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plus urgente. L’échéance du 11 décembre les talonne : eux-mêmes l’ont fixée. Que feront-ils ?
M. Briand se distingue entre tous par l'abondance et la variété de ses propos. Il eut, ces jours derniers, làdessus, un mot admirable : «Je ne sais pas pourquoi, dit-il, on a parlé de la fermeture des églises. » Ce « Je ne sais pas pourquoi » est un poème, et M. le ministre, il faut l'avouer, se moque agréablement des gens.
Je me souviens qu'il y a dix-huit mois environ, au plus fort des discussions de la loi de Séparation, de zélés colporteurs distribuaient à profusion, dans les villes et dans les campagnes, des cartes postales qui représentaient une église au fronton de laquelle étaient
écrits ces mots : « Palais du Peuple. — Théâtre. » Une
foule y pénétrait et le spectacle du jour, Torquemada, était annoncé sur une affiche en forme d’étendard. . M. Briand n’a-t-il jamais vu quelqu’une de ces œuvres d'art ? Il aurait pu, en sa qualité de rapporteur, en demander une au président de la « Commission de Séparation des Églises et de l’État », M. Ferdinand Buisson lui-même, professeur en Sorbonne, député de Paris et, par surcroît, président aussi de «l'Association internationale des libres-penseurs » qui, précisément, faisait éditer et répandre ces cartes édifiantes.
Dans le même temps, un ministre entendait, sans broncher, le maire d’une commune où il banquetait, pour inaugurer la statue de quelque illustre inconnu,
saluer par avance le jour où ces agapes joyeuses seraient célébrées dans l’église désaffectée.
M. Briand n’a-t-il point connu ce ministre-là ? Il avait cependant, toujours comme rapporteur de la loi de Séparation, quelques occasions de le rencontrer. Car c'était justément M. Bienvenu-Martlin,son prédécesseur