‹ Combats d'hier et d'aujourd'hui (volume 2)Chapitre 2 sur 124 · À SPLIT · texte numérisé non relu

À SPLIT

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COMBATS D’HIER ET D'AUJOURD'HUI d

abuser par la vague espérance d’une autorisation chimérique ?

Je n’ai pas de conseils à donner aux congrégations dans la cruelle alternative où les place la barbare iro-

nie de M. Combes : c’est à elles de décider l'attitude qu'elles jugeront la plus digne, la plus sage, la plus

conforme aux intérêts supérieurs dont elles ont la res- ponsabilité. : |

Encore moins voudrais-je m’ériger en conseiller des

évêques, gardiens naturels, défenseurs nés des libertés

religieuses : c’est à eux de marquer l'heure ou leur voix se fera entendre pour flétrir de tels attentats, où ils viendront, au milieu du peuple chrétien, inspirer et bénir ses protestations. | F

Mais je puis du moins m'adresser à ce peuple luimême et à tous ceux que révoltent encore, en France, l’arbitraire et la violence, à tous ceux qui, indépen-

damment de toute question confessionnelle, aiment

la liberté d'enseignement, à tous ceux enfin, quels qu'ils soient, qui gardent envers les Sœurs ce senti-

ment de respectueuse admiration que leur humble

dévouement assurait jusqu'ici dans notre pays à leur

habit vénéré.

À tous ceux-là je puis dire et je dis de toute l’énergie de mon âme : de

Ne vous laissez ni intimider par la menace, ni séduire par les fausses promesses. Usez pleinement, largement

des droits que vous donne votre qualité de citoyen. Dans un pays de suffrage universel, l'opinion publique est toute-puissante. |

Manifestez hautement la vôtre ! Pères et mères violentés, propriétaires lésés, citoyens troublés dans l’exer-

cice de la liberté, parlez, agissez, montrez-vous, péli-

= : LEE à ve Ts # | S COMBATS D'HIER ET D'AUJOURD'HUI

tionnez : que les maîtres du pouvoir soient forcés d’en-

tendre votre voix !

Leur audace est faite de votre faiblesse. Ils ne pré-

tendent aujourd’hui fermer 2,600 écoles que parce

qu'il y a quinze jours, ils en ont fermé 125, sans que, suivant l’expression des journaux officieux, « il se soit produit d'incident ». Ils n’oseront aller jusqu’au bout de leurs menaces, dissoudre toutes les congrégations

et, au mois d'octobre prochaïn, rejeter en bloc, comme

ils le font annoncer déjà, toutes les demandes d’autorisation, que si, aujourd’hui encore, tout s’accomplit « sans incident. :

Je ne demande ni violences, ni procédés illégaux ; je les déconseille même formellement.

Mais je voudrais que partout où il y a une école de Sœurs décrétée de proscription, les agents du pouvoir

ne pussent arriver jusqu'aux portes des religieuses

qu'en traversant les rangs d’une population, calme et maîtresse d'elle-même, aussi bien que ferme et résolue, qui témoignât à la fois par son attitude son indignation contre les proscripteurs et sa respectueuse affection | pour les victimes.

Puisse cet appel être entendu ! Je le confie, Mon-

sieur le Directeur, à la grande publicité de votre journal

et je vous prie d’agréer, avec mes remerciements, mes sentiments les plus distingués et les plus dévoués.

À. DE Mu.

Un grand nombre de membres de l’Institut, de sénateurs et de députés, envoyèrent à M. de Mun leur adhésion haute-

ment motivée.

LE

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