‹ Combat pour l'individuChapitre 67 sur 87 · Nietzsche, Le voyageur et son ombre · texte numérisé non relu

Nietzsche, Le voyageur et son ombre

2. Nietzsche, Considérations inactuelles, §l,édit. du Mercure de France,

Il y a des sentiments qu'on appelle anti-sociaux, bien qu'ils soient un fruit naturel de la vie sociale et qu'ils jouent un rôle sans doute nécessaire dans son évolution. Mécontentement social, pessimisme social, amoralisme, révolte individualiste ou anarchiste, tels sont ces sentiments. A Theure présente, ils semblent être en recrudescence. En bas ils s'agitent dans l'âme obscure des foules ; en haut ils s'afïîrment chez les penseurs d'avant-garde comme une claire volonté de Rébellion et de Négation.

Les causes extérieures et sociales qui déterminent à un moment donné Téclosion ou la recrudescence des énergies de Révolte sont variables. Elles changent avec le temps, le lieu, le degré de l'évolution sociale. C'est affaire à l'historien de les étudier, non au psychologue. Laissant de côté ces causes, nous nous attacherons à la forme de mentalité qu'elles suscitent ou qu'elles favorisent.

Disons d'abord un mot du type psychologique qui est Tantilhèse du Révolté ; je veux dire le Satisfait^ l'optimiste social.

Ce type forme généralement le fond du troupeau humain. Il est l'expression du besoin d'optimisme inhérent à tout groupe, Formant les moyennes, il est médiocre comme elles. Le trait qui le définit le mieux, c'est l'équilibre dans la médiocrité. Le Satisfait est un être sans impérieuse volonté de puissance,

Page 1