CHAPITRE XIII TOURBE
Caractères physiques. — Propriétés chimiques. — Eau hygrométrique. — Matières volatiles. — Teneur en cendres. — Analyse des tourbes. — Carbone fixe.
— Gendres. — Pouvoir calorifique. — Exemples d^analyses. — Étude au microscope. — Préparation mécanique. — Briquettes de tourbe, — Méthodes primi tives de préparation. — Nouvelles méthodes de préparation. — Dessiccation.
— Emploi de la tourbe. — Carbonisation de la tourbe. — Carbonisation en meules. — Four d*Oberndorf. — Carbonisation en Angleterre. — Installation de Staltach. — Essais divers de carbonisation. — Dopplérite.
CSaractères physiques. — La tourbe est une substance noirâtre, terne ou spongieuse, combustible quand elle est séchée, répandant lors de sa combustion une odeur complexe, désagréable, et tout à fait caractéristique.
Le poids spécifique des tourbes varie beaucoup selon leur degré de dessiccation, suivant la nature des végétaux générateurs et la partie de la couche d'où provient Téchantillon examiné. Les variétés les plus fréquentes pèsent de 160 à 170 kilogrammes le mètre cube, tandis que certaines qualités très compactes pèsent 200 kilogrammes.
Le poids spécifique des tourbes du Fichtelgebirge, en Bavière, varie de 285 à 350 kilogrammes le mètre cube plein. La même tourbe moulée, pèse de 300 à 350 kilogrammes. La tourbe des marais de Montoir, près Saint-Nazaire (Loire-Inférieure], pèse 220 à 280 kilogrammes; celle des marais de Fos, près de Marseille, de 270 à 300 kilogrammes, celle des marais du Scheland, de 125 à 285 kilogrammes.
Propriétés chimiques. — Nous donnerons, d'une manière générale, les limites extrêmes entre lesquelles sont comprises ordinairement les proportions d'eau hygrométrique, de matières volatiles, de carbone fixe, de cendres, ainsi que le pouvoir calorifique des tourbes.
Eau hygrométrique. — Les tourbes simplement desséchées à l'air
COMBUSTIBLES I!fDUSTniBL8. 21
retiennent des quantités d'eau hygrométriques variables avec leur texture et surtout avec les circonstances atmosphériques. Dans les temps très chauds et très secs, la tourbe compacte ne perd pas plus de 100/0 de son poids, par dessiccation ; après plusieurs mois pluvieux, la tourbe à texture un peu lâche retient jusqu'à 25 0/0 d'eau hygrométrique.
La tourbe, complètement séchée à l'air, perd en eau, dans le vide, de 2 à 7 0/0 de son poids, de 12 à 20 0/0 dans une étuve à 100*». Vers 120^, la décomposition commence, avec dégagement de produits qui renferment du carbone et de l'hydrogène ; vers 200*, la tourbe commence à s'enflammer dans l'air.
Matières volatiles, — En général, la tourbe, préalablement desséchée à une température supérieure à 100®, perd par calcination de 40 à 50 0/0 de matières volatiles, dont la richesse en carbone dépend beaucoup de la rapidité avec laquelle la calcination est conduite. Quand la calcination est rapide, le carbone équivalent aux matières volatiles varie de 10 à 26 0/0 du poids de la tourbe desséchée à l'air; le chiffre de 26 0/0 est une limite supérieure qui s'applique aux tourbes très p«res et presque sèches.
Le tableau suivant indique la manière dont varie la proportion de matières volatiles avec le séchage.
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