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il avait un veston pareil au vôtre, votre sécularisation est un mensonge : vous êles congréganiste, vous serez poursuivi. » Où est la liberté ? | |
Est-ce que ce n'est pas l'histoire de tous les jours ? Est-ce qu'à l'heure où j'écris, tous les parquets de France ne sont pas occupés à informer contre les prédicateurs et contre les sécularisés ? Est-ce que la Chambre n'est pas saisie d’une foule de projets ingénieux pour traquer les anciens religieux, pour leur interdire l’enseignement dans leur commune, et jusqu'à dix ou vingt lieues à la ronde ? Est-ce que
M. Combes ne promet pas d'en finir, à défaut de loï,
par quelque brutalité de sa façon, avec les congréganistes cachés « sous des déguisements laïques ? »
Et si cela est vrai, si, depuis deux ans, comme nul ne peut le nier, la chasse aux sécularisés est organisée d’un bout à l’autre du pays, que devient la liberté de congréganiste et que reste-t-il de la distinction de M. Buisson ? Il n’en reste rien, sinon ce que j'ai dit :
l'enveloppe du couperet.
Tel est pourtant l'argument fondamental sur lequel a reposé toute la discussion engagée devant Ia Chambre.
C'est avee ee sophisme qu'on va, demain, détruire cet admirable institut des Frères, l'une des gloires, l'une des forces de la France, et le jeter, comme un cadavre ignoré, dans la. fosse commune où déjà sont entassées, depuis un an, toutes les congrégations exécutées par la guillotine sèche de M. Combes. Avec lui, périronk quatre cents communautés de femmes, restes
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encore vivants du troupeau, déjà décimé, des victimes
d'avance condamnées.
Dans le nombre, il y a les Sœurs de Saint-Vincent de Paul, connues et vénérées de l'univers entier! Je les
nomme parce qu elles sont, pour ainsi parler, l’expres-
sion populaire de la charité : mais combien d’autres qu’il faudrait nommer avec elles, si ces pages Y pos: vaient suffire !
Ainsi, en moins de deux ans, 15.000 écoles seront
fermées qui abritaient 1.600.000 enfants. Où les mettra- &-on ? Nul ne le sait : combien coûteront la construc-
tion ou l'agrandissement des écoles publiques qui
devront les recueillir? Nul ne peut le dire. Les affirma-
tions de M. Combes et de M. Buisson ont été, séance
tenante, réduites à néant par les faits qu’à l’envi leur ont opposés les députés de la minorité. Qu'importent,. d'ailleurs, la dépense, la ruine de lÆEtat et celle des
communes, pourvu que «la congrégation » périsse ? Et puis, est-ce que les catholiques ne sont pas là prêts, dans leur inlassable dévouement, à rouvrir, avec
des laïques, une part au moins des écoles fermées ?
M. Combes le sait bien : il l'avoue avec une incroyable
désinvolture; la loi se heurterait, sans cela, dès le pre-
mier pas, à une radicale impossibilité, et les conseillers ne manquent pas qui nous disent :, Ç« Que faites-vous ? vous aidez vos ennemis : ne voyez-vous pas en quel embarras vous les jetteriez, si, d'un seul coup, vous abandonniez toutes vos œuvres, et les hospitalières comme les autres, puisqu'on vous annonce déjà qu'on en chassera vos sœurs, dès qu'on pourra les remplacer ? » Cochin a repoussé ces suggestions : il a bien
fait. Tant qu'il restera un enfant à élever, un malade à
soigner, qui les appelleront à lui, les catholiques ne 8 1 PP nt. | |
leur feront pas défaut. Ce peut être leur faiblesse, mais c'est aussi leur honneur : et l'honneur est, ici comme
partout, la première des forces. Voulussent-ils, du .
reste, prêter l'oreille aux conseils de la politique, les congrégations refuseraient de les entendre : elles feraient, comme en 1792 les sœurs frappées la veille par le décret de dissolution, qui, rappelées par :les proscripteurs eux-mêmes, demeurèrent au chevet des malades, jusqu'à ce qu’on vint les en arracher pour les jeter en prison. Marseille a vu, l’année dernière, quand l'épidémie de variole tomba sur la ville, l'exemple du même dévouement.
Mais quel que soit l'effort, il sera impuissant devant une ruine si profonde. En vain les tardifs remords ou les calculs intéressés des anciens complices de M. Waldeck-Rousseau arracheront-ils à leurs collègues inquiets, pour le lendemain, du crime qu'ils vont commettre, une prolongation des délais d'exécution ou la conservation de quelques noviciats destinés aux établissements des colonies. Ce sont, sans doute pour les condamnés, des adoucissements momentanés à leur supplice, qu'ils ne sauraient repousser. Mais ceux-là seuls qui voudront s’illusionner croiront à la durable efficacité de ces promesses d’un jour. M. Combes, s'il demeure en place, en usera, avec les délais et les noviciats, comme il y a deux ans avec les écoles des congrégations autorisées : il traitera les votes de la Chambre
comme hierles déclarations de M. Waldeck-Rousseau.
Au besoin, le Conseil d'État lui donnera, pour le couvrir, un avis en bonne forme.
Si même quelque pâle Thermidor nous délivre de lui un de ces soirs, ce ne sera pas assez pour nous affranchir. La coterie maçonnique et jacobine, un moment
surprise, se ressaisira bientôt : tant qu'elle dominera la France et l’Assemblée, il faudra que les ministres lui obéissent. Déjà, comme en 1907, elle prend ses sûretés.
Comme M. Waldeck-Rousseau jetait, il y a trois ans, dans les esprits le principe mortel qui devait fatalement entraîner la ruine de toutes les congrégations, ainsi M. Jaurès à, cette année, aux applaudissements enthousiastes de la majorité, formulé la théorie d’où sortira nécessairement. dans un court avenir. la destruction de tout enseignement chrétien : « Quiconque, a-t-il dit, n’a pas renoncé doctrinalement et pratiquement à contester la liberté absolue de la personne humaine, n'a pas le droit d'enseigner dans une démocratie fondée sur ce principe nécessaire. » C'est dire que touthomme qui soumet à l'autorité divine et à la révélation chrétienne sa conscience et sa raison, est indigne d'enseigner.
Le nouveau sophisme est trouvé, à l’abri duquel le couperet continuera demain sa besogne tracée par l’inflexible logique. Après les religieux, les prêtres : après les prêtres, les laïques! On ne touchera. — c'est M. Jaurès qui le dit, — ni à la liberté de conscience, ni à la liberté de croyances, pas plus qu'aujourd'hui M. Buisson ne touche à la liberté du congréganiste. Mais, en vertu de « l'intégrité du droit humain », comme aujourd'hui de « l'intégrité de la personne humaine ». quiconque sera convaincu d'être chrétien sera déchu du droit d'enseigner.
Ainsi sera vérifiée la parole prophétique de M. Beauquier : « Il doit être interdit de donner aux enfants une instruction religieuse. » Ce sera la deuxième étape
La première s’achèvera demain. À l'heure où paraï- tront ces lignes, tout un siècle de travail, de dévouement et de sacrifices, sera balayé par le vent de folie
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. ‘déchaîne au milieu de mous a haine Fa cl misme. À Ac La Chambre aura voté : Len yaura plus qu’ à a ; les formalités d'usage. Le Sénat d'où partit, il - y. 1 quatre mois, le ‘siemal attendu et recueilli par M. Combes avec l' ‘empressemen td un. ‘complice averti, se hâtera d'enregistrer de décret qu'il a lui-même ins piré. M. Loubet le signera, peut-être la rougeur au front, et, sur la porte de l'Élysée, comme on a cou- tume de le faire aux lieux où s ‘accomplit quelque ; mémorable: RE sa on pourra rit ces s mots : Se
dci, en 7 190%, nie 1 ‘enseignement. chrétien fut. détruit en France, M. Émile Loubet élant Président de la due