janvier
abs RE pr ds bien.
Louis XVI du nom de Capet, saluant ainsi dans le roi qu'ils frappaient de mort, il y a aujourd'hui même cent quatorze ans, les huit siècles de gloire dont la France était sortie. Ve
Tout, ici, apparaît à la fois : l’immortel dialogue du Christ et de Pierre, fondement de notre foi, quand le Maître interrogeant ses disciples : « Qui dites-vous que je suis?» Simon Pierre, le premier, s’écria : « Vous êtes Le Christ, Fils du Dieu vivant », et qu'aussitôt Jésus lui répondit par la parole, victorieuse des âges: «Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Église » ; puis, le mystérieux enchaînement des destinées promises à la cité maîtresse du monde, depuis le jour où, fort de la souveraine investiture, lhumble pêcheur de Galilée vint annoncer à la dominatrice des nations un empire nouveau, plus durable et plus étendu ; et, dans le grand tumulte du monde, parmi les révolutions violentes, les guerres sanglantes. les transformations des peuples, les déchirements de l'Église elle-même, la Chaire de Saint- Pierre à Rome, seule immuable, dont deux centsoixantesix Papes ont transmis à Pie X le lourd et glorieux héritage.
Le prédicateur avait déroulé, sous nos yeux, ces fastes magnifiques. Mor Amette, coadjuteur de Paris, se leva de son siège, et, la mitreau front, la crosse en main, insignes du pouvoir qui lui vient de la succession apostolique, il répéta, d’une voix ardente et ferme, la profession de complète, joyeuse et indissoluble union avec le Siège de Pierre, que, la veille, venait d'adresser au Pape l'Épiscopat de France assemblé.
Il y eut, dans l’église comble, un frisson de surprise. Il sembla que l'évocation de l’illustre passé en eût fait, tout à coup, dans cet évêque parlant à son DERDE, surgir la vivante image.
Debout, devant l'autel, la main tendue comme pour se relier, à travers l’espace, au Pontife romain, il paraissait la visible expression de l’impérissable unité. |
Près de lui, se tenait le nouveau curé de la paroisse, - M. l'abbé Sicard, dont les écrits retraçaient naguère, en de savants récits, le grand drame religieux qui détruisit, il ya cent quinze ans, l'Église de France, bientôt cependant relevée de sa ruine immense : quelques prêtres, en ces heures tragiques, avaient, pour conjurer la persécution sanglante, écrit une consécration de la France au Sacré-Cœur, et c'était l'acte, ainsi rédigé au pied des échafauds, que le coadjuteur de Paris avait lu au nom des Évêques, le dernier jour de leur assemblée.
Quels souvenirs ! Quels rapprochements ! Quelles méditations ! « Quelle consolation aux enfants de Dieu ! dit Bossuet ; quelle conviction de la vérité ! »
Je rentrai dans cette émotion, et, sur ma table, je trouvai le dernier écrit de M. Combes, paru le même jour dans la Correspondance républicaine. Je n'aurais pu souhaiter à ma journée un meilleur épilogue. On eût dit une réplique, d'avance préparée, pour la grande scène qui venait d’agiter mon âme. Le clerc en révolte contre son Église est là tout entier. Sous les termes du mépris dont il essaye de couvrir sa déconvenue, on sent
filtrer la haine : obligé de confesser « la parfaite communauté de sentiments » du Pape et des évêques, il n’en peut prendre son parti: cette communauté l’irrite jusqu'à lui faire invoquer le patronage de M. Clemenceau, en reprenant à son compte la fameuse et outrageante parole sur les « fonctionnaires de l’étranger ». Ainsi, dans une même fureur, se confondent les frères ennemis.
Par l’excès de leur haine, ils semblaient réunis Et prêts à s’égorger, ils paraissaient amis.
L'Église romaine, voilà ce que M. Combes ne peut endurer. Ce qu'il déteste, c'est cela; ce qu'il a cru détruire, c’est cela. Habitué aux obscures rencontres des passions politiques, il ne comprend que les complicités serviles ou les abandons intéressés: le grand mystère de l’unité qui, malgré le temps et les hommes, soutient l’Église catholique, déroute son esprit; qu’aujourd'hui, dépouillée de tout, hors la loi, sans titre officiel et sans droit reconnu, elle ‘soit encore debout, plus compacte, plus unie que jamais, cette audace le met hors de lui. Une « Église nationale », séparée du Pape, étranglée par tous les maires de village, ligottée par une bonne loi de police, il s’en serait accommodé! Ce rêve de tous les évadés du catholicisme hante le vieil homme d’Église. Son pamphlet n’est qu'un accès de schisme rentré.
Du reste, j'ai lu le morceau sans colère. M. Combes a rendu à notre cause, par ses précédentes confidences à la presse de Vienne !, un trop signalé service pour que je lui garde rancune de ses mauvais propos.