février
conciliation fut-elle une feinte ? On n’en sait plus rien. Ce qui est sûr, c’est qu'une fois de os: nous ue les frais du spectacle.
Le discours de M. Briand, ondoyant et divers, avait répandu dans la Chambre une atmosphère pacifique : c'est décidément son grand art d’engourdir les gens.
Quand il eut fini, les bons apôtres de la délégation
.des gauches, initiés peut-être aux desseins du lende-
main, proposèrent aussitôt qu’on approuvât les déclarations du gouvernement : et ce fut, de toutes parts, un Joyeux empressement. |
Quelles déclarations ? On ne le savait pas exactement : « Avez-vous vu comment il tenait tête à Allard? et comme il a joliment escamoté Clemenceau? et puis il y à les réparations des églises : songez quel fardeau pour ma commune ! » Chacun commentait à son gré; après quoi tous répétaient la formule magique : « La paix ! c’est la paix! » N’a-t-il pas dit que le pays la voulait, qu’il la voulait aussi ?
Il est vrai qu'il a rappelé, non sans orgueil, les biens confisqués, les séminaires dispersés, les évêques et les curés chassés de leur logis ! Mais c'était pour apaiser les complices d'hier, devenus encombrants : et n’a-t-il pas. tout de suite, à demi tourné vers les vaincus, parlé
doucement « des victoires qu'il ne faut pas désirer ex-
cessives ». Je vous dis que c’est la paix.
Et c’est si bon de penser que l'affaire va s'arranger | Il y a quarante ans, au temps de la question romaine,
l’autre, celle qui, par des chemins douloureux, nous
conduisit à Sedan, Edmond About, l'ayant, à sa façon, tranchée en un pamphlet célèbre, et mécontent de la retrouver cependant toujours debout en face de lui, disait d'elle comme on parle à une mendiante impor-
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tune : «Allez-vous-en, bonne femme : on vous a déjà donné. » Combien de très braves gens, aujourd'hui, et même de séparatistes notoires, en diraient autant de la Séparation |
Mais voilà : il y a des affaires qui ne s’arrangent pas avec des mots. IL y faut des actes. C’est pourquoi, mes amis et moi, nous nous sommes abstenus.