‹ CombourChapitre 17 sur 82 · LE COMTÉ · texte numérisé non relu

LE COMTÉ

Érection de la baronnie de Combour en comté. — Étendue de la seigneurie. Domaine proche. — Fiefs et droits féodaux.

La seigneurie de Combour fut longtemps considérée comme une baronnie d'ancienneté, et ses possesseurs siégèrent toujours parmi les barons de Bretagne jusqu'au moment où (vers 1450) on réduisit abusivement ceux-ci au nombre de neuf.

Au xvie siècle, Combour fut érigé en comté par Henri III, lorsque ce prince créa le marquisat de Coëtquen. Les lettres royales, données à cet effet au mois de juin 1575, portent que le roi, voulant récompenser Jean sire de Coëtquen, chevalier de son Ordre et baron cle Combour, érige « en titre de baronnie sa terre et seigneurie du Vauruffier et celle cle Combour qui souloit estre baronnie en comté; » elles ajoutent que S. M. « unit et incorpore à la seigneurie de Coëtquen lesclits baronnie du Vauruffier et comté de Combour, ainsi que la vicomte de Rougé » et érige le tout en marquisat, sous le nom de marquisat de Coëtquen. Ces lettres patentes furent présentées par Jean de Coëtquen, le 15 juin 1580, à la Chambre des comptes de Bretagne pour y

être enregistrées ', ce qui semble n'avoir pas été fait 2.

C'est probablement par suite de cette omission d'enregistrement qu'un siècle plus tard Malo de Coëtquen sollicita du roi de nouvelles lettres patentes. Louis XIV les lui accorda au mois de septembre 1678 et confirma la précédente érection des baronnie du Vaurufïler, comté de Combour et marquisat de Coëtquen 3.

A l'origine, Combour dut évidemment relever des archevêques ou évêques de Dol. « Mais à la faveur des circonstances et surtout de la faiblesse inhérente à un pouvoir débonnairement exercé par des gens d'église, les sires de Combour trouvèrent moyen de s'affranchir presque entièrement de cette suzeraineté ecclésiastique et de porter directement au duc de Bretagne l'hommage presque total de leur seigneurie. Pourtant il resta jusqu'à la fin quelques vestiges du premier état de choses; les barons de Combour ne purent soustraire à la mouvance des évêques de Dol un ensemble de fiefs considérables, répandus clans six paroisses du régaire de Dol; ils restèrent aussi jusqu'à la fin tenus de faire dans la ville de Dol le service de chevauchée et de police, chaque an, pendant la foire Saint-Samson4. »

Le comté de Combour figurait une large bande de territoire descendant du Nord-Est au Sud-Ouest,

•2. Toutefois, d'aurès Mme de la Motte-Rouge (Les Dinan et leurs juveigneurs, 215), ces lettres avaient été enregistrées au Parlement le 12 octobre 157G.

i. A. de la Borderie, La seigneurie de Combour (Bulletin de la Soc. archéol. d'Ille-et-Vil., II, 176). — Nous résumons dans les pages suivantes cette intéressante étude féodale de notre éminent historien breton.

'li

depuis l'embouchure du Couësnon jusqu'à la limite méridionale des paroisses de Dirigé et de Québriac. Elle était bornée au Nord par la mer, à l'Est par la baronnie de Fougères et par la seigneurie d'Aubigné, au Sud par les châtellenies d'Héclé et de Tinténiac, à l'Ouest par le marquisat de Châteauneuf et par le régaire de Dol.

Le corps principal de ce comté se composait de seize paroisses, qui sont, en allant du Nord au Sud et de proche en proche : Roz-sur-Couësnon, Saint- Marcan, Cendres, Pleinefougère, La Boussac, Trans, Cuguen, Lourmaie, Lanhélen, Meillac, Combour, Tréméheuc, Saint-Léger, Lanrigan, Dingé et Québriac. Il est vrai que dans quelques-unes de ces paroisses le duc de Bretagne, le baron de Fougères, l'évêque de Dol et le sire d'Aubigné avaient certains fiefs; néanmoins, à part Dingé, Meillac, Cuguen, Pleinefougère et Trans, « on peut dire que la seigneurie de Combour embrassait dans ses domaines, fiefs et arrière-fiefs, la généralité du territoire des seize paroisses sus-nommées, et encore embrassaitelle certainement la plus grande partie de Pleinefougère et de Cuguen1. »

Mais le sire de Combour avait en outre un certain nombre de fiefs dans dix-huit autres paroisses, savoir en : Epiniac, Carfantain, Saints, Bonnemain, Baguer-Morvan, Baguer-Pican, Saint-Broladre, Cherrueix, Montdol, Notre-Dame de Dol et l'Abbaye-sous- Dol (enclavées dans le régaire de Dol), Vieuxviel, Sougeal, Saint -Ouen- la -Rouairie, Bazouge-la-Pérouse et Noyal-sous-Bazouge (enclavées dans la

1. A. de la Bordcrie, La seigneurie de Combour (Bulletin de la Société archéologique d'Illc-el-Vilnine, II, 176).

barotinié de Fougères), Plerguer (enclavée clans la seigneurie de Châteauneuf) et Saint -Georges de Gréhaigne, dépendant de l'abbaye Saint-Georges de Rennes. En tout trente-quatre paroisses dans lesquelles le comte de Combour avait des droits;

D'après les déclarations du comté de Combour faites au roi en 1580 et 1682, cette seigneurie avait du domaine proche en neuf paroisses, savoir : en Combour, Roz-sur-Couësnon, Saint-Marcan, Cuguen, Lourmaie, Tréméheuc, Saint-Léger, Dingé et l'Abbaye-sous-Dol.

En Combour, c'était « le chasteau et forteresse dudit lieu, terrasses, jardins, écuries, mails, ormaics, cours, colombier, estang, pescheries d'icelui, moulin à eau, chaussée et retenue d'eau, avec droit de mousteaux des habitants de la ville et faubourgs et des autres sujets sous la banlieue; au-dessous de laquelle chaussée est la prairie dudit lieu, dans laquelle la terre du jardin du Grand-Bois est comprise, contenant le tout ensemble 200 journaux de terre ou environ, joignant de toutes parts à terres et fiefs ci-après et au prieuré dudit lieu de Combour; — l'auditoire, les prisons, halles et four à ban; — les haies et garennes estant en la paroisse dudit Combour, où estoit anciennement levée la justice patibulaire à quatre piliers dudit comté, et où sont deux emplacements, l'un d'un moulin à vent, l'autre d'un moulin à draps appelé le moulin Madame; — les prés et rivières de Tramel, contenant 10 journaux de terre, » etc. 1

En Roz-sur-Couësnon, « le manoir et vieil empla-

1. Déclaration de Combour en 1682 (Arclilo. de la Loirc-I inférieure, Domaine de Hennés, XIV, n° 3).

cernent du chasteau de Gaugray, estang, moulins à eau et à vent, avec des bois taillifs et de haute futaie, contenant 30 journaux de terre, joignant au grand chemin Nantois; — des garennes, grèves et salines estant sur le rivage de la mer, pescheries, marais, etc.; — droit de pescheries sur les grèves de la mer depuis Beauregard sous Pontorson jusques à Lislemer (sic) et d'y tenir pentières l aux oiseaux de mer; lesdites pescheries, grèves et pentières prohibitives à tous autres2; » — « droit sur les salines duclit lieu à deux ruches de sel blanc sur chacune; — à laquelle paroisse de Roz est adjointe la chapelle de Paluel-Mauny, dépendant de l'abbaye de Montmorel, en laquelle sont dues plusieurs rentes 3. »

Cette terre seigneuriale de Gaugray en Roz-sur- Couësnon faisait partie des fiefs de Godeheut, qui étaient à l'origine une juveignerie de la baronnie de Fougères, advenue, semble-t-il, au sire de Combour par quelque alliance avec une fille de la maison de Fougères, appelée Godehilde ou Godeheut.

En Cuguen, le comte de Combour possédait « le lieu, terre et seigneurie du Plessix-Espine, prez, bois de haute futaie, auquel il y a deux mottes, en l'une desquelles y a emplacement de maison et forteresse environnée de douves, avec deux estangs et un moulin à eau, domaines et garennes, le tout contenant 80 journaux de terre ou environ 4.

Page 1