‹ Combat pour l'individuChapitre 83 sur 87 · Nietzsche, Le voyageur et son ombre · texte numérisé non relu

Nietzsche, Le voyageur et son ombre

:î. Th. Ribot, La Psychologie des Senliments (Paris, F. Alcaii).

Enfin, il est un dernier point sur lequel Findividualisme peut donner lieu à deux formes opposées. C'est la question de la valeur intrinsèque et de la destinée probable des sociétés humaines. Ici, deux conceptions opposées sont en présence : l'optimisme social et le pessimisme social. — On pourrait donc distinguer ici deux formes d'individualisme : l'individualisme optimiste et l'individualisme pessimiste.

Résoudre la question de l'optimisme et du pessimisme sociaux serait un problème métaphysique qui déborde le cadre que nous nous sommes fixé. Aussi bien, résoudre ce problème serait revenir à ces dogmatismes sociaux que nous avons écartés.

La question que nous posons à présent est un peu différente.

Elle consiste à se demander, les dogmatismes sociaux écartés, quelle sera l'attitude de l'individu devant le problème de M action. Nous voulons simplement envisager le lien possible entre la pensée et Faction dans les diverses hypothèses qui s'offrent à l'individu libéré des dogmatismes sociaux.

L'instinct de connaissance ayant dissous tous les dogmatismes sociaux passés et ayant même appris à l'avance à rindividu l'inanité de tous les dogmatismes futurs, l'individu ne renoncera-t-il pas à l'action ? L'instinct de connaissance, l'instinct critique ne sera-t-il pas destructeur, dans la conscience, de l'instinct vital ?

M. Jules de Gaultier * a admirablement expliqué le rôle de l'instinct de connaissance en face de l'instinct vital. D'une part, Tinstînct de connaissance tend à nier la vie en renversant successivement les dogmatismes que l'instinct vital des sociétés édifie à son usage. D'autre part, ces dogmatismes renversés, l'instinct vital en suscite d'autres, plus perfectionnés, à l'aide desquels il s'asservit de nouveau l'instinct de connaissance, jusqu'à ce que ce dernier entre de nouveau en

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