‹ Combats d'hier et d'aujourd'hui (volume 3)Chapitre 74 sur 97 · VI. — LA MÉDECINE DU ROI LEAR · texte numérisé non relu

VI. — LA MÉDECINE DU ROI LEAR

L'Académie des sciences morales a couronné, l'année dernière, un petit volume intitulé : Patrons et Ouvriers, dont l’auteur avait pris pour devise cette pensée de Montaigne : « Or l’accoustumance à porter le travail est accoustumance à porter la douleur. » L'écrivain qui abritait son nom sous cette maxime de haute philosophie sociale, s'appelle M. Roguenant. Son livre est à la fois charmant et profond. L'apprenti du temps passé y revit, dans sa ferveur naïve, tel que le montre un tableautin flamand du xv° siècle, où le maître examine devant l'élève attentif l'épée forgée, et cet ensemble familial, c'est tout l'apprentissage de jadis ramassé en quelques traits.

L'avenir verra-t-il renaître, dans la corporation restaurée, ces tableaux graves et pacifiques ? Qui peut dire ce que nous gardent les transformations futures de la vie industrielle? S'il est vrai que « lorsque Dieu efface, c’est qu'il veut écrire », nous offrons présentement à sa main un champ suffisamment dévasté.

L'apprentissage est mort, dans l'atelier désorganisé et dans la famille détruite. Il revit dans les œuvres sociales. |

J'ai, depuis un mois, entrepris un voyage d'enquête, à travers les contrées lointaines où se cachent ces

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