‹ Combats d'hier et d'aujourd'hui (volume 2)Chapitre 69 sur 124 · VÉNUS SENS · texte numérisé non relu

VÉNUS SENS

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tude, éveillée par la transparente anxiété des grandes personnes. | | Je revoisles petits gardes mobiles parisiens, qui nous - paraissaient si gentils à mon frère et à moi, quand ils défilaient dans la Grande rue Verte où nous demeurions et qui est aujourd'hui la rue de Penthièvre. J'entends le tambour battant le rappel. tandis que nous regardions, étonnés, mon père mettre bien vite son uniforme de garde national, et puis les voix rauques, qui, le soir, chantaient dans la rue, en scandant les mots : « Des lampions, des lampions, ou sinon nous brülons les maisons », signal quotidien qui, bien loin de nous faire peur, nous mettait en Joie. parce qu'aussitôt le vieux concierge courait allumer aux fenêtres l’illumination, dont l'éclat nous enchantait.

Un peu plus tard, voilà le départ de Paris, et, sur la route de Nancy où on nous conduisait, pendant que nous montions à pied derrière la diligence une côte in-

terminable, une troupe de jeunes gens coiïffés de jolis

bonnets blancs et rouges qui nous entourent et, gaiement, nous font crier : « Vive la Pologne l » au désespoir de notre grand’mère restée dans la voiture.

Plus tard encore, ce sont des images tragiques, indistinctes, entre lesquelles, cependant, la mort de Mgr Affre, tué sur la barricade, se détache en un tableau d’une extraordinaire précision. :

Pour le coup, nous ne pensions plus à rire : c’était la

orande Révolution qui recommencçait, celle dont on ne

parlait dans la famille qu'avec des mots effrayants.

Le nom de Ledru-Rollin est demeuré, pour moi, le symbole de toute cette époque : son évasion, lorsque, le 13 juin 1849, il s'échappa, par un vasistas, d’une salle du Conservatoire, m'apparaît, dans le lointain

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