Archiv. d'Ille~et-Vilaine, Etat du diocèse de Saint-Malo
1680 et 1728, il n'en était pas moins déjà dans un assez triste état par suite de la négligence des prieurs commendataires. Depuis longtemps la commencle, en effet, s'était établie à Combour : Dom Armel de Parthenay, décédé en 1434, semble avoir été le dernier prieur régulier. Après lui vinrent les commendataires, généralement fils de grands seigneurs, évoques et dignitaires de l'Eglise, ne s'occupant guère que de toucher la meilleure part des revenus de leur prieuré. Ce furent François d'Acigné y 1509, Noël du Margat, abbé de Saint-Melaine (1516), François Haraon, évêque de Nantes f 1532, Louis d'Acigné, également évêque de Nantes f 1542, Henri de Montredon, archidiacre de Narbonne (1590), André Frémiot, archevêque de Bourges et frère de sainte Jeanne de Chantai (1626), Guillaume Le Gouverneur, évêque de Saint-Malo (1629), Guillaume Jocet, archidiacre de Porhoët f 1666, Jean de la Vieuville, chevalier de Malte (1681), Pierre de la Vieuville, évêque de Saint-Brieuc f 1727 l.
Lorsque ce dernier prit possession en 1705 du prieuré de Combour, voici l'aspect qu'y présentaient les bâtiments claustraux : les fenêtres du réfectoire se trouvaient fermées avec des planches; le dortoir ne contenait que « deux pauvres lits sans couettes ni matelas; » la cuisine, dépourvue de meubles, était étançonnée; le cloître seul demeurait en bon état. On croirait, d'après cela, que les moines n'y résidaient plus ; cependant, au contraire, nous voyons le prieur commendataire nommer, le jour même qu'il constatait cet abandon du couvent,
1. Archives de l'Ille-et-V 'Haine, de la Loire-Inférieure et de l'Indre-et-Loire. — Registre des insinuations du diocèse de Saint-Malo.
Unive »
dom François Couaisnon prieur claustral. Il n'est donc pas étonnant que le relâchement de la discipline monastique, constaté par dom Martène à Combour1, se soit introduit en ce prieuré si misérablement entretenu par les commendataires.
Cependant Mgr de la Vieuville ne fit point restaurer le monastère de Combour, car, à sa mort, Martin du Bellay, alors abbé de Saint-Melaine et plus tard évoque de Fréjus, n'obtint en commende ce prieuré qu'à la condition expresse qu'il réparerait les bâtiments tombant en ruines et qu'il en serait le dernier prieur commendataire, le bénéfice devant rentrer en règle après lui. Malgré cela, Mgr du Bellay agit comme son prédécesseur : il nomma un prieur claustral, dom Gabriel Gaillard, mais se garda bien de relever le prieuré de son misérable état. Il obtint, au contraire, un arrêt du Conseil du roi, — daté du 19 mars 1729 et enregistré seulement le 23 mai 1737 par le Parlement de Bretagne, — l'autorisant à supprimer à Combour les bâtiments réguliers tombant en ruine et par suite la conventualité ; cet arrêt s'appuyait sur un acte de l'abbaye de Marmoutiers, en date du 26 juillet 1723, reconnaissant « l'impossibilité d'entretenir désormais à Combour des religieux obédienciers2. »
A la suite de ces décisions, l'église priorale de la Trinité fut diminuée de moitié, de façon à n'être plus qu'une chapelle ; on rasa les deux petites nefs et on raccourcit la grande nef3; puis l'on congédia