‹ Combats d'hier et d'aujourd'hui (volume 2)Chapitre 42 sur 124 · OUT DRE ON TE A · texte numérisé non relu

OUT DRE ON TE A

En pleurant, sans doute ! ce mot restera.

M. Buisson n’est pas comme M. Combes, lui ! il sait qu'elles pleurent les pauvres femmes; il sait qu’elles ne sont pas des révoltées, les malheureuses ! et que, si on osait faire parler ces saintes victimes comme la courtisane du drame, on les entendrait presque, dans 10e détresse, dire ainsi que Marion :

..Je ne sais pas, moi, femme, Comment on parle aux Rois. Pleurer peut-être est mal!

Il sait cela : d'avance, il a fait le compte de ces larmes, l’inventaire de ces douleurs ; il en à pesé le produit, et, trouvant que la loi était plus lourde, il a a dit: «N'ayez pas peur, nous sommes les plus forts. » Puis, il a repris tranquillement le ton de la pédagogie. el, expert au distinguo, il a longuement établi qu’en

condamnant les congrégations, il respectait les con-

gréganistes. Il les chasse de leur maison, les oblige à changer d'habit, leur interdit de se réunir, de prier en commun, d'apprendre aux enfants à lire et à écrire : du reste, il ne touche pas à leur liberté. IL les pousse dans la rue, dépouillés de tout, et il leur dit : (Allez, gagnez votre vie comme vous pourrez, exceplé par le seul moyen que vous ayez de le faire ! » pi reste, il ne touche-pas à leur liberté.

On s’indigne, on proteste, on lui crie: « Mais le droit de vivre, de se vêtir, de prier à sa guise, le droit d'enseigner ce qu’on sait et ce qu’on croit, celui, pour les parents, de choisir, à leur gré, les maîtres de leurs enfants, prêtres ou laïques, en robe ou en veston, c’est

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justement la liberté ! » Sur quoi, il conclut : « Nous . n’entendons pas la liberté de la même façon. »

D: Ainsr en une forme plus sommaire, les gens de la Eu Commune, quand Mgr Darboy, qu'ils traînaient à la mort, leur dit : « Pourquoi me tuez-vous? j’ai toujours | | aimé la liberté ! » lui répondirent, en Île poussant au 10 mur : « Ta liberté n’est pas la nôtre. Tu nous embêtes ! »

Voilà quels hommes verrait le peuple de France, sil pouvait assister aux séances de la Chambre. Peut-être 4 alors, lui aussi. se mettrait-il à pleurer. Il a autre chose à faire, cependant, et ce ne sont pas ses larmes que

j'invoque. : :

| J'aime mieux, en Li montrant le long cortège des innocents condamnés, redire le mot de Germanicus mourant à ses amis désolés : :

« Flebunt Germanicum elium ignoti : vindicabilis vos. Les inconnus mêmes pleureront Germanicus : vous, + vous le vengerez. »

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