Grands filets propres à prendre le gibier
3. Déclaration de Combour en 1580 (Archiv. du château, de Châteauneuf). — Celte chapelle de Paluel-Mauny, aujourd'hui disparue, rappelait les anciennes paroisses de Paluel et de Mauny, appartenant à lévéché de Dol, mais précédemment détruites par l'envahissement de la mer.
4. Déclaration de Combour en 1580 (Arch. du chat, de Châteauneuf).
La seigneurie du Plessix-Espine tirait son origine et son nom d'une famille l'Espine, très considérée au xne siècle dans le pays de Dol; elle avait sous sa mouvance la châtellenie de la Roche-Espine, appelée plus tard la Roche-Montbourcher.
En Dingé, le sire de Combour avait la forêt de Tanouarn et le bois taillis des Champs-Roger, qui allait en quelques endroits jusqu'auprès du grand étang de Boullet, appartenant au seigneur d'Aubigné; ce bois n'avait cependant que 300 journaux d'étendue, tandis que la forêt de Tanouarn « joignant par endroits le lieu où fut autrefois la forêt de Héclé appartenant au roi, et par autres endroits les landes de Québriac et de Tinténiac, » contenait, « avec les landes et pasnages d'autour cinq à six mille journaux de terre ; » d'ailleurs elle était « presque toute plantée en bois taillifs, à l'exception des touffes et des chevauchées qui (étaient) en bois de haute futaie'. »
Enfin le comte de Combour possédait : en Saint- Marcan « la mestairie de la Courtepierre avec estang, moulin, bois, etc.; » — en Lourmaie « 450 journaux de lande; » — en Tréméheuc « 500 journaux de landes et sur l'une d'elles, dite la lande de Rochefort, la justice patibulaire de Combour portée sur quatre piliers; » — en Saint-Léger les landes de Landehuan, mises en culture au xvne siècle et afféagées, plus « un emplacement de moulin à vent et un four à ban; » — en l'Abbaye-sous-Dol un autre four banal « où estoient tenus de venir cuire leur pain tous les vassaux du prieuré de l'Abbaye, » membre de l'abbaye Saint-Florent de Saumur'-.
2. Déclaration de Combour en 1682. — Le sire de Combour possédait,
« Combour, dit M. de la Borclerie, avait du proche fief en dix paroisses, savoir en Combour, Roz-sur- Couësnon, Saint-Marcan, Pleinefougère, Cuguen, Lourmaie, Tréméheuc, Saint-Léger, Dingé et Plerguer. Plerguer excepté, le proche fief de Combour était considérable dans toutes ces paroisses, principalement en Combour, Roz-sur-Couësnon, Pleinefougère, Saint-Léger et Dingé. Ce proche fief se partageait en trente bailliages ou fiefs particuliers dont je citerai un pour son nom, le fief aux Rufiens en Roz-sur-Couësnon, et un autre pour sa nature, celui du bourg de Pleinefougère, mentionné comme suit dans la déclaration de 1682 : « Est dû au seigneur comte de Combour par les hommes et teneurs de la bourgeoiserie dudit Pleinefougère 3 sols monnoie de rente amendables, à la main de son grand sergent en ladite paroisse, par chacun an au terme d'Angevine, par celui des hommes qu'il plaît audit seigneur. » Cette bourgeoiserie comprenait le bourg et quelques champs alentour; c'était une sorte de franchise, car on peut considérer la rente de 3 sols comme une redevance de nulle valeur l. »
Quant aux mouvances nobles du comté de Combour, leur nombre était très considérable puisque la déclaration de 1682 en énumère environ quatre cent quarante. Parmi elles se trouvaient de grandes seigneuries dont les possesseurs relevaient ainsi de Combour; telles étaient le comté de Landal, la vicomte de la Rouairie, les châtellenies de Beaufort, la Roche-Montbourcher et Québriac, les seigneuries
en oulrc, mais sous la mouvance du régaire de Dol, la maison et les terres de Trémehin en Baguer-Pican, — et, sous la mouvance de l'abbaye de la Vieuville, la foret de Bourgoët en Dingé.
de Limoellan, Montlouët, la Villarmois, Trémîgon, le Boishue, Lanrigan, le Plessix-au-Chat, la Guihommcraye, etc., etc.
Le comté de Combour possédait la haute justice dans tous ses fiefs, avec tous les droits en dépendant. Nous venons de voir qu'à l'origine les fourches patibulaires se dressaient clans les garennes de Combour, à quelque distance de cette ville, mais qu'au xviie siècle ce gibet seigneurial, avec ses quatre poteaux, s'élevait sur la lande de Rochefort en Tréméheuc.
Parmi les droits féodaux appartenant au sire de Combour, les suivants semblent dignes d'être notés.
Comme dans presque toutes les grandes seigneuries de Bretagne, on retrouvait à Combour le saut des poissonniers et la quintaine. L'exercice de ces deux droits demande quelques mots d'explication; parlons d'abord du premier.
On sait qu'autrefois l'accomplissement rigoureux du devoir d'abstinence en Carême avait fait naître certains usages facilement transformés en droits féodaux. Ainsi aux fêtes de Pâques, pour témoigner la joie publique d'être débarrassé du régime maigre suivi pendant quarante jours, on jetait à l'eau les marchands de poisson qui avaient si longtemps forcé les fidèles à s'approvisionner à leurs étaux. Il en était ainsi à Combour : « Le lundi des fériés de Pasques, tous les hommes de la ville de Combour et aultres qui avoient trempé et vendu poisson par le minu dans ceste ville au Caresme précédent » étaient tenus de venir « saulter et plonger en Festang dudict Combour, » au grand ébaudissement de la populace; et cela « soubs peine d'amende en cas de défaut, » laquelle amende pouvaient toutefois payer
ceux qui craignaient quelque rhume à la suite de ce bain souvent intempestif1.
Quant à la quintaine elle était due, chaque année, le mardi de la Pentecôte, par tous les nouveaux mariés demeurant en Combour, soit dans le Grand bailliage de cette ville, soit au fief de Beauvais2. Voici en quoi consistait ce droit, véritable exercice d'adresse fort en usage au moyen-âge :
Les hommes roturiers, mariés clans le courant de l'année précédente, se réunissaient devant leur seigneur et ses officiers pour fournir une course, faite le plus souvent à cheval, se dirigeant vers un poteau appelé quintaine. A l'origine, ce poteau supportait un mannequin représentant, dit-on, un turc nommé Quintan3, destiné à recevoir les coups des coureurs, armés chacun d'une lance en bois à pointe de fer. Cela rappelait le temps des Croisades, alors que le Sarrazin était considéré comme le type de l'ennemi mortel de tout soldat chrétien. Mais dans la suite des siècles cette tête de turc fut remplacée par une simple pièce de bois plantée en terre, surmontée de l'écu seigneurial de Combour et munie d'une sorte de planche pivotant sur le poteau et représentant grossièrement les bras du turc primitif.
Les coureurs de quintaine devaient, en passant au galop de leur cheval devant le poteau, le frapper exactement en son milieu, de façon à engager leur lance, qui souvent n'était qu'une gaule ferrée au bout, dans une fente de ce poteau; faute d'y bien frapper, ils faisaient pivoter la planche sur son axe et celle-ci les atteignait eux-mêmes et parfois rude-
•2. Ibidem.