Etaient présents, à côté de Mgr Duparc, NN. S$S. Dubourg
* archevêque de Rennes, Oury, archevêque d'Alger, Guillois,
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ancien évêque du Puy, archevêque de Pessinonte, Gouraud, évêque de Vannes, Rouard, évêque de Nantes, de Bonfils, évêque du Mans, Le Roy, évêque d’Alinda, supérieur des Pères du Saint-
Esprit, Rumeau, évêque d’Angers, Morelle, évêque de Saint-
Brieuc, Melisson, évêque de Blois, le T. R. P. Bernard, abbé de Thymadeuc.
miers serments, toujours inviolés, envers la terre d'Arvor, et près de cette basilique auguste, toute vibrante encore des grands spectacles dont s'enivra ma Jeunesse.
J’oserai donc parler pour mes collègues, pour ceux aussi qui nous ont élus, et offrir, Monseigneur, à Votre Grandeur, leurs hommages et leurs respects, avec les miens. Je n’y ajouterai pas nos félicitations. Ce n'est pas à vous, c'est à nous qu'il faut les adresser. |
Tandis que les évèques de la province bretonne s’'entretenaient de vos mérites dans l'intimité de leur conseil, le clergé tout entier et le peuple chrétien de la Cornouailles et du Léon vous appelaient dans le silence des cœurs, avertis par la renommée de vos vertus et l'éclat de votre parole que célébraient de longue date la ville de Lorient et le diocèse de Vannes.
L'élection de Pie X a sanctionné ces vœux, confirmé ces espoirs, et, dans un élan de joveuse gratitude, l’universelle acclamation répond au choix que le chef de l’Église a fait en votre personne.
Ceux que vous quittez escortent vos derniers pas, affligés de votre éloignement, plus fiers de votre élévation.
Ceux qui vous accueillent, enthousiastes et ravis, s'avancent sur voire route, criant tout d’une voix, comme le peuple d’Hippone à Ia vue d’Augustin: « Te patrem, Le episcopum. »
Par ce merveilleux accord du Pontife suprême, des évêques, des prêtres et des fidèles, yous paraissez, au milieu de nous, comme la vivante expression de ce «mystère de l'Unité » que Dieu, dit Bossuet, « voulut imprimer dans l’ordre et dans l'office des paseurs ».
Impérissable unité de la sainte Église romaine « hors de laquelle, dit encore Le grand évêque, est la mort cerlaine » et qui tout à Fheure éclatait devant nous dans les admirables formules de « l'examen » et de « l'interrogation », où se déroule toute la foi catholique : infrangible unité qui. supérieure aux violences, comme aux intrigues, dont l'effort ou l’artifice prétendent la briser, demeure, en tous les temps. sous tous les régimes, devant les rois, et devant les peuples, le gage assuré de son immortelle puissance !
Il semble que Dieu, par ce grand exemple, aït voulu rassurer nos îûmes accablées, sous les coups répétés dont fut en ces temps douloureux, frappée l'Église de l'rance, et que votre avènement, préparé dans ce concert unanime, marque, au lendemain des ruptures criminelles, le magnifique essor de son affranchissement, l'élan décisif de sa marche nouvelle vers la libre conquête des âmes et des inteltigences.
C'est pourquoi tous vous saluent, d’une ardente espérance.
« Te palrem, te episcopum ! » Ils vous donnent, conliants et dociles, ce litre doublement glorieux. À cette heure diflicile, où les ruines morales s’entassent, plus déplorables que les ruines matérielles, où les discordes se glissent dans les cœurs incertains, plus redoutables que les persécutions, où l'erreur séduit kes esprits téméraires, plus dangereuse que la haine, vous serez le père qui rassemble par l'amour et dirige par Fautorité, vous serez l’évêque qui enseigne et qui juge, appuyé sur la doctrine et sur la tradition. Nous le sentions profondément, il n’y a qu'un moment, pendant que, portant sur vos épaules le fardeau, doux et redoutable, de l'Évangile, vous receviez l'imposition des mains, que
vous donnaient les successeurs des apôtres, et qui faisait
de vous leur frère dans l’épiscopat. Venez donc, Monseigneur, vers ce peuple qui vous attend.
Du sommet de cette basilique, plus aimée depuis qu’elle fut profanée, comme le drapeau vaincu devient
plus sacré, la Bonne Mère vous montre le chemin,
de la lande d’Auray que l’histoire a semée de souvenirs tragiques, jusqu'aux plages de La Palud, battues par le flot qui garde le secret de la ville ensevelie. Ces chemins vous sont familiers. Vous sortez du pays de Brizeux, et vous connaissez bien, pour les avoir souvent parcourues, les routes qui mènent, des pittoresques ravins par où le Blavet et le Scortf gagnent
leur estuaire majestueux, des rives mélancoliques qui, :
doucement, en contournant Ja sainte et sauvage montagne de Sainte-Barbe, conduisent l’'Ellé, sous les futaies obscures de Quimperlé, vers les sables de l'Océan ; puis des bords charmants du Ster et de l’Odet que domine la cathédrale antique de Saint-Corentin, avec sa nef infléchie comme le chef du Christ expirant,
et du riant vallon dont la pente insensible, tout à
coup, jette le tranquille Elorn, entre Brest et Plougastel, dans la rade immense: jusqu'à cette côte déchirée, où, sous les grands bras des arbres désolés, derniers témoins des vieux âges encore debout parmi les riches cultures, se dressent dans la mer, de Roscoff à l’île de Sieck, les rochers étranges pareils à des monstres de légende.
Vous parlez la langue des aïeux, « la langue sacrée des saints, comme chante Léon de Berre, le poète popu-
laire, la langue des rois, des bardes et des moines qui vinrent, en Bretagne, élever la Croix sur le sommet du menhir » ; et vous aimez déjà, d’une égale ten-
dresse, tous les paysans de votre immortel Brizeux,
le gai Cornouaillais qui prie
…… le bon saint Corentin, Avec sa mitre d’or et sa crosse d'étain
et le grave Léonard, si pieusement attentif quand
.…. dans la langue antique, À saint Pol, son apôtre, il entonne un cantique.
Partout, sur votre route, la Vierge Marie vous tend
les bras, à la pointe du Raz, formidable aux marins,
que votre prédécesseur couronna de son image, pour les garder, dans le passage redouté, où
Leur barque est si petite et la mer est si grande,
au pied des monts d’Arrée, dans ce val de Rumengol,
où les autels païens renversés par Guénolé lui firent un
piédestal de granit; et, jusqu'en cette chapelle du Creisker, depuis cinq siècles, gardienne du pays d’Armorique, qui lève vers le ciel sa flèche triomphante et légère, transpercée des rayons d’or du soleil à son déclin.
Parmi les cantiques sacrés, vous entendrez à votre approche éclater les chants nationaux, où les fils glorifient le vieux pays des ancêtres, « Bro goz ma zadou », et, le soir, quand viendra l'heure du repos, une pénétrante mélodie enchantera votre âme fatiguée : « Kousk Breiz-Izel » : |
« Dors, dors, à Bretagne, pays sans pareil : voici la nuit qui descend sur la terre. Dors, 6 mon doux pays : la voix de la grande mer murmure pour te bercer. »
Au terme de votre voyage, Monseigneur, quand, du porche magnifique de votre cathédrale de Saint-Pol, vous descendrez sur le chemin de Roscoff, vous découvrirez, comme un navire endormi sur les flots, la srève de l’île de Batz.
C’est là que Fapôtre, dont vous êtes le successeur, délivra du dragon meurtrier l'ile et la terre prochaine.
Ïl ne le dompta ni par le glaive ni par le feu, mais par la vertu de son étole jetée sur le cou du serpent : symbole admirable de la puissance apostolique! Saint Pol, cependant, n’était pas seul quand il accomplit cette œuvre de salut. IF était escorté d’un homme résolu dont, ce jour-là, le cœur fut st vaillant que ses compagnons lui donnèrent, depuis, le nom de Gournadee'h, homme qui ne fuit pas. L'été dernier, dans la ruine superbe de la demeure qui porte son nom, parmi les bruyères et les ajones, se déroula, sous nos yeux, en ce décor merveïlleux. le drame illustre, reconstruit, comme un mystère du moyen àge, par un prêtre .inspiré. M. Perrot, que ne reniera point pour son diserple M. le chanoine Buléon, el joué par les jeunes gens des paroisses voisines, artistes volontaires de la foi chrétienne et de la patrie bretonne.
Nuz Gournadec'h, l’homme qui ne fuit pas, e’est le catholique breton dont nous apportons ici, devant vous, Monseigneur, le témoignage et le serment.
Le paganisme menace aujourd’hui les âmes, comme autrefois Le dragon dévorait les corps. Sauvez-les par
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