PREMIÈRE PARTIE HOUILLE
Caractères physiques» — Couleur. -— Cassure. — Dureté. — Cohésion. -- Poids spécifique. — Propriétés chimiques, — Teneur en carbone. — Teneur en matières volatiles. — Teneur en soufre. — Teneur en phosphore. — Teneur en cendres et éléments chimiques des cendres. — Teneur en eau. — Combustion spontanée. — Classification de la houille. — Classification de Gruner. — Autres classifications. —Classification basée surTexamen des empreintes végétales. — Cannel coal.
Caractères physiques. — Comme tout minerai, la houille se définit d'abord par ses caractères physiques, et ensuite par ses propriétés chimiques. Les caractères physiques principaux que nous examinerons successivement sont la couleur, la nature de la cassure, la dureté, la densité, la cohésion*
Couleur. — La houille est noire en général, mais elle présente toutes les gammes de couleur noire. Un œil exercé peut néanmoins caractériser les diverses qualités qui sont employées comme combustible.
C'est ainsi que la qualité de houille dite anthracite est aisément reconnaissable à une couleur plutôt grisâtre, se rapprochant un peu de la couleur des schistes charbonneux. Certains anthracites ont même une teinte gris fer, assez analogue à celle du graphite vulgairement appelé mine de plomb. On y remarque aussi des reflets jau-
COMBCSTIBLES IHDUSTRIKLS. i
nàtrea, parfois irisés, tenant à la présence de la pyrite de fer, présence qui est assez fréquente.
Les houilles grasses ont des reflets d'un noir brillant qui est caractéristique. Files sont plus noires que les anthracites.
Quant aux charbons à gaz^ qui contiennent une forte proportion de matières volatiles, ils ont une couleur plutôt mate. Ils paraissent ainsi moins noirs que les précédents. La couleur de leur poussière tire quelquefois sur le brun.
Les dilTérences sont ainsi fortement marquées pour les trois termes extrêmes que nous avons énumérés. Il est inutile de dire que pour les qualités intermédiaires des houilles les oppositions ne seront pas toujours aussi nettes.
Cassure. — La nature de la cassure varie avec les différentes variétés de houille et les catégories ainsi caractérisées seront, à peu de chose près, les mômes que celles qui ont été décrites précédemment.
Dans les anthracites les morceaux se présentent avec des faces bien nettes, assez comparables aux clivages des cristaux. En cassant indéfiniment un anthracite, on n'obtiendra pas de parties lamelleuses, mais toujours des fragments ayant des faces nettement définies, et assez voisines quelquefois de la forme cubique. Les faces ne sont pas lisses, mais présentent une série de facettes minuscules qui par réfraction deviendront brillantes.
La cassure des charbons gras n*cst plus aussi nette. Elle est compacte et les morceaux s'efîrittent volontiers. Quand les fragments restent gros, les faces ont une forme concUoïdale mieux caractérisée. Les reflets noirâtres paraissent d*autant plus vifs qu'ils existent sur toute la surface et non pas par points isolés comme pour Tanthracite.
Les charbons qui contiennent beaucoup de matières volatiles ont, comme Tanthracite, des faces à cassure bien définie, mais ces faces sont plutôt lamelleuses et lisses. On croirait à des dérivés d'une forme cristalline prismatique plutôt que d'une forme cubique. Certaines catégories sont même fibreuses comme du boiê fotêile; ces iibres correspondent à des lits de séparation suivant lesquels les blocs se détachent.
Très souvent, les lits qui existent plus ou moins définis dans toutes les variétés de houille, ne sont pas brillants comme le reste du banc; ils sont mats et ont un aspect fibreux caractéristique. Les
lits mis à nu paraissent formés par des fibres longues de quelques millimètres seulement, qui les divisent en sort43 de damier. Dans chaque carré du damier, les fibres sont parallèles, mais ce parallélisme ne se conserve pas d*un carré à Tautre. L^étude au microscope a fait reconnaître dans ces fibres des éléments d'Âraucarîées, de Calamités et de quelques autres végétaux. Les fibres ont une épaisseur variant depuis celle d'une feuille de papier jusqu'à 10 om i± millimètres, et semblent formées d'un charbon tendre de nature spéciale. Perpendiculairement aux lits de tassement, la masse solide et brillante est sillonnée de lignes mates parallèles, suivant lesquelles les morceaux se laissent facilement séparer au couteau. Souvent des morceaux, même de petite dimension, présentent assez de ces plans de soudure pour qu'il soit impossible d'isoler un fragment de houille parfaitement homogène de plus de 4 ou 5 millimètres d'épaisseur. Les houilles de cette espèce se rencontrent en Angleterre, en Silésie et en Saxe.
Dureté* — De même que pour la nature de la cassure, les anthracites et les charbons flambants sont voisins au point de vue de ]t dureté.
L'anthracite de Pennsylvanie est bien connupour son extrême résistance qui fait sa grande qualité et légitime son emploi dans Iq& liauts fourneaux. Une certaine dureté persiste jusque dans des qualités de charbons maigres, à condition toutefois qu'ils restent en place dans la mine, d'où le nom qui leur est donné parfois de cfaarhons durs {Juxrd coal). A l'air ils s'efirittent, surtout s'ils contiennent du grisou ou de la pyrite de Xer.
Les charbons gras sont moins durs. Toutefois leur 4ureté dépend de la nature de la aédimeniation. Ijbs eharbous qui sont en strates plutôt schtflieuses ae cassent facilement. Ceux, au coutraire, qui forment dans laaniaeiiae couche compacte sans lit Men maitiué, ni sans coupe * verticale ou transYersale, restent durs et difficiles à hriaer . Les charhoas diia demi-^éu sont presque toujours friables, et ka meilleures sortes donnent en général une grande quauliié de poussière.
Les charbons à gaz sont asseE durs. Us se preaentent gënéraleniBai en couches compactes rarement coupées par des iita schisteux. Ils sont jpourtant moins durs que les anthraciies.