Marcel Prévost, Frédériquey p
2. E. Fournière, Essai sur V Individualisme (Paris, F. Alcan, 4901), p. 140. — Voir tous les développements que M. Fournière consacre à la question de la famille (pp. 139-143).
L'ESPRIT DE CLASSE. L'ESPRIT ETATISTE. L'ESPRIT DE LIGUE. L'ESPRIT DÉMOiUUTIQUE ET L'ESPRIT GRÉGAIRE ^
Une classe est une catégorie économique. De tout temps on a appelé lutte^de classes la lutte des riches et des pauvres. Mais pour ne voir que cela dans Fidée de classe, il faut la volontaire absence de psychologie sociale où s'arrêtent les marxistes. En réalité l'idée de classe se compose d'un faisceau extrêmement complexe d'influences, de sentiments, d'ambi* tions, de vanités, de jalousies, de dédains, d'admirations et de réprobations, de conventions et d'obligatoires mensonges. Sudermann a donné dans V Honneur une meilleure définition de l'Esprit de classe que ne le feraient nos sociologues à prétentions plus ou moins scientifiques. « Il y a des castes ici aussi, dit le baron Trast; non pas séparées par des lois somptuaires, des interdictions de mariage et des prescriptions d'étiquette religieuse : ce ne seraient que des bagatelles.,. Ce qui met entre elles une barrière infranchissable, c'est l'abîme du sentiment. Chaque caste a son honneur à elle, sa sensibilité, son idéal, et même son langage à elle^. »
La division entre riches et pauvres, propriétaires et prolétaires est trop simpliste. L'idée de classe représente dans les groupes humains un principe de division à l'infini. C'est la division éternellement renaissante de la classe en sous-classes, de la caste en sous-castes, de la coterie en sous-coteries.