‹ Combats d'hier et d'aujourd'huiChapitre 82 sur 94 · DÉCEMBRE · texte numérisé non relu

DÉCEMBRE

Mespames, MESSIEURS,

Vous savez que je suis, par l’état de ma santé, condamné à un très pénible silence. Je ne puis donc, comme je le voudrais, répondre à l’émouvant discours de M. Potron. Mais je ne veux pas laisser, cependant, sans un mot de chaleureux remerciment, les paroles qu'il m'a adressées. Elles m'ont ému au fond du cœur. Je sais tout ce qu'a pu lui suggérer de trop flatteur pour moi la sympathie dont il m’honore et dont je me sens ici environné ; et c'est cette sympathie surtout que je veux retenir de son allocution, comme le précieux témoignage de sentiments qui me touchent profondément.

Mais vous me pardonnerez aussi si je me sens quelque fierté en entendant affirmer devant cet auditoire composé d'hommes de travail, de femmes associées à leur labeur, l’étroite solidarité qui m'unit à leurs œuvres et à leurs pensées. M. Patron a bien voulu rappeler que, depuis trente-cinq ans, j'ai consacré mes forces au

service de l’idée dont vous représentez un si magnifique épanouissement : la réconciliation sociale fondée sur le retour à la loi divine, sur l’exercice du dévouement, sur le respect de la justice, la paix rétablie dans le monde du travail par l’action tutélaire de l’association professionnelle.

Cela est vrai, ce rêve a passionné ma vie, et c’est une joie très vive pour moi de me trouver au milieu de ceux qui, par leur généreuse initiative, travaillent à la réaliser. Qu'est-ce que le geste rapide du semeur qui passe, sans le travail persévérant du laboureur qui prépare la terre, la féconde et la cultive ? Vous êtes ces laboureurs patients, que rien ne décourage, qui, malgré toutes les difficultés d’un temps troublé, tous les obstacles et toutes les résistances dans le tumultueux chaos d’un mouvement syndical désordonné, gardez inébranlables la foi dans l’avenir, la confiance dans le succès de vos conceptions sociales. L'honneur des moissons futures vous appartiendra. :

J’en salue la promesse et je bois à vos Unions Fédérales, berceau de la reconstitution nationale.

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