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surtout, vraiment à mourir de rire, dont «les yeux ne fuient plus les regards, les accueillent, et peut-être, sans le vouloir, les attirent ! »
Ainsi parla l'homme qui gouverne la France. Nous
sommes tombés là. M. Anatole France, dans la préface dont il a décoré le recueil des discours de M. Combes, assure que parmi « les ornements sévères de son langage », on doit admirer surtout « la juste mesure », en quoi il suit les Grecs, dont il aime les orateurs et les historiens. Chacun peut, sur ce morceau choisi, se faire une idée de la juste mesure. Tant pis pour les Grecs. ne |
Et voyez, c’est comme un fait exprès. Le jour où je lus ces propos de table, un hasard mit à portée de ma main le Discours de la Lanterne aux Parisiens sur la nuit du 4 août. Vous rappelez-vous ? «O nuit charmante, o vere beala nox, pour mille jeunes recluses... quand l'abbé Fauchet... devenu patriarche du nouveau rite. signalera sa présidence par ces mots de la Genèse que les nonnains n’espéraient plus entendre : « Croissez et multipliez ! »
M. Combes connaît ses auteurs. Il ne se plaindra pas, pour cette fois, de la comparaison. Camille avait de l'esprit. Les négociants qui représentaient le comrerce national en cette joyeuse soirée trouvèrent que M. Combes en avait aussi. Le journal qui en fit le récit. marqua qu'on riait aux bons endroits, à la cigarette
du frère, aux rubans de la nonne, et surtout aux œil
lades de la novice. J’ignore quels étaient ces négo-
ciants, el je veux croire, pour leur honneur, que ce
rire méprisable n’est pas venu d’eux, mais de l’escorte officielle obligée par état de s’esclaffer aux facéties du patron. L
ed Corn
Mais beaucoup, sans doute, penseront que jamais spectacle plus écœurant ne fut offert par un ministre au pays qu'il gouverne.
M. Combes sait-il ce qui se cache de douleur et de souffrance derrière ce qu’il appelle un « changement de costume »? Sait-il quelles larmes a versées cette vieille religieuse, depuis trente ans attachée à l’école où les filles grandissent après les mères, quand il a fallu, pour continuer son œuvre, quitter la coiffe que tout le monde, au village, saluait avec respect, et mettre, comme il dit, un chapeau à rubans? Sait-il quel effroi, quelle confusion a bouleversé cette pauvre novice, quand elle s’est vue dans la rue sans la protection de son habit virginal? Non! il ne le sait pas, il ne peut pas le savoir. Pour lui, ce sont des défroqués ; et un défroqué, cela lui paraît si naturel et si gai:
Quand Auguste avait bu, la Pologne était ivre.
Mais, si M. Combes ignore ces secrets des àmes, il y a là, tout près de lui, quelqu'un qui les connaît, c’est : M. Ferdinand Buisson. re
Comme M. Dumay, pendant vingt ans, il a attendu, préparé ce jour, où de sa main, si longtemps occupée à écrire leurs louanges, il va rédiger l'arrêt de mort des Frères et des Sœurs.
Pendant vingt ans, sous tous-les ministres, seul maître de l’enseignement public, il a travaillé, avec une persévérante ténacité, à pénétrer la France de cette sorte de religion qui lui est propre et qu'il appelle « lirréligion de l'avenir », mélange déplaisant
Re fer lan
COMBATS D'HIER ET D'AUJOURD'HUI 200 : d’incroyance et d'esprit huguenot, de passion sectaire et de froide pédagogie, qui répugne aussi bien à l’idéalisme sentimental et enthousiaste de la nation, qu’à la conception chrétienne dont les siècles l’ont imprégnée. Pendant vingt ans, il a vu à l’œuvre, dans les pro- RC pres écoles de l'État. obligé d'y subir leur présence se à faute d’être assez fort pour les en chasser, ces Frères de de La Salle qu'aujourd'hui il tient enfin, livrés par. leurs ennemis vainqueurs : il a vanté leur savoir, célébré leurs méthodes. constaté leur vertu ! Tout à l'heure. il va les condamner. Pourquoi ? Parce qu’ils sont incapables d'enseigner !
. Pendant vingt ans, il a vu à côté d’eux les humbles et pauvres Sœurs s’épuiser, sous leurs habits divers, au même et rude labeur : il a salué leur courage, honoré leur dévouement. Tout à l'heure, il va les condamner ! Pourquoi? Parce qu’ «en pleine jeunesse, dans la force de l’âge, elles se sont enlevé tout autre objet d'activité que celui de la dévotion! »
Seulement, comme celles-là sont nombreuses, et en maint endroit vénérées, des complices timides, effrayés des conséquences, lui ont dit à l'oreille : « Prenez garde, si elles allaient se révolter, refuser d’obéir, peutêtre que le peuple, dont elles élevèrent les femmes, ne serait pas avec nous et voudrait les défendre ». Prétexte à des défections que redoute sa hâte d’une exécution, trop longtemps attendue ! Bien vite, il rassure les trembleurs : « Voit-on, dit-il, cette humble maisonnée KE de religieuses. se transformant en une troupe de cons ; piratrices ? Non, elles accepteront, en pleurant sans doute, re : l’ordre de la loi ». | ne