de glaçons dans les cellules sans rupture de celles-ci. he Narcissus Tazetta^ au Jardin de Montpellier, gelait toutes les nuits pendant l’hiver et dégelait le matin, mais continuait à fleurir. Le Wigandia iirens est tué rapidement par un froid de — 5“ C. Ses feuilles deviennent immédiatement brunes; elles sont flétries, et il y a par conséquent une modification chimique dans la composition des tissus. Il ajoute que le dégel, qui est si redouté des jardiniers, ne lui a jamais paru avoir une influence aussi désastreuse qu’on le croit généralement.

M. Duchartre cite une observation récemment communiquée à la Société d’horticulture par M. le maréchal Vaillant. Il a vu àe?, Dahlia qui en automne ont résisté à un froid de —2° à — 5“, accompagné d’un vent très-violent. Le vent étant tombé, les Dahlia se sont couverts d’une couche de verglas et leurs feuilles ont noirci.

M. Martins répond que dans le midi les cultivateurs savent bien que, pendant les nuits fraîches, ils n’ont rien à craindre pour leurs oliviers s’il régne un vent un peu violent. Il semble que les plantes soient surtout sensibles au froid par rayonnement, et non pas, comme les animaux, à celui que le vent détermine. Sur le haut d’une cathédrale, avec h degrés de moins, il a vu les plantes se porter mieux, à cause du vent, que sur l’appui d’une fenêtre où elles étaient abritées. Il a vu à Neuchâtel, dans une propriété de M. Desor, à lOOO"* d’altitude, le 11 août, des haricots noircir par une nuit froide, mais calme et sereine. L’observation de M. le maréchal Vaillant n’est pas nouvelle. Ce sont ces faits qui engagent les agriculteurs du midi à allumer de grands feux, avec de la paille mouillée, et à brûler de la résine contenue dans des pots à feu, lorsqu’ils prévoient une nuit

froide, calme el sereine, La fumée s’opposant au rayonnement

nocturne, leurs vignes et leurs oliviers sont ainsi préservés de la gelée,

M. Bureau dit qu’à l’école de botanique du Muséum, il y a en plein air un Opuntia du Mexique qui a supporté, sans souffrir, le grand froid des 8-9 décembre dernier,

M. Aug. Delondre, vice-secrétaire, donne lecture de la communication suivante, adressée à la Société :

QUELQUES REMARQUES SUR LE SYSTÈME SOUTERRAIN DES LIS, par »|. Ch. BOVER.

(Sainl-Rcmy près Monlbard , février 1872.)

Le Journal de la Société centrale d'horticulture a publié (d'avril 1870 à septembre 1871) un important travail de M. lJuchartre sur le genre Lis. Appréciant toute la valeur des organes souterrains, le savant auteur les fait intervenir à juste titre dans la détermination des espèces. Qu’il me soit permis cependant quelques observations de détail sur la description d’ailleurs si claire et si complète qu’il a tracée de ces organes.

L’axe souterrain et liorizonlal des Lilium tubiflorum Wight et L. neilgherrense W'ight représente la portion inférieure de la lige, s’il est annuel et s’il ne forme pas d’oignon avant de se redresser en tige llorifère ; mais il représente plutôt un rhizome, car il produit sans doute à son coude, ou à tout autre point de sa longueur, un oignon de remplacement. Une lige à partie inférieure longuement horizontale et souterraine serait en effet une particularité très-étrange. D’ailleurs la mort du L. neilgherrense, quand la culture en pot le met dans l’impossibilité de développer ce long axe souterrain, paraît prouver que.cet axe est un rliizo)ne, et qu’il est chargé de former l’oignon de remplacement indispensable à la vie de la plante ; puis, le diamètre plus fort, les pseudorrliizes plus abondantes au sommet de cet axe, dans le voisinage du coude, indiquent qu’un centre vital, un oignon, seproduiia à ce point.

Dans un rhizome, j’appelle souche chaque centre végétatif, et article l’ensemble des mérithalles plus ou moins nombreux et allongés qui .séparent deux souches. Parfois les souches sont si rapprochées entre elles, que les articles demeurent comme indistincts : ainsi du L. candidum !.., comparé au L.canadense L. Chez les Lis, les centres végétatifs sont des oignons ou bulbes, et portent ainsi un nom spécial, dont ils manquent chez quantité de plantes, où je les appelle souches. Pris dans ce sens restreint, ce mot a été jusqu’alors

rejeté comme faisant double emploi avec rhizome. A mes yeux cependant, la souche ne représente que la partie du rhizome la plus importante, celle dont naissent directement les liges et la plupart des pseudorrhizes et des drageons ; celte partie mérite donc bien un nom spécial. Dans une description complète

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