V. — LE CONGRÈS DIOCÉSAIN DE PARIS
Il ya moins de trois mois, au Sénat, pendant la discussion de la loi de dévolution, comme Lamarzelle, dans un beau mouvement d’éloquence, montrait à M. Briand son œuvre en lambeaux, le ministre lui répondit : « C’est l'Église qui tombe en lambeaux. »
Mercredi dernier !, M. le garde des sceaux aurait pu, à lasalle Wagram, voir un de ces lambeaux se déployer avec une ampleur qui l’eût sans doute quelque peu surpris, plus semblable à la triomphante parure d’une royauté nouvelle, qu’à la tunique déchirée d'une victime découronnée. |
Spectacle en effet imprévu, et qui fut, pour beaucoup, une révélation ! Pour la première fois, l’archevêque de Paris paraissait au milieu du peuple chrétien, non plus dans le recuecillement grave et majestueux du temple divin, dans l'éclat de la musique sacrée el des pompes sacerdotales, mais au milieu des frémissements de la foule, dans le cadre vulgaire d’une salle destinée aux réunions publiques.
Quand il parut, de cette salle aux décors profanes, que remplissaient jusqu’à déborder près de six mille hommes entassés jusqu'aux corniches, une clameur immense s'éleva, roulant comme le flot sur une grève de galets : « Vive Monseigneur ! » On a souvent décrit