‹ Combats d'hier et d'aujourd'hui (volume 2)Chapitre 1 sur 124 · PROTESTATION CONTRE LE CHANTAGE GOUVERNEMENTAL · texte numérisé non relu

PROTESTATION CONTRE LE CHANTAGE GOUVERNEMENTAL

ni Les élections législatives de 1902 donnèrent au Le radical une forte majorité. Aussitôt les Chambres réunies, Ja démission du ministère Waldeck-Rousséeau fut eu. lement annoncée (3 juin). Le 7 juin, M. Combes prenaitle pouvoir, avec la mission hautement avouée de poursuivre la à | guerre contre les congrégations : sans tarder, il se mit à ht œuvre: : |

Le 7 juin, un décret édictait la fermeture de 125 écoles s ue ouvertes He le mois de juillet 1901, c'est-à- Ro

ousseau Le la eo de cette loi, des a avaient cru pouvoir, comme par le passé, appeler, dans des locaux ou appartenant, qe con gréganistes à donner l’ensei-

F basent à l'évidence et à sa jurisprudence invariable He 1 n is “là, le sn d'Etat, sur le rapport de M. ae Ge dire

aux hace il fit immédiatement exécuter son décret

‘er ë L&

* re à , a. ë 32 De iè à re 4 me 2 Me PRE he COMBATS D'HIER ET D’AUJOURD'HUI TA

de fermeture avec une brutalité extrême. Il trouva, à la Chambre, plus de cent voix de majorité pour l’approuver. Enhardi, par ce premier succès, il envoya aux préfets une

circulaire, qu'il data du 15 juillet, et par laquelle il étendait

la même sentence à deux mille six cents écoles, toutes fondées avant la loi de 1907, couvertes par conséquent, plus expres- | sément encore que les premières, par les déclarations formelles de M. Waldeck-Rousseau. Ordre était donné de

sommer les religieuses qui les tenaient d’avoir à les fermer

dans les huit jours et à se retirer dans leurs maisons-mères. M. Combes avait espéré (la date qu'il lui donna en est la

preuve) que sa circulaire ne serait pas connue avant la sépa-

ration des Chambres. Ce calcul fut trompé, et l'existence en fut ébruitée dès le 10 juillet au soir. Le lendemain, dernier jour de la session, en même temps que M. Aynard, M. de Mun présentait une demande d'interpellation, conjointement avec MM. Denys Cochin, Desjardins, Lerolle et Lefas. Mais M. Combes et sa majorité ne permirent pas à la

protestation du droit de se faire jour et ces interpellations à

furent, après des scènes violentes, renvoyées après les vacances. | Le 18 juillet, le gouvernement faisait pubs dans ses

journaux une note où, par un grossier mélange de promesses décevantes et d'intimidation, il essayait d'amener les victimes de son arbitraire à s’incliner en silence devant sa

mesure despotique. C'était Ià un véritable procédé de «chan-

tage gouvernemental ». M. de Mun protesta aussitôt dans

une lettre adressée au directeur du Gaulois et qui fut repro= duite dans un grand nombre de j journaux. La voici :

Paris, le 18 Juillet 1902

Monsieur LE DIRECTEUR,

Voulez-vous me permettre de faire appel à lhospi-

talité de votre journal pour dénoncer, non seulement

aux vi mais à hu he. ne soucieux de : e la liberté et de la justice, l'indigne procédé au moyen | : duquel le ministère essaie, en abritant derrière les de apparences de la légalité l’odieuse campagne qu'il a à commencée, d'empêcher par l'intimidation les protesta- | tions dont il se sent menacé.

Dans une note officieuse communiquée à la presse, il fait dire que « les établissements congréganistes, «visés par la circulaire du président du conseil, se Cplaceraient dans une fâcheuse posture, en refusant « de se dissoudre eux-mêmes : en effet, ces établisse- « ments peuvent toujours, après leur dissolution, solli- « citer l'autorisation prévue par la loi ; or il est évident Ce ee cette autorisation ne pourrait être accordée qu'aux établissements qui auraient fait acte de sou- PAC mission et auraient accepté, sans résistance aucune, | - «les prescriptions énoncées dans la circulaire minis- à su térielle. :» CHATS | .

Et la note ajoute: « Nous savons, d'autre part, que « le gouvernement à l'intention de faire appliquer la « loi dans toute sa rigueur et de dissoudre immédia- : tement par décret les congrégations autorisées — Fe les maisons-mères — dont dépendent les établisse- + ments non autorisés qui auraient opposé quelque nt résistance à la loi et auraient refusé de se dissoudre Fa Ca volontairement. |

un

a La menace est claire et la tentative d’ nada ne : oh est pas moins. Me Au mépris de toute justice, du principe “de: lénon: 0 0 | rétroaetivilé des lois, des déclarations formelles faites EN a à la tribune par M. Waldeck-Rousseau, des ‘engage-

| ments les pis REGIS HS par lui et par ses agents, on

D A CA er EE AE En PE VE ES a

somme les Sœurs enseignantes d’avoir à évacuer, dans

un délai de huit jours, les locaux où elles sont em-

ployées par la volonté des légitimes propriétaires ; on

annonce qu'on les y contraindra par la force ; bien plus, ressuscitant le vieux droit régalien du temps où le

roi, évêque du dehors, était gardien de la résidence monastique, on prétend leur enjoindre de réintégrer

la maison-mère, qui, la plupart du temps, est dans

l'impossibilité de loger ces nombreuses religieuses, ainsi réduites à se trouver sans domicile.

Pour excuser ce triple attentat contre le droit de

propriété, contre la liberté individuelle, contre la liberté d'enseignement, on ose invoquer le respect de

la loi, et on dénonce, comme des rebelles, les malheu-

reuses femmes, coupables d’avoir cru en la parole de

M. Waldeck-Rousseau ! Je À

Et puis on leur dit : « Prenez garde ! si vous ne tendez vous-même votre joue à l’outrage, si vous ne vous condamnez pas volontairement à la dispersion, si

un mot de protestation, un geste de résistance passive …

ou le seul’cri de l’indignation publique nous obligent

à ajouter la force à la violence morale, prenez garde !

l'autorisation, que peut-être, nous aurions pu dans la

suite vous concéder, nous vous la refuserons ! Bien plus, nous punirons vos amis en frappant toute votre

congrégation, en fermant toutes ses maisons, en jetant à la rue, comme vous-mêmes, vos supérieures et toutes vos sœurs ! »

Eh ! bien, il faut crier, par toutes les voix de la pu-.

blicité, puisque la tribune nous est fermée, l’odieux de

cette manœuvre. On s’est laissé prendre une première fois aux promesses de M. Waldeck-Rousseau et on

l’expie cruellement. Se laissera-t-on cette fois encore

SR ES er RESTE Te a

LCR nds ne A RS dat

Page 1