Janvier
Vous y êles venus, Messeigneurs, acceptant cette offre filiale, parce que les maîtres de la France, en rompant le lien séculaire qui l'attachait à FÉelise catholique, ont voulu, par la confiscation de votre demeure, donner à cette rupture Fa brutale signification d'une répudiation violente.
Eù, près de ces fenêtres, passait, il y à un peu plus d’ume année, le cortège douloureux et magnifique qui transformait .votre expulsion en une marche triomphale.
Ainsi tout évoque autour de nous le martyre de l'Église de France, reniée, dépouillée, kuwmitiée par ses enmemis, mais plus srande en cet aecablement et plus chère encore à ses fils, qu'elle ne le fut jamats au temps de ses prospérités oMicielles.
M. Faine, en 18-0, au milieu du désastre national, écrivait dans une correspondance intime : € IE y à des jours où j'ai l'âme comme une plare : je ne savais pas qu'on terait Lant à sa patrie. »
Nous aussi, catholiques de France, nous avORS au cœur, et non pas seulement à certains jours, une plaie profonde, toujours saignante, et durant Famnée qui finit sans cesse avivée. Mais la souffrance nous à révélé l’indissoluble union des pasteurs et des fidèles. Nous ne savions pas que nous tenions lant à notre archevêque !
Cette union, cimentée par la foi docile et fidèle, par la confiance respectueuse et active, les membres des cercles catholiques ne veulent, pour en affirmer devant vous, Messeigneurs, la force et la fécondité, se laisser devancer par personne. |
Leur œuvre à pris, dès son origine, au 25 décembre 187r, l’obéissance aux enseignements de l'Église
COMPBATS EMI?
comme la règle absolue de sa conduite ; elle a fait de ces enseignements en matière sociale, le fondement inébranlable de ses idées. Aujourd'hui, dans le trouble des esprits, agités par des doctrines et des tendances qui se croient nouvelles, nous ne trouvons, dans nos intelligences comme dans nos cœurs, ni incertitude, ni hésitation pour obéir pleinement et sans réserve à l'autorité traditionnelle de l’Église, à la parole infaillible de son Chef.
Oserai-je dire encore que nous avons quelque droit, Messeigneurs, à revendiquer sous vos ordres une place un peu privilégiée !
Nous formons, dans l’armée des œuvres parisiennes, un des plus anciens bataillons. Depuis trente-six ans, si nous n'avons pas, comme l’espérait alors notre juvénile ardeur, conquis le vaste et difficile terrain de l’âme populaire, nous nous sommes, du moins, tenus au poste qu'avait choisi notre ambition, au cœur même des quartiers où s’enferme sa vie et s'agitent ses passions.
À l'heure où, de toutes parts, éclate la nécessité des œuvres sociales, où il faut, de toute évidence, ramener le peuple à Dieu, à moins d'abandonner à la barbarie l'avenir de la France, nous sommes là. soldats vieillis mais éprouvés, toujours prêts à l’apostolat, depuis plus d'un quart de siècle ardemment poursuivi.
L'appel qu’en votre nom, Éminence, votre Coadjuteur, déjà cher à tous vos fils, adresse aux catholiques pour cette grande entreprise, et dont la création du comité diocésain est le premier effet, a joyeusement retenti aux oreilles des vélérans des cercles catholiques. Monseigneur Amette, il le sait déjà et j'aime à le lui répéter, en le remerciant de sa belle initiative,
à COMBATS D'HIER ET D'AUJOURD'HUI 19
trouvera dans nos rangs des auxiliaires résolus et dévoués.
Permettez-moi, Monseigneur, de le dire avec une particulière émotion, au nom des ouvriers qui m’entourent.
Leur nombre est petit dans la multitude des travailleurs parisiens : leur rôle est modeste au milieu de ce peuple qui, parfois, ignore jusqu'au nom même de Dieu. Mais leur humble phalange est debout dans cette foule, comme un signe d'espérance.
Éminence, votre âme bretonne a souvent tressailli au récit des périls qui attendent les paysans, lorsqu'ils s’'aventurent dans la grande baie de Saint-Michel-en- Grève, proche de Plestin, où, quand la mer monte, le sable mouvant menace de les engloutir. Ils marchent alors les yeux tournés vers le roc étrange, où se dresse la croix, qui marque le lieu du débarquement miracuieux de saint Efflam, patron des Trégorrois. « La croix nous voit », disent-ils, et c’est assez pour les guider dans le passage redoutable.
Les cercles catholiques sont, dans la grande mer populaire qui monte, irrésistible, comme le rocher de Monsieur saint Efflam. Ils tiennent la Croix, haute et ferme devant tous les yeux. C’est leur honneur, et c’est, pour ceux que tente l’apostolal social, un sujet de confiante audace. La Croix les voit et, tant qu'elle les verra, ils marcheront sans crainte.
Nous vous demandons, Messeigneurs, de bénir nos bras, afin que, jamais, quel que soit le péril des flots, nous ne la laissions s’abaisser.