‹ Combats d'hier et d'aujourd'hui (volume 2)Chapitre 85 sur 124 · LI *5 PO · texte numérisé non relu

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pour tous les protégés de la loi : le principe ainsi posé se füt étendu, par une conséquence naturelle, à tous les ouvriers.

Alors, comme aujourd'hui, tous étaient d'accord sur la nécessité du repos hebdomadaire pour les travailleurs.

Ce qui restait à décider c'était de savoir si ce jour doit être ou non déterminé par la loi, et c’est encore la première question posée par l’enquête.

Or, si le jour de repos n’est pas déterminé d'avance, qui le fixera ? Le patron, apparemment. Mais qui garantira que le choix du patron sera celui qui con-

vient aux ouvriers ? Seront-ce donc les ouvriers ? Comments y prendront-ils, et qui assurera, de la part des patrons, l’obéissance à leur volonté ? è

Sera-ce alors l'entente entre le patron et les ouvriers ? es Cette méthode, excellente, indispensable à mon gré, ee quand il s’agit de déterminer les applications variables d’un même principe, est insuffisante pour poser le principe lui-même. Toute la législation industrielle repose sur cette base. Elle a précisément pour objet de fixer certaines règles communes et imposées par des considérations sociales d'ordre général. Le jour du repos hebdomadaire est assurément du nombre, et l’on s’étonne de voir des défenseurs résolus et souvent très excessifs de l'intervention de la loi dans le contrat de travail, en devenir les adversaires quand il s’agit d'un de ses objets essentiels.

Mais une autre raison encore rend nécessaire la fixation légale du jour de repos. L’inspection est un corollaire nécessaire de la législation industrielle : comment les inspecteurs pourront-ils faire respecter le repos hebdomadaire, tant que le jour n'en sera pas commun et déterminé ?

férent, au point de vue religieux du moins,

L'un choisit le lundi, un autre le jeudi, un troisième le dimanche. Dans la même usine, peut-être, on décide que telle catégorie d'ouvriers chômera un jour, telle autre le lendemain. On établit un roulement, on divise les équipes... Au milieu de cette confusion, comment l'inspecteur peut-il remplir sa mission ?

On dit : « Maïs, en fait, le repos est presque toujours le dimanche... » &e le crois, et alors je demande : sus donc empêche de le dire dans la doi ?

La liberté de conscience ? C'est bien la prétention des ennemis du repos dominical : ils me veulent pas, disent-ils, offenser la liberté de conscience.

Or, c'est précisément ce qu'ils font. De qui, en effet, la liberté est-elle en cause ici ? Ce n'est pas, assurément, celle des libres-penseurs, de ceux qui n'ont aucune croyance et ne veulent pratiquer aucun culte. Pour ceux-là, le choix du jour de repos leur est bien indif- Car, À d’autres points de vue, je le montrerai tout à l'heure, ils ont, comme les croyants, un très grand intérêt au choix du dimanche ; maïs il est évident que leur

conscience est ici hors de cause.

Les autres, au contraire, ceux qui croient et qui veulent pratiquer, que fait-on de leur liberté à eux ? Ne voit-on pas qu'avec ce prétendu respect de la liberté, c'est la leur qu’en fait on offense gravement, la leur et la leur seule qu'on atteint ? |

Quoi qu'on puisse dire,.quoi qu'on puisse désirer, une partie considérable de la population ouvrière, l'immense majorité de la population féminine est encore profondément attachée à ses croyances et fidèle à Les mettre en pratique.

De quel droit, au nom de ce qu’on appelle la hberté,

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va-t-on violenter loutes ces consciences chrétiennes et

les mettre dans l'impossibilité de remplir leur devoir

le plus essentiel en portant à Dieu, le dimanche, dans ses temples. l'hommage d'adoration que leur foi leur impose ? | Croit-on qu'il ny ait ici pour eux qu'une simple question. de repos physique et matériel, et que le désir :

de trouver ce jour-là, pour leur àme et pour leur esprit, le réconfort dont ils sont si souvent privés, ne

tienne pas pour le moins dans leur pensée une place aussi grande que le besoin du délassement physique ? Croit-on qu'ils comptent pour rien la liberté de

s'élever un peu, en les oubliant pour un moment,

au-dessus des préoccupations purement matérielles

à auxquelles ils sont condamnés pendant tout le reste de

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