LA PAROISSE
Origines. — Première donation de Notre-Dame aux moines de Marmoutiers. — Luttes des religieux contre les Bouticr, les Le Chat et autres simoniaques. — Existence éphémère d'une paroisse à la Trinité. — Rapports entre le prieur et le recteur de Combour. — Hôpitaux. — Chapelles rurales. — Registres paroissiaux.
La petite ville de Combour s'est formée à l'ombre de son vieux château, comme beaucoup d'autres villes au moyen-âge, mais tout porte à croire que la paroisse de Combour est beaucoup plus 'ancienne que le château de ce nom construit au xi° siècle. Les paroisses créées autour d'un château, par l'entremise de puissants seigneurs, ont toujours été d'étendue fort restreinte, parce qu'elles étaient des démembrements de paroisses plus anciennes : ainsi Bécherel distraite de Plouasne, Lohéac distraite de Guipry, Châteaugiron distraite de Noyai, etc. Combour, au contraire, a eu de tout temps un territoire considérable; au xie siècle ce territoire s'étendait même plus loin qu'aujourd'hui, puisqu'il renfermait Trémeheuc en 1053 K D'après la tradition locale,
1. Monasteriolum quod vocutur Tremahuc in iiarochia que vocatur Comburn. (Bibl. Xalion., Blancs-Manteaux.)
saint Lunaire y prêcha l'évangile au vie siècle; on voit encore au milieu de la grand'rue de Combour la fontaine et la croix de Saint-Lunaire; le culte de ce bienheureux est toujours en honneur dans l'église paroissiale; on y vient vénérer sa statue et les pèlerins se lavent les yeux à sa fontaine; une des plus anciennes et des plus importantes foires du pays se tient à Combour à l'époque de la fête de saint Lunaire '.
Sans faire remonter au vi° siècle la paroisse de Combour, on peut au moins assurer qu'elle fut érigée antérieurement au xie siècle. Une charte nous apprend que le duc de Bretagne Alain III, décédé en 1040, jouissait d'une portion des revenus de l'église Notre-Dame de Combour, c'est-à-dire de la moitié de ses dîmes de grains et de ses prémices2. Ce prince abandonna ses droits à Rivallon, père de Guitmond Le Chat, qui s'empressa d'en faire don aux religieux de Marmoutiers.
De son côté, Rivallon, premier seigneur de Combour, fondant en 1066 le prieuré de la Trinité, donna à ces mêmes moines ce qui lui appartenait à Notre-Dame, c'est-à-dire la moitié du pain offert, toute la cire, tous les deniers et enfin toutes les oblations faites en ladite église de Combour aux fêtes de Noël, Pâques et la Nativité de la Vierge, ainsi que le Vendredi-Saint, jour où l'on venait à Combour adorer la Croix3. Cette mention de la Nativité de Notre-Dame semble prouver que ce jour, grandement fêté à l'instar de Pâques et de Noël, devait être alors la fête patronale de la paroisse.