‹ Combustibles industrielsChapitre 17 sur 118 · CHAPITRE III 80RTA0E DE LA HOUILLB · texte numérisé non relu

CHAPITRE III 80RTA0E DE LA HOUILLB

Catégories. — Goncassage. — Appareils verseurs. — Criblage. — Grilles fixes. — Grilles mobile*. — Grille Briart. — Grille Brice. — Grille Biernaux. — Apporreils à secousses,— Table à secousses.— Crible à tôles superposées. — Cribles oscillants. — Crible Coxe. — Crible Karlick. — Crible Worby Beaumont. — 7rommeb. — Changement des tôles. — Distributeurs. — THage. — Triage mécanique. — Désintégrateur-épurateur Sottiaux. — Reconstitution. — Appareils ^t chargement. — Prix de revient. — Exemple d*installation.

La difficulté chaque jour croissante de la vente des charbons, la concurrence étrangère qui introduit sur le marché des charbons souvent plus purs, la nécessité enfin où sont les industriels de n'employer que des houilles peu cendreuses pour obtenir de leurs appareils à vapeur le meilleur rendement possible, appellent de plus en plas l'attention des exploitants de mines sur le nettoyage des combustibles et les forcent, dans la plupart des pays, à établir des installations plus ou moins perfectionnées de criblage mécanique.

En Amérique, où la main-d'œuvre est réduite au minimum vu sa cherté, on trouve des installations intéressantes au point de vue mécanique. En Angleterre, bien que les charbons extraits soient débarrassés en général des impuretés qu'on laisse dans la mine, il y a quelques dispositions sommaires de calibrage. En France, en Belgique et en Allemagne où les charbons sont plus impurs, les ateliers de criblage sont des mieux installés. Enfin, en Russie, on commence à ne plus vendre le tout-venant tel qu'il sort de la mine et on a déjà commencé à trier les charbons, à en expulser les schistes.

Catégories. — Nous indiquerons les dimensions les plus ordinaires de calibrage des charbons et dirons quelle est l'échelle de ces dimensions suivant les catégories de combustibles.

L*écheUe-type,et en même temps celle qui est la plus simple, esl

une progression de raison géométrique, ainsi qu'il suit : 0 à 5 millimètres, 5 à 15, 15 à 45 millimètres.

A cette échelle plutôt un peu simple, on peut en substituer une autre plus complète qui sera plus favorable à une bonne séparation des produits. Cette échelle sera : 0 à 5 millimètres, 5 à 15, 15 à 30, 30 à 40, 40 à 60 millimètres.

Selon les catégories de charbons on restreint ou on agrandit cette échelle, et dans le baftin fr&nco*belge on admet les catégories suivantes, selon que les charbons sont gras, demi-gras ou maigres.

Pour les charbons gras, les premières catégories vont de 0 à 6 ou de 0 à 8 et 8 millimètres et 1/2. Au-dessus on crible de 8 à i5 ou de 8 et 1/2 à 20. La catégorie suivante est celle des charbons de 10 à 25 ou de 15 à 22. Puis, viennent les catégories de 20 à 40, 25 à 55 ou 25 à 60. Enfin, les houilles de 60 à ISO millimètres^ et même plus.

Pour les charbons demi-gras, les classifications sont plus nombreuses. Comme fines, on fait des catégories : 0 à 8, 0 à 10^ 0 à 25, 0 à 30 et même 0 à 50. Les produits immédiatement supérieurs ■ont 3 à 6, 4 à 8, 0 à 10, 4 à 15 millimètres. Puis, viennent des Ofltégories de 8 à 15, 8 à 18, 10 à 20, 10 à 25, 10 à 30. AuhImsus sont les charbons de 15 à 25, 18 à 30, 20 à 30. Les dernières classir fications présentent de plus grands écarts et se décomposent ainsi qn il suit : 25 à 40, 40 à 60, 40 à 75, 30 à 80, 60 à 150 et 80 à 160 millimètres.

Four les charbons maigres les. catégories, soit inférieures, soit supérieures^ sont les plus nombreuses. On fait des fines de 0 à 3, 0 à 5, 0 à 8, 0 à 50, des produits immédiatement supérieurs de 5 à 10, 6 à 12, 5 à 15, 8 à i5, 8 à 20. Les produits moyens sont les charbons de 10 à 15, 15 à 22, 15 à 25, 18 à 30. Puis viennent les produits sapé-* rieurs de 20 à 45, 22 à 50, 25 à 50, 30 à 50, 50 à 60, 50 à 100, GOà 150, 75 à 150, 80 à 150.

En somme, plus les charbons s'adressent à la petite industrie, et plus les catégorisations deviennent nombreuses. Ceci résulte du fait qu'en poussant plus loin la classification d'un combustible on obtient un triage plus complet, une épuration plus satisfaisante des matières étrangères.

Coaoasttge* ^-* Pour certains charbons, pour les houilles maigres^ pour les houilles barrées, pour les anthracites, il y a lieu le plus sou<vent d'effectuer un concassage préliminaire qui rendra le triage plus

SORTAOE DE IJL HOUtLLK 49

facile on la vente des produits plus rémunératrice. Le calibrage des produits à la même dimension facilite en effet fa combustion et permet de mieux éliminer les parties schisteuses qui sont toujours mélangées aux charbons.

Le concassage se fait à la main ou bien mécaniquement.

Le concassage & la main est analogue au seheidage ou séparation des minerais de leurs gangues. Des iilles ou bien de jeunes garçons font à Taîde d*un marteau des têtes de moineaux^ c'est-à-dire des charbons à 100 ou 120 millimètres qu'ils découpent dans de gros morceaux d'anthracite. En même temps, quand les charbons sont barrés^ c'est-à-dire mélangés de schistes, on peut enlever ainsi les parties schisteuses et le concassage à la main devient une méthode de triage.

Ce concassage coûte cher, quelque faibles que soient les salaires payés aux filles ou aux jeunes garçons qui y sont employés, et il est peu productif. En revanche, il présente l'avantage de donner peu de déchets, 14 à 18 0/0 en général.

Si Ton veut conca«8er de grandes quantités de houille, il faut employer des appareils mécaniques, mais on connaît pen de types vraiment pratiques de concasseurs.

On mettra par exemple les charbons sur une sole tournante audessus de laquelle se trouvent des cylindres animés d*un mouvement de rotation. Ces cylindres sont descendus progressivement de manière à diminuer peu à peu la grosseur des charbons par le frottement dés dents dont ils sont pourvus. Un appareil de telle nature produit peu.

On emploiera de préférence un cône garni de dents le long de ses génératrices et tournant à l'intérieur d'une trémie de forme conique munie de saillies. A l'extrémité de la trémie est une couronne circulaire, garnie de dents, les unes fixes, les autres mobiles. Ces dernières peuvent être rapprochées plus ou moins de l'axe de manière à ca>nca8ser des morceaux de grosseur différente.

Cet appareil servira de dégrossisseur, et celui qui a été décrit plus haut de finisseur. Le déchet qu'on obtient est parfois de 35 0/0. Aussi a-tron avantage à opérer le cassage à la main, quand la pro^ duction ne doit pas être trop considérable.

En Amérique, dans le bassin de Pennsylvanie, on emploie un concasseur composé de deux pignons en fonte trempée dont la distance respective peut être réglée suivant la dureté du

charbon à broyer. Avec ces pignons on obtient une proportion de déchet moindre qu'avec les broyeurs à dents, ce qui est assez aisé à comprendre.

Ce concasseur {breaker), qui est employé aux mines de Drifton (Pennsylvanie), et qui est décrit par M. l'ingénieur des mines Leproux*, donnerait les catégories suivantes d'anthracite et les proportions suivantes de ces catégories.

Morceaux 0,80 0/0

Bateau à vapeur 4,36 —

Cassé \ (i,iO —

CEufs 10,01 —

Poêle i 2,04 —

Noix (Nuls) H,43 —

Pois {Pcas) 9,42 —

Grain de blé (Duckwkcat) n» 1 7,57 —

— — no 2 6,55 —

Appareils verseurs. — L'appareil verseur le plus simple est celui où l'on bascule en bout le wagonnet. Si ce wagonnet, comme cela arrive souvent en Angleterre, est muni de portes mobiles à ses extrémités, il suffit d'avoir une plaque oscillante qui s'abaisse de 40^. Le charbon glisse par la porte ouverte du wagonnet, mais il tombe, en général, tumultueusement et avec fracas, ce qui est nuisible à sa conservation à l'état de grains.

Au lieu d'une plaque supportant le wagonnet et oscillant d*un certain nombre de degrés, on peut employer un culbuteur faisant autour de son axe une révolution complète. Pour réaliser ce mouvement, la disposition est telle que le wagonnet plein aura son centre de gravité un peu au-dessus de son axe de rotation, ce qui le met en équilibre instable. Quand le wagonnet est vide, le centre de gravité se trouve ramené au-dessous de l'axe et le basculeur reprend sa position primitive. L'appareil est brutal et brise le charbon en donnant un nuage considérable de poussière. Il est en revanche peu coûteux d'installation et n'exige aucun organe mécanique pour sa mise en route.

Dans un basculeur de système anglais et d'un principe analogue à celui qui vient d'être décrit, on a cherché à éviter le bris du charbon et à réaliser les conditions suivantes qui répondent à ce desideratum :

i. Bulletin de VIndustrie minéi^ale, 3* série, tome VIIL

SOBTAQE DE LA HOUILLE

1^ Régler le régime de la décharge au moyen d'un frein approprié ;

â"" Décharger le charbon dans le sens de la grille;

3^ N'abandonner le charbon que lorsqu'il arrive au contact de la grille;

4^ L'étaler complètement avant son arrivée sur la grille.

A cet effet, le charbon est retenu par une trappe placée à la partie supérieure du culbuteur [fig. 2). On règle le mouvement de bascule au moyen d'un frein.

Le charbon arrive ainsi doucement dans le sens de la grille. L'appareil revient de lui-même en arrière.

Quelque ingénieux que puisse être ce dispositif, on préfère et on adopte partout le verseur mécanique ou basculeur circulaire.

En principe, ce basculeur se compose d'une cage cylindrique,

Fio. 2. — Appareil verseur oscillant.

Fio. 3. — Appareil verseur circulaire.

à axe horizontal, qui reçoit le wagonnet et le contient entièrement, car elle est de dimension supérieure à ce wagonnet {fig, 3).

52 COMBUSTIBLES INDUSTRIKLS

La cage est constituée par deux couronues reliées Tune à l'autre et supportées par des galets montés sur des arbres parallèles. L*un de ces arbres communiquera le mouvement et fera tourner le système.

On peut ainsi verser le charbon aussi doucement qu'on veut et sans s'exposer à trop de bris, nia la formation d'une trop grande quantité de menus. L'embrayage qui communique le mouvement présente diverses dispositions : galet de friction, frein à vis, embrayage Még^, L'appareil revient de lui-même à sa position primitive, dès que le wagonnet a été complètement vidé. Souvent on emploie un dispositif retardateur du mouvement, de manière que l'appareil démarre à vitesse moyenne et que le mouvement se ralentisse jusqu'à la décharge complète. On arrive ainsi à briser d'autant moins le charbon.

Bien que les manœuvres soient très rapides avec ce basculeur, puisque le wagonnet peut entrer d'un côté et sortir de l'autre, il est souvent nécessaire d'en augmenter encore le débit. A cet elTet on pourra placer plusieurs wagonnets sur le même basculeur. Dans les puits à très grande production, par exemple à la fosse n° 12 des mines de Lens, on emploie des appareils verseurs pouvant recevoir et basculer à la fois quatre wagonnets.

Grand débit et faible bris des charbons, telles sont les deux qualités caractéristiques du basculeur circulaire.

Criblage. — Dès que le charbon a été basculé, on commencera la première des opérations de la préparation mécanique des charbons. Cette opération est celle du criblage^ c'est-à-dire la séparation des combustibles en morceaux de la même grosseur. Elle sera de nature à faciliter la seconde opération, le triage^ c'est-à-dire Tépuration et le nettoyage des produits calibrés.

Le criblage s'opère avec cinq appareils diOérents, qui sont les suivants :

1» Grilles fixes;

2<^ Grilles mobiles y

3^ Tables à secousse ;

4^ Cribles oscillants X

5^ Trommels.

Grilles fixes. — Les grilles fixes sont les appareils les plus anciens. Ce sont aussi les plus simples.

SORTA«C DS LA HOUlLLft if

EUes «e eomposent de iiarreaux longUudiBanx dont récartement et la section doives! être étudiées d'une manière apéoiale.

Les barreaux pleins en fonte ne permettent pas toujours wk% matières de passer automatiquement. 11 faut débourrer fréquemment la grille. Une raeflleure forme de barreaux est celle de la ûgwpe 4. Ces barreaux étant en aeîer , l'usure est moins grande, et le dégagement des mctières s'y fait aisément. Wi W Wi

L'écartement des barreaux varie avec la tiatare m m jp des chaf4)o«s à classer. Ces barreaux ne doivent pas lM: m iM.ètre établis en files uniquement parallèles. Il peut *'«G.4.---FOTTne

^ Q6S DflirrBftUX,

arriver, en effet, qu'une pierre plate et lisse soit dci crilies de entraînée par les charbons et glisse dans une rai- ^" *^®' mire sans la traverser. On dispose donc de plaee en place des barres 'transversales qui arrêtent la pierre et qui, Tobtigeant à sauter, la forcent à se séparer «des menus qui y adhèrent.

Un antre inconvénient est que des mottes de (^rbon peuvent emporter des fines avec elles. Pour éviter cet inconvénient, on £ait en soKe que les charbons tombent d'une faible hauteur en tète de la grille. On opère ainsi une meilleure division des combustibles.

L^incHnaison des grilles doit être telle que les charbons puissent glisser automatiquement sans que Touvrier prenne une râdette po«tr les faire descendre et eda quel que soit le degré d'humidité.

La rouiBe A%& barreaux retardera le glissement. Aussi, le matin, le contenu des premiers wagonnets de charbon versés a-t^il plus de peine à gagner le bas de la grille.

Po«r éviter l'engorgement des grilles on a prepeeé en Amérique de monter les barreaux en porter-faux, de manière •quMls ne soîeni maintenus qu'à «me de leurs extrémités et cpills forment un cône lAongé dont rouverture est dirigée vers l'avant. De cette manière l'élimination du poussier et des catégories de faîfate diamètre se fatt progressivement et 11 se produit aussi moins dlntercalation des charbons eakite les barreaux.

Les grffles fixes sont encore très emplc^yées en Angicterre, mais, leur débit étant iaîlate, en doit en accoler plusieurs à côté les tmes des autres.

£n Freikee, en Bélgiquie et en Allemagne, oâ les instalfathms de préparation tnéeanîque sont plus eoœplètes et bien comprises, les grilles fixes 'se^arvent^eeemne premier appareil éliminatoire des tfts gros noreeamc. Efles sont alors à barreaux écartés de iS à

5i COMBUSTIBLES INDUSTRIELS

15 centimètres et n*ont que 1 mètre ou 1",50 de longueur, les grosses houilles tombant facilement et rapidement au bas de la grille.

Grilles mobiles. — Pour activer la classification des charbons, qui se fait difficilement et irrégulièrement sur les grilles fixes, on a cherché à imprimer aux grilles un mouvement de va-et-vient qui puisse faciliter le tamisage des charbons.

La plus ancienne en date des grilles mobiles est la grille Briart.

Orille Briart. — Cette grille est formée de barreaux inclinés à 8 ou 10^, fixés à deux bâtis mus par des excentriques ou par des arbres coudés. Les deux séries de barreaux sont mobiles dans les derniers types créés et sont commandées par le même arbre moteur. De la sorte on obtient le môme effet avec une course moitié moindre que dans le cas où une partie seulement des barreaux serait mobile.

La force nécessaire au fonctionnement d'une grille longue de 2*^,50 à 3 mètres, et dont les barreaux sont écartés de 40 à 50 millimètres, est de 2 chevaux au maximum. L'efl'et utile est de 100 tonnes à l'heure.

Le criblage est bien net avec cette grille, car les produits sont absolument séparés de toute partie menue. La grille permet de réduire au minimum la hauteur verticale nécessaire au criblage, elle fonctionne sans bruit et ne donne pas lieu à des chocs ou à des vibrations trop considérables.

En revanche, lors du calibrage, des morceaux allongés peuvent traverser la grille et se mélanger à des morceaux beaucoup moins gros, ce qui empêche le classement d'être parfait.

En outre, Tappareil, excellent pour des charbons durs ou d'une dureté moyenne, convient moins pour des charbons friables. Il en est de même pour les catégories inférieures à 40 millimètres.

Toutefois, l'emploi de la grille Briart est assez répandu en France et en Belgique. En Amérique, on en fait également usage, mais le plus souvent les bari:eaux oscillent vers le centre de leur longueur, de telle sorte que Famplitude des oscillations est plus grande dans un sens que dans l'autre et que les éléments de la grille décrivent une ellipse dont les axes auront, par exemple, 76 et 38 millimètres.

Orille Brice. — La grille Brice diffère de la grille Briart en ce sens que les barreaux, au lieu d'être groupés par rangs pairs et par rangs impairs pour être soumis aux mêmes oscillations reçoivent

SORTÂGE DE LA HOUILLE

tous un mouvement de soulèvement différent, ce mouvement étant donné par un arbre à coudes multiples. L'ensemble de la grille forme ainsi une surface ondulée qui facilite le classement du charbon. On évite aussi le cisaillement des charbons.

■ti{i|:*^ /\ï M 'M l|. ^1: 1 ' ■,4lli ly Lj^ H^ &d di i.

Fio. 5. ^ Grille mobile des mines de Béthune.

Orille Biernaux. — La grille est une chaîne sans fin constituée par une série de barreaux en fer et s'enroulant sur des tambours polygonaux.

Sur deux longeroûs inclinés de 17 centimètres par mètre, on disposera des rouleaux de 80 millimètres de diamètre et ménageant

56 COMBVS7JBL&S INDUSTAlfiLS

entre eux un vide de 40, 60 ou 80 nûllimètres suirant le genre da classification ado]^ dans T atelier. La chaîna forjaée par ces raoleaux s'enroule sur deux tambours polygonaux deSO centimètres de rayon et écartés de â^^^iO d'axe en axe. Les tambonra tournant à rai^ son d'un tour et demi par minute, la chaîne se meut avec une vitesse de 55 millimètres par seconde. Deux cames secouent continuellement le système, afin de favoriser le tamisage.

La grille Biernaux a été transformée et est appliquée de la façon suivante aux mines de Béthune {fig. o).

Perpendiculairement aux rouleaux, et en dessous de ceux-ci, se trouve disposée une «érie de barreaux plats de 160 sur 20 laissant entre eux un intervalle de 80 millimètres, par exemple. L'ensemble peut tourner autour d'un axe placé à l'extrémité inférieure des barreaux, tandis que la partie supérieure des mômes barreaux reçoit un mouvement de haut en bas par deux excentriques cames. Le mouvement estréglé de manière que les barreaux viennent afflenrer les rouleaux supérieurs, et qu'ils ne s'abaissent pas an-demous de l'axe de ces rouleaux. C'est, en somme, une grille à trous de 80 millimètres au-dessus de laquelle le charbon ^it entraîné par des rouleaux. Les morceaux longs et étroits, ayant plus de 80 millimètres, ne pourront, en aucuae façon, conune dans la grille Briart, traverser la grille, car ils sont retenus par l«s Touleanx d'abord, par les barreaux ensuite. ïl ne peut pas y avoir non plus cisaillement. Enfin, l'appareil fonctionne sans choc et sans bruit.

Cette grille, connue la grille Biernaux d'alUenra, exige une force motrice assez considérable.

Grille Distl-Susk^. — Cette grille {fig. 5 bit) se compose d'une série d'arbres mobiles parallèles et nranis de fiaaques à section de tronc de cône gui forment les harreaux de la grille. Quand les arbres tournent sons Faetion d'engrenages placés de chaque côté de la grille, ib sovlèveitt le gros charboa et le font airaacer jusqu'à l'extrémité de la grille, tandis que le fia pause aatia .les arbres et entre les flasques de ces arbres.

Le mécanisme de eommalide nécessite toute une série de roues d'angle et de pignons; mais l'usure n'en serait, paraît-il, pas très grande, parce que l'effort moteur à développer est peu considéraMe.

Le rendement pourrait atteindre MO tonnes de chaînon classé h l'heure.

AppA.R«n.8 A. SECOUSSES. — Lcs appareils qnivontétre décrits pos-

SORTAû£ DE LA HOUILLB

sèdeat tous un mouvement de va-et-vient, soit longitudinal, soit transversal. S'ils se composent d'une seule tôle classificatrice, ce sont des tables à secousses. Si les tôles sont superposées, ce sont des cribles à secousse ou des caisses criblantes.

Fio. 5 bis. — GrUie Dùtl-Sosky.

TaUe à secousses. — La table à secousses estformée d'une tôle per^ forée à trous ronds inclinée de 4 à 10''. On donne quelquefois aux trous la forme carrée, afin de diminuer le rapport des espaces pleins ^ux espaces vides et d'augmenter la surface tamisante. Mais le calibrage des produits n'est pas aussi parfait, car le carré a l'inconvénient de présenter deux dimensions différentes, l'une suivant la diagonale, l'autre suivant les côtés. Aussi, dans le commerce, fait-on une distinction entre les criblés trous ronds ou trous carrés, ainsi -que nous le dirons plus loin.

L'épaisseur de la tôle est de 1 à 5 millimètres suivant le diamètre 4es trous. Elle doit être suffisante pour résister au poids des matières à classer. Il ne faut pas avoir une épaisseur trop grande, car la table serait lourde à mettre en mouvement, et les produits pourraient se ^ncer si la tôle était trop épaisse.

Le mouvement longitudinal (/î^. 6) est le plus généralement adopté. Sur la table inclinée, la grenaille descend sous l'action combinée de la pesanteur et du mouvement de va-et-vient. On classe ainsi des grains de 45 millimètres, la grille Briart convenant, au contraire, pour les dimensions supérieures.

Si le mouvement est transversal, le charbon ne descend que par TeiTet de la pesanteur. Il reste ainsi plus longtemps, il parcourt toute

la largeur de la table, et Ton peut, par conséquent, diminuer la longueur de cette table sans nuire à la bonne séparation des produits. Parfois, dans ce cas, il faut diminuer les vibrations inséparables du mouvement. On emploiera à cet effet des pistons à air comprimé formant ressorts comme dans le brevet américain de James Pollock. Ces tables à mouvement transversal conviennent pour les catégories de 15 à 45 millimètres.

Fio. 6. — Table à secousses (élévation et plan).

Il est important de bien déterminer le nombre des secousses à la minute. Plus la table est grande, moins on donne de secousses. Mais à de grandes tables seront certainement préférables des appareils de dimensions plus restreintes donnaixt un grand nombre de petits coups. Le classement augmente en effet avec la vitesse. Une table de 3 mètres carrés, par exemple, sera sans grand effet pour 100 secousses de 15 à 20 centimètres, tandis qu'à 120 pulsations de môme amplitude, le déplacement et, par suite, le classement des matières sera plus rapide.

gORTAGE DE LA HOUILLE 59

Ceci B^appliqne à descharbons secs. Pour des charbons humides, les difficultés de classement sont plus grandes, et il vaudra mieux, en général, employer le trommel, notamment le trommel à circulation d'eau.

Une dernière amélioration qu'il est bon d'introduire dans la construction des tables, c'est de leur donner une forme curviligne pour compter la projection des grenailles charbonneuses sur les parois, et production d'une trop grande quantité de fines.

Cribles à tAles superposées.— Quand, dans la préparation mécanique des charbons, on veut réaliser un grand nombre de catégories, il vaut mieux avoir des tôles perforées superposées, plutôt que de mettre sur une même table à secousses des tôles à trou d'un diamètre décroissant. La longueur de l'appareil est moindre et le classement plus parfait, plus rapide aussi.

Les tôles superposées auront par exemple des trous de 5, iâ et 25 millimètres. Mais ellesne seront pas toutes animées de la même vitesse. Si, en effet, les produits classés diminuentsuccessivement de diamètre, ils exigeront une vitesse croissante pour se classer à mesure que leurs dimensions se réduisent. Ainsi, les secousses, varieront, comme nombre et comme amplitude, de la manière suivante, pour les trois dimensions de tôles que nous venons d'indiquer :

Tôle à troui Tôle à troni Tdle à troui

de 5-" de 12** do 2ô**

Nombre de secousses lalé- | j^^q ^ ^g^ ^20 iOO

raies S

Amplitude des secousses. . 0,008 à 0,010 0,010 à 0,012 0,012 à 0,015

Pour obtenir une vitesse variable des différentes tôles, il suffit de les placer sur des cadres différents et non plus sur un cadre unique. Des tôles inclinées à 10^ sur l'horizontale peuvent en dix heures classer 350 à 400 tonnes de charbon, aux dimensions 0, 5, 12, 25. Leur longueur sera de 2",50 à 3 mètres ; leur largeur, 1",50. Le travail se fait à sec, à condition qu'un homme nettoie de temps en temps avec un balai la surface des tôles.

La commande se fait par deux bielles attelées, d'une part, sur un arbre coudé ou sur deux excentriques et, de l'autre, reposant sur deux tourillons fixés aux longerons. La suspension a lieu par des tiges ou par des chaines.

Le poids du crible étant assez grand et le nombre des oscillations assez considérable, il en résulte des vibrations très fortes pour le

GOilBITSTIBLBS INDtnBTUKLS

bâti. Les ineoinréiiieiifs de ces ribrations se eaaçoiweat aiiréiiieiit,et <m a chereké à j remédier.

On place des votants très lourds sar Farbre da erible. On forme aussi les paliers de Farbre avec des pièces de bois dont les extrémités seules scmt prises dans la maçonnerie et dont réfawtieité diminue les vibrations. Enfin on rend le eribie le plua léger possible en employant des tâlea assez minces. Ces disposHioDS sont celles qui ont été étudiées aux mines de Decize.

Fio. 7. *- Crible à tôles superposées équilibré.

On peut aussi avoir deux cribles attelés en sens contraire sur le même arbre avec excentriques de commandes calé» à 180^. Une idée similaire consistera à subdiviser le crible en deux parties suivant la hauteur {/îg, 7), la moitié supérieure portant les premières grilles et la partie inférieure portant les autres. Chacune des parties est actionnée par des excentriques calés à 180** sur le môme arbre. Cette disposition a donné de bons résultats au puits Mars des Houillères de Saint-Étienne.

(Mbles oscillants. — Nous désignerons sous ce nom les appareils à mouvement giratoire ou circulaire. Les principaux représentants de ces appareils sont le crible Coxe, le crible Kariick et le crible anglais Worb'y Beaumont.

Crible Coxe. — Ce crible, d'invention américaine et dû. à Eckley B. Coxe, est aujourdliui assez répandu, car son débit est considé-

80&TA0E DE LA. HOUILLE

nhle. On construit notamment des petits appareils à main de ce type qui rendent des services signalés.

La caisse criblante (flg. 8) formée, comme précédemment, de tôles superposées, repose snr an bâti à Taide de quatre galets ayant la forme d*un double cône. Ces cônes, en roulant sur leurs faces, font écrire au crible une circonféreneet ei tiMitos les malîèrcft déposées sur le crible participent à ce mouvement.

L^amplitude de Toscillation du crible^ e'est-à-dire le diamètre du

Fio. 8. — Crible Goxe.

cercle décrit par chaque point est fonction de la longueur œ de Taxe des galets et de Fangle a que fait cet axe avec Thorizontale, et Ton peut écrire la relation :

$ = 2x cos a,

OÙ S est le diamètre des oscillations circulaires. En général, on fixe pour ô une valeur de 100 millimètres. On choisit, d'autre part, ï'angle du cône. On en déduit par suite la longueur de Taxe de ce cône.

Lee galets doivent être guidés dans leur mouvement, afin de résister à Tentraînement que produirait la force centrifuge. On empbie diverses diqiositioiie que montre la figure 9.

Il tut éfalemeiit féeieter à Taetion de la force centrifuge snr l'en-

semble du crible. Dans les premières installations, on fait usage, comme pour les caisses criblantes, de contrepoids placés sur Tarbre moteur. On préfère aujourd'hui équilibrer les vibrations en accolant deux criblesjumeaux comme on accole deux caisses à secousses. On emploie cette disposition avec quatre arbres de commande,

dont deux sont placés suivant la longueur et les deux autres suivant la largeur.

Les arbres placés suivant la longueur sont ceux qui communiquent le mouvement au crible. Quant aux arbres latéraux, ils reçoivent à leur tour leur mouvement des deux premiers arbres à Taide de courroies; mais

Fio. 9. — Modes divers de guidage des galets du crible Coxe.

les poulies de commande de ces arbres sont munies de contrepoids de manière à contre-balancer les effets de la force centrifuge. La disposition des courroies est telle que Tune passe sur les arbres longitudinaux et sur l'un des arbres transversaux, tandis que Tautre passe sur les poulies des quatre arbres.

Le crible Coxe est doué ainsi d'un mouvement parfait pour le classement des produits. Toutefois, dans le mouvement rapide de giration du crible, le charbon est projeté contre les rebords verticaux, et il en résulte un certain bris du charbon.

Le débit d'un crible Coxe est fonction de la pente des tôles, du diamètre des tours et du nombre de tours de l'arbre moteur. Un crible de dimension moyenne peut passer 25 à 50 tonnes à l'heure, la vitesse étant de 150 tours.

Crible Karlick, — Le crible Karlick a reçu un certain nombre d*applications en Allemagne.

Ce crible est, comme les précédents, formé de tôles perforée? superposées. Sous chaque tôle perforée se trouve une tôle pleine qui conduit les produits classés vers la partie supérieure de la surface tamisante suivante.

La suspension du crible se trouve en un point assez élevé, ce qui réalise en quelque sorte un mouvement pendulaire. La hauteur du châssis en fer qui supporte le crible est assez variable. En général, on adopte 8 à 10 mètres.

La figure 10 représente le mode de suspension.il consiste en une tète de rivet traversée par une tige filetée reliée à la charpente du

80RTAGB DE LA HOUILLE

crible. Un écrou permet de monter ou de descendre le caisson pour faire varier Tamplitude des oscillations.

Afin de rendre le mouvement parfaitement circulaire, une tige horizontale roulant sur un galet et glissant par frottement est placée sur le côté de Tappareil.

Un crible de 2 mètres carrés de surface traitera 35 tonnes àTheure et nécessitera une amplitude de mouvement circulaire de 15 à 20 centimètres.

Le crible Karlick donne un meilleur calibrage que le crible Coxe. 11 est, d'ailleurs, celui qui se rapproche le mieux du mouvement réalisé dans un crible à main, puisque, en même temps qu'il tourne, il peut s'incliner successivement dans tous les sens. Mais, à cause de son installation coûteuse, son emploi ne s'est '"H^ pas répandu dans la pratique.

Crible Worby Beaumont.

— Ce crible est à mouvement giratoire de faible amplitude et de grande fréquence, de telle sorte qu'une ouverture se présente rapidement devant

Pio. 10. — Crible Karlick.

chacun des morceaux qui doivent passer au travers du crible. L'appareil est surtout destiné au triage des petites sortes de charbon.

Le crible aura 6°',10 de longueur et 1™,50 de largeur. 11 pèse 1. 300 kilogrammes. Suspendu par quatre tiges flexibles, il est actionné par un arbre muni d'une très petite manivelle. Cet arbre est relié à celui de la poulie motrice par un joint universel, les deux arbres n'étant pas dans le prolongement l'un de l'autre pour que le mouvement ne soit pas absolumecit uniforme. La vitesse de rotation est de 380 tours à la minute et la course 42 millimètres. On classe ainsi de 4 à 500 tonnes par journée de dix heures.

Crible Schwidtal. — Le crible Schwidtal [fig, 10 bis) est une

CiOMBUSTIBLES INDUSTRIELS

modification et peut-être une amélioration du crible Coxe, en ce sens qu'il donnerait moins de vibrations que celui-ci.

Les caisses filtrantes sont suspendues deux à deux à des tiges oscillantes, de telle manière que la caisse supérieure repose sur la partie supérieure de ces tiges et la caisse inférieure sur la

partie inférieure des tiges. De la sorte, on tend à équilibrer le mouvement des deux tables à secousses qui composent le crible.

Les tiges sont suspendues en leur centre à des poutres en fer qui composent le bâti du crible.

Ces poutres sont assez légères, étant donnée la

compensation des mouvements de réaction. Les tiges oscillent dans des coussinets sphériques analogues quel-

FiG. 10 bis. — Crible Schwidta!. — Vae par côté.

que peu aux cônes de suspension des cribles Coxe.

Des cribles de ce système fonctionnent depuis plusieurs années en Silésie. Ils ont l'avantage d'être très légers et, à une vitesse de 125 tours à la minute, leur rendement est élevé, car on peut avoir des tôles d'un grand diamètre, étant donnée la suppression partielle des vibrations.

Crible sasseur Ratel TaSard— Cet appareil est une caisse filtrante d'une nature spéciale et présentant sur ses semblables quelques avantages particuliers. L'inclinaison des tôles perforées n'est pas la même pour toutes les catégories de charbon ; elle est plus faible pour les gros et plus grande pour les fins, ce qui est assez rationnel, puisque Tévacuation des produits se fera aussi vite pour l'une et pour

80RTA0E DE LA HOUILLB 63l b

Taiitre des catégories. D'autre part, latoogaenr des tôles est croissante avec la diminution de grosseur des grains, ce qui permet de Yoir les tôles inférieures et de suivre tes opérations svr toutes les tôles à la fois. Les produits classés s'échappent par des couloirs latéraux.

Le mouvement est constitué par deux composantes. Tune verti> cale, Tautre transversale, ces deux composantes fonctionnant simultanément ou bien pouvant être rendues indépendantesTune deFautre.

Une came fixée sur Farbre moteur imprime à l'appareil le moo^ vement de bas en haut, le crible retombant de son propre poids sur un butoir muni de rondelles en caoutchouc.

L'arbre moteur communique par engrenage le mouvement à un arbre parallèle muni de cames ou d'excentriques. On peut à volonté :

1^ Supprimer les secousses latérales par déclenchement de Tengrenage;

2^ Produire deux secousses latérales pour une secousse perpendi* culaire en prenant des engrenages égaux ;

3^ Enfin produire un nombre quelconque de secousses en prenant des engrenages inégaux et en donnant à la came un nombre quelconque de bossages.

On règle ainsi Tappareil pour les diverses catégories de charbon. Une fois réglé, il continue automatiquement son classement.

Jusqu'ici cet appareil n'est encore que dans la période d'expérimentation, mais il était intéressant de le signaler, étant donnée Toriginalité de son principe.

Trohm£ls. — Le trommel, très employé dans les usines de lavage, lest beaucoup moins dans les ateliers de triage. C'est un bon appareil classeur, mais il présente l'inconvénient de briser les charbons.

Le trommel sera simple ou composé.

Trommel simple. — L'axe du trommel simple est horizontal, mais l'enveloppe présente une certaine conicité, de telle sorte que les matières glissent suivant un angle de 10 à 30 degrés. Si le trommel est au contraire cylindrique, son axe sera incliné sur l'horizontale pour permettre la descente des produits {/îg, il) . Les matières descendent ainsi par la pesanteur. Quant au mouvement de rotation, il sert plutôt à renouveler le contact entre les grains et la tôle perforée.

Cette tôle perforée aura des trous de diamètre croissant, de sorte que toutes les matières passent d'abord sur la tôle la plus fine, ce qui est une cause d'usure pour cette tôle.

On donne aux trommels une grande longueur; l'avantage est d'augmenter le frottement des grains et l'inconvénient de produire plus de poussiers. Les trommels sont aussi à grand diamètre, mais il

n'en résulte pas pour cela un surcroît de force motrice, car il n*y a jamais que le quart de la surface totale utilisée pour le tamisage. En revanche le remplacement des tôles pour de si grands diamètres est difficile et onéreux.

La vitesse de rotation d'un trommel est faible, car, si elle augmentait dans une trop grande mesure, les matières seraient projetées de tous côtés par la force centrifuge et le classement ne serait plus aussi parfait. En général, on adopte comme vitesse dix tours à la minute.

Quelquefois on place à Tintérieur des trommels des hélices en tôle^

Fio. 11. — Trommel simple à axe incliné.

afin d'obtenir un meilleur classement en retardant la descente desmatières. On peut, au contraire, avoir une vis pour activer la descente des produits. Le mieux est de donner aux génératrices une pente uniforme de 4 centimètres par mètre pour obtenir cette descente.

Trommel composé. — Le trommel composé (fig. 12) est formé d'enveloppes concentriques, espacées de 20 centimètres environ et garnies de trous de diamètres décroissants. On réalise ainsi des appareils moins longs et d'un diamètre moindre, quoique présentant une puissance de classement plus grande.

Toutefois, les trommels à tôles superposées forcent le charbon à parcourir des chemins plus longs que dans le cas du trommel simple. Ils cassent davantage ce charbon.

SORTAOE DE LA HOUILLE

On peut en conclure que l'emploi des trommels est à rejeter quand on veut classer des combustibles friables ou moyennement durs. En revanche, si Ton veut séparer franchement les menus d'une qualité de charbon assez dure, le trommel est alors le meilleur appareil.

Pour des anthracites durs comme les qualités de Pennsylvanie, le

Fio. 12. — Trommel composé h deux tôles.

trommel peut rendre des services. Mais, comme, lors du classement, il se produit une certaine quantité de poussier, on emploie la disposition suivante que représente la figure 13. A l'intérieur du trommel se trouvent des brosses qui nettoient constamment les tôles perforées. Ces brosses sont placées sur des tiges qui portent également des palettes destinées à brasser le mélange.

Les tiges des brosses qui sont fixées sur un arbre animé d'un mouvement inverse à celui du cylindre, peuvent être allongées ou raccourcies, de manière

à placer les brosses et les palettes à une distance convenable des parois du trommel.

CSiangement des tôles. — La difficulté du changement des tôles des trommels, dont nous avons parlé plus haut, est la même avec tous les appareils classeurs. Pour remplacer une tôle, il faut en général enlever toutes les autres, ce qui est une grosse perte de temps.

Aux Houillères de Saint-Ëtienne on emploie une disposition avanta-

FiG. 13. — Trommel avec brosses de nettoyage des surfaces.

GOMBI78TZBLB8 INDUSTRIELS

geme qviBnppniae en grande partie la perte de temps. Le dispoeîtir est appliqué à une caisse criblante.

Dans Tun des longerons du crible sont percées de longues fentes permettant de retirer les tôles et d'en introduire d'autres. Celles-ci glissent sur de petites cornières à la façon dra tiroir et sont pourvues de poignées servant à les manœuvrer de Texlérieur. Pour bien fixer les tôles sur le cadre, des verrous sont disposés en des points convenables et ouverts ou fermés à l'aide de poignées placées sur les longerons. On peut ainsi remplacer très rapidement les tôles, si elles sont hors d'usage ou si Ton veut changer la nature du sortage des produits.

Distributeurs. — Avec les grilles fixes les distributeurs ne

QïbiLa

Fio. 44. — Distributeur de charbon.

Fio. 15. — Distributeur avec toile de transport.

sont pas nécessaires; il suffit d'ouvrir de temps en temps une

vanne pour que le charbon descende et soit trié.

Dans le cas des cribles mécaniques, il faut, au contraire, régulariser l'arrivéo du charbon sur l'appareil de triage. On emploie alors des distributeurs de divers types.

Le plus simple de ces distributeurs est un rouleau qui, au repos (Voir fig, 14), tient lieu de barrage au bas d'un couloir incliné à 30° formant suite à la trémie de chargement. Quand 1p rouleau se

Fio. 16. — Autre distributeur avec toile de transport.

SORTAGE DB LA HOUILLE ft7

met en mouvement» il entraine le charbon et le déverse sur Tappareil de triage. Un rouleau de 60 centimètres de diamètre tournera, ainsi qu'à Commentry» à raison de 1,75 tour par minute.

Aux mines de Lens et de Béthune on emploie une toile sans Gn, {fig, 15 et 16) en chanvre ou en caoutchouc, d'un mètre de longueur s'enroulant sur deux tambours de 60 centimètres de diamètre. La toile est inclinée à 10 ou 12^ et se meut à une vitesse uniforme de 4 à 5 centimètres à la seconde. Ce mode de distribution ne convient qu'à des grosses extractions, car il est susceptible d'entraîner une grande quantité de charbon.

On peut aussi utiliser comme distributeur un grand cylindre en fonte. On disposera au besoin sur le cylindre des cornières ayant pour but de faciliter l'entraînement des matières.

Mais si le distributeur est trop compliqué ou trop lourd on augmente sans raison la dépense de force motrice, et l'avantage ne parait pas aussi grand qu'on semblerait le désirer.

Triage. — Le triage, c'est-à-dire l'enlèvement des pierres contenues dans les charbons, s'opère soit sur des tables fixes, soit sur des tables mobiles.

Le triage sur tables fixes est assez lent, mais il est le plus parfait. Aux mines de Montrambert on place à la suite du crible une ^rêrme^ table horizontale sur laquelle les trieurs étendent le charbon en couche mince et le retournent constamment pour en retirer les pierres. Le triage achevé, la table peut osciller ^^ Px^J ^^^

autour d'une charnière de ma- ^^^^ Ym&a '■-^Charbons triés

nière à décharger son contenu yiq. 17. — Triage sur table mobile.

dans un wagon (flg. 17). Au

puits Ferrouillat des mines de Montrambert on éliminerait ainsi en pierres 10 0/0 du poids total du combustible.

Quelque parfait que puisse être le triage sur table fixe, on préfère partout le triage sur table mobile, et ce dernier système est à peu près général dans tous les charbonnages. '

On a bien fait à ce mode de triage diverses objections. On prétend que les pierres passent sous les yeux du trieur trop vite pour qu'il

ait pu les apercevoir. Ceci serait vrai pour une personne mal exercée à ce mode de travail. Il suffît pour se convaincre du contraire de voir la dextérité avec laquelle les trieurs (et les femmes sont surtout habiles en ce cas), enlèvent les schistes mélangés au charbon, tout en causant et pensant à autre chose. Si les charbons sont très sales, le personnel devra assurément se précipiter en masse sur la toile de transport pour être sûr d'en enlever toutes les impuretés. Dans ce cas, d^ailleurs, le mieux est de débrayer la table pour arrêter son mouvement, ce qui est toujours facile.

Les toiles de transport sont métalliques ou bien faites en chanvre.

Les toiles métalliques seront constituées avec des barreaux de fer rond pour les gailletterîes. Les barreaux, espacés de 60 à 80 millimètres afin de laisser passer les menus qui adhèrent aux gailletteries, sont mis en mouvement par une chaîne de Galle.

Pour les gailletins et les fines, les toiles sont formées de tôles pleines et juxtaposées qui s'enroulent sur des tambours polygonaux mus par une chaîne de Galle. On aura, par exemple, des tôles articulées de 20 centimètres de longueur et de 60 à 90 centimètres de largeur.

Les toiles de transport en chanvre sont constituées le plus souvent avec de vieux câbles d'extraction. Il faut alors compter avec rallongement de ces câbles et donner au bâti des rouleaux de retour un certain jeu par rapport à celui des rouleaux moteurs, ce que l'on réalise au moy^n de tendeurs à vis. Avant leur emploi, les vieux câbles doivent être bien séchés afin de diminuer d'autant l'allongement ultérieur. La toile étant composée de plusieurs tronçons de câble, ces tronçons doivent être rigoureusement égaux et également séchés. Ils sont cousus ensemble, afin que le poussier ne passe pas à travers les vides qu'ils pourraient laisser entre eux.

Pour diminuer la flexion, on fait reposer les câbles sur des rouleaux en bois de 20 centimètres de diamètre distants de 1 mètre d'axe en axe. Quant aux rouleaux d'extrémité, il faut les placer à 35 centimètres au-dessus du plancher, de manière que la poussière de charbon qui s'accumule sur ce plancher ne vienne pas encrasser les axes des rouleaux.

Les toiles en chanvre sont moins économiques et exigent plus d'entretien que les toiles métalliques, car elles doivent être remplacées au bout de deux ans et demi en général. Elles ont l'avantage, en revanche, de conduire les charbons sans les faire sauter et de

80RTAGE DE LA HOUILLE G9

diminuer la hauteur de chute sur Tappareil de chargement. Elles empêchent, par suite, le bris du combustible.

En Amérique, dans le bassin de Pennsylvanie, on emploie pour le triage des appareils spéciaux consistant en longs couloirs inclinés disposés trois par trois. Les couloirs latéraux reçoivent les charbons impurs, et le couloir central emporte les morceaux triés.

Un gamin placé au point d prend à mesure le charbon dans le couloir a et le pousse vers le couloir c, tout en le débarrassant des pierres {fit/, 18). Ce dispositif exige un nombre considérable de trieurs, et la main-

d*ceuvre est considérable, (■■■■ ■■■■ ■ ^

ce qui est assez étonnant

pour l'Amérique. Kv ^sr-^ ^v ^^ '^ ^.r^ v^ v^ ^^ s

Quel que soit le genre ^\^\\\\>^yX\^\A>^de triage adopté, on enlève bien souvent avec Fio. 18. — Appareil de triage américain, les schistes des charbons

barréSy c'est-à-dire des morceaux de houille où sont interstratifiés des schistes. Ces produits doivent être cassés pour en retirer le charbon pur. Cette opération se fait à Taide de marteaux pointus dans un atelier spécial de déschistage, si la quantité de charbons barrés est considérable. Les morceaux sont cassés au-dessus d'une grille à barreaux peu écartés. Le menu ainsi recueilli contient le plus sou* vent une grande quantité de charbon.

Triage mécanique. — Les Américains, dans le but de supprimer une partie de la main-d'œuvre de triage, ont imaginé ce qu'ils appellent un triage automatique à l'aide d'appareils spéciaux.

Le principe sur lequel sont basés ces appareils est le suivant. Si, sur une surface inclinée, on fait glisser un mélange de charbons et de schistes, les schistes qui présentent presque toujours des clivages plats, adhéreront plutôt à la surface de glissement. En frottant contre cette surface, les schistes descendront d'un mouvement uniforme, tandis que les morceaux de charbon prendront une certaine accélération due à la pesanteur. Si, d'autre part, on place sur la surface inclinée une fente longitudinale, les schistes passeront par cette fente. Les schistes seront bien mélangés de charbon, mais tout ce qui, animé d'un mouvement accéléré, passera au-dessus de la fente sera du charbon pur.

On réalise ce principe de diverses manières.

Le premier moyen est indiqué par la figure 19. La surface de la table

Fio. 19.— Triage automatique des schistes.

de triage est partagée en trois parties par trois fentes longitudinales au droit desquelles sont des cylindres animés d'un mouvement de rota*

tion . Les schistes passent à travers la fente, ^rj tandis que les cylindres, par leur mou-

^^^ vcment, s'opposent au tamisage des char-

^^ bons qui auraient tendance à s'échapper.

Un autre système est représenté par la figure 20. C'est une succession de plans inclinés disposes à angle droit. Les côtés les plus longs servent de plan de glissement pour le mélange des charbons et des schistes. Les plus courts comportent une ouverture où peuvent passer les

scliistes. ___^__

On peut d'ailleurs appliquer ce principe mécanique de classement à une table à secousses. On formera alors la partie supérieure delà table, avant les tôles à trous, de tôles ayant la forme indiquée par la figure 21. Les schistes viendront buter sur les aspérités de cette tôle et passeront par les orifices qui y sont ménagés.

On a imaginé des séries d'appareils, tous plus ou moins parfaits fondés sur le même principe. On a varié à l'infini l'enchevêtrement des surfaces et placé

en gradins successifs des grilles à barreaux coniques, à l'extrémité desquelles les charbons passaient sur d'autres grilles, tandis que les schistes, animés d'une vitesse moindre, tombaient dans l'intervalle des deux grilles. On a disposé aussi sur la surface d'un trommel une série de barreaux longitudinaux, de telle manière que les barreaux extérieurs fussent placés en face des vides des barreaux intérieurs et que les schistes pussent passer à l'extérieur du trommel, tandis que les charbons restaient à l'intérieur.

Fio. 20. — Autre appareil de triage autumatique.

Fm. 21. — Tdle d'une table i

secousses pour triage automatique des charbons.

SORTA6S DE lA HOUILLE

M. Allard de Chatelineau (Belgique) a imaginé un épierrage automatique d'un genre analogue à ceux qui fonctionnent en Amérique.

Son appareil (fig, 21 ter) consiste en une grille mobile munie de barreaux ayant la forme d'un  très allongé. Les arêtes inférieures des barreaux vont en se rétrécissant vers Tavant, tandis que les arêtes supérieures sont parallèles, mais sont plus élevées à Tavant

Fio. 21 ter, — Grille Allard pour épierrage automatique.

qu'à Tarrière. Ceci permet aux plus gros morceaux de schistes de traverser immédiatement les barreaux.

Le fonctionnement de l'appareil se conçoit aisément. Les charbons de forme plus ou moins cubique glissent entre les barreaux comme dans des ornières et arrivent à l'extrémité de la grille, tandis que les schistes beaucoup plus plats s'engagent à travers les barreaux de la grille.

L'ensemble de l'appareil se compose d'un tamis à trous ronds ou hexagonaux pour le calibrage des grains, d'une grille à barreaux telle qu'elle vient d'être décrite pour l'évacuation des schistes et d'un tamis à trous ronds placé sous cette grille pour l'élimination des charbons qui auraient pu être entraînés avec les schistes.

Qœls q«e eoient les essais faits, le triage à la main est celui qui semble devoir prédominer jusqu'ici. Un seul appareil est intéressant à signaler, c'est le désintégrateur-épurateur Sottiaux.

Desintég^teor-épurateiir Sottîavz. — Le principe de l'appareil est de provoquer la séparation du charboo et du «chîste en broyant

d'abord, puis en emportant le produit utile par une ventilation énergique.

L'appareil [fig. 22) comporte un brisoir à lames hélicoïdales B, constitué par des bras en acier, aux extrémités desquels sont fixées les lames. Il tourne à Tintérieur d'un cylindre formé de deux

Fio. 22. — Desintégrateur-épurateur Sottiaux.

parties: la première, en fonte, est munie de rainures au fond desquelles sont des trous ; la seconde est formée d'une tôle perforée à trous comme les trommels.

Derrière le brisoir se trouve un cylindre cribleur R qui tourne à une vitesse différente et qui se termine par une hélice V.

Le charbon à traiter, amené par la trémie L, est brisé par les lames dans leur rotation et converti en morceaux à peu près ronds et d'un petit diamètre. Il se trouve ainsi débarrassé des schistes qui se brisent en paillettes selon leur clivage. Une partie du charbon est emportée par le vent et par la force centrifuge à travers les trous du cylindre en fonte. Le reste vient se classer dans l'appareil cribleur R qui élimine par sa périphérie les matières charbonneuses. L'hélice V tend à retenir ces matières pour mieux les classer.

En I arrivent alors les pierres débarrassées des dernières parcelles charbonneuses.

Un appareil de 3 mètres de longueur et de 1"", 50 de diamètre peut, à raison de 250 tours par minute, classer 30 à 35 tonnes à l'heure et ramener un charbon de 15 0/0 de cendres à une teneur de 7 0/0, sans que le déchet soit par trop considérable.

Reconstitution. — Après triage des produits calibrés, on peut mé-

SORTAGE DE LA HOUILLE

FiG. 23. — Schéma du criblage du puits Mars aux Houillères de Saint-Étienne.

langera nouveau ces produits, c'est-à-dire opérer ce que Ton appelle la reconstitution. On réalise ainsi les compositions de tout-venant demandées dans

l'industrie, les char- -^ «- a» vides

bons ayant été préalablement et convenablement débarrassés de leurs pierres.

Les recompositions ou reconstitutions se font sur des toiles de transport perpendiculaires aux toiles de triage. On laisse tomber sur ces toiles la quantité de charbon exactement nécessaire pour former du 35, du 45, du 50, du 60 ou du 70 0/0. Il suffit pour cela de soulever une trappe qui existe dans la trémie de chargement placée a chaque extrémité du couloir de triage. Le charbon, au lieu de tomber dans le wagon, descend sur une toile de transport placée sous la table de triage, et le mélange s'y fait automatiquement avant que les sortes mélangées ne tombent dans le wagon.

La disposition du croquis schématique {fig, 23) est celle des Houillères de Saint-Étienne (puits Mars). Aux mines de Bruay, le triage se fait sur trois tables, et perpendiculairement à ces tables se trouve une toile de concentration des criblés qui emmène les toutvenants industriels au chargement en wagon.

Appareils de chargement. — Les appareils de chargement devront être combinés de manière à éviter le bris des charbons. Ce seront, en général, des couloirs à joint télescopique, c'est-à-dire pouvant s'allonger ou se raccourcir à volonté.

On fait reposer ces couloirs télescopiques sur le charbon déversé dans le wagon et on les maintient toujours chargés d'une certaine quantité de combustible, afin que les morceaux roulent sans tomber, par conséquent sans se briser.

Au début du chargement, il y a toujours chute de quelque premier fragments de charbon dans le wagon. Puis, peu à peu, un cône de combustible se forme, et c'est sur ce cône que vient reposer le couloir télescopique. Les charbons tombent ainsi selon l'inclinaison

COMBUSTIBLES ITVDUSTRIELS

du tas conique. On no remonte le couloir que lorsqu'il a tendance à s'engorger et on s'arrange toujours pour qu*il n'y ait aucune chute du combustible.

Un appareil de chargement intéressant est le transporteur Kreiss [fig, 24). Le couloir de ce transporteur est animé de secousees longitudiubles d'avant en arrière au moyen d'une bielle actionnée par un excentrique.

Les matières, sous l'action des secousses, sautent dans le couloir, ce qui évite l'effet retardateur du frottement, et peuvent être transportées sur de grandes longueurs sans aucun bris. Le débit de l'appareil est assez considérable. Un couloir de 800 millimètres de largeur et de 250 millimètres de hauteur peut transporter 20 à 25 tonnes à l'heure.

Prix de revient. — Nous donnerons comme exemple de prix de revient celui de l'atelier de Commentry, qui a été communiqué par M. Buisson au Congrès des Mines et de la Métallurgie de 1900 ^

Pour une production totale nette de 328.000 tonnes, ce prix de revient se décompose comme il suit :

Fio. 24. — Transporteur Rreiss.

Machiniste

Verseurs aux culbuteurs .

/ aux tables .

Trieurs.

main-d'œuvre.

Page 1