SUR 100 PARTIES EN POIDS DE CENDRES
Potasse
Soude
Chaux
Magnésie
Alumine
Oxyde de fer
Acide phosphorique
— sulfurique
— chlorhydriaue
— silicique soluble
— carbonique
Matières étrangères mélangées
traces
traces à 24,0
Analyse des tourbes. — On opère Tanalyse des tourbes en mullipliant autant que possible les essais sur des échantillons convenablement choisis. On dose Teau hygrométrique par dessiccation, on évalue la perte par calcinatîon à Tabri du contact de Tair, on incinère et on pèse les cendres.
Ces trois opérations suffisent pour les tourbes destinées aux usages domestiques ou au chauffage des appareils à vapeur. L'analyse des cendres, et la détermination du pouvoir calorifique, par fusion avec de la litharge, sont indispensables quand il s'agit d'utiliser des tourbes en métallurgie. Il faut même avoir soin de calculer la proportion de carbone pur équivalant aux matières volatiles, afin de pouvoir se rendre compte, au moins par comparaison de différentes tourbes entre elles, du degré de chaleur qu'on peut attendre des fiammes à une certaine distance du foyer.
L'analyse immédiate et la détermination du pouvoir calorifique sont encore essentielles, quand il est nécessaire d'apprécier l'infiuence du lavage suivant la qualité de la tourbe. Le lavage sépare uns partie des matières terreuses, mais fait perdre en même temps une fraction très notable de la substance utile; il faut pouvoir comparer au poids de la tourbe brute employée, la proportion des matières utiles et inutiles qu'elle renferme, le poids de la tourbe obtenue par le lavage et sa valeur comme combustible.
Carbone fixe, — On recueille, en proportions extrêmement variables, le carbone fixe ou charbon de tourbe qui, avec les matières terreuses, constitue le résidu fixe de la calcinalion ; pour les tourbes françaises, les essais donnent depuis 14 jusqu'à 39 0/0 de carbone
fixe, les tourbes étant calcinées très rapidement dans Tétat où elles sont livrées à la consommation.
On dose le carbone par diiïérence en retranchant du poids trouvé après calcination celui trouvé après incinération; or les tourbes sont souvent mélangées de sulfate de calcium, qui est décomposé presque entièrement en sulfure de calcium par le charbon, pendant la calcination ; on pèse donc dans le charbon le carbone plus les matières terreuses renfermant le sulfure de calcium ou bien du sulfate de calcium. Après la combustion dans le moufle, les cendres contiennent le sulfate de calcium, lequel n'est décomposé qu'en proportion variable pendant la calcination. Ce sel est préservé de Faction du quartz et de Targile par la chaux libre provenant du carbonate de calcium, quand la tourbe contient beaucoup de calcaire; dans le cas contraire, la décomposition du sulfate de calcium peut être complète. Il n'y a donc pas égalité de poids pour le résidu de la calcination d'une tourbe, renfermant du sulfate de calcium.
On ne peut ainsi doser le carbone fixe dans les tourbes que très approximativement.
Cendres. — La proportion des cendres au laboratoire, qui descend très rarement au-dessous de 6 0/0, s^élève en général à 12 et 18 0/0. Les cendres obtenues, soumises à une action oxydante très prolongée, ne renferment pas de sulfure de calcium, comme celles des foyers des chaudières à vapeur et des usines, qui contiennent aussi une certaine quantité de charbon n'ayant pas été complètement brûlé.
Les cendres contiennent beaucoup de silice à l'état de silicates facilement attaquables par les acides les plus faibles ; elles ont de l'alumine, de Toxyde de fer, de la chaux, du sulfate de calcium et des sels alcalins, corps qui peuvent avoir sur la végétation une influence assez favorable. Les cendres de tourbe sont donc employées comme amendement; il est, pour ce motif, quelquefois utile de faire l'analyse complète des cendres. Cette analyse est extrêmement complexe.
Au point de vue de la solubilité dans les réactifs, les cendres se classent ainsi et présentent les proportions suivantes :
SolQbles dans l'eau. . . . i Substances organiques 1 ,50
( — inorganiques 0,16
Solables dans Tacide \ Substances organiques 0,13
ohlorhydrique. } — inorganiques 2,94
i Acide ulmique 22,60 Charbon d-hamii... 37,70 Résine 4,10
Insoluble dans les deux ) organiques. . ^.^^ ^ '^
liquides. J ( jpibres de plantes, . i6!22
Substances inorganiques 0,29
Eau 14,50
Pouvoir calorifique. — Le pouvoir calorifique de la tourbe est peu inférieur à celui du bois, quand Texpérience est faite sur du combustible séché en plein air; la tourbe desséchée au-dessus de 100* donne, au contraire, avec la litharge, autant et plus de plomb que le bois desséché. Dans son état hygrométrique ordinaire, après plusieurs mois d'exposition à Tair, la tourbe donne avec la litharge de 8 à 15 parties de plomb; elle équivaut, pour son pouvoir calorifique, à une proportion de carbone pur comprise entre les limites de 0,255 à 0,440 de son poids.
Si Ton fait abstraction de Teau et des cendres, on peut admettre comme pouvoir calorifique de la tourbe 5.300 calories, mais la tourbe ordinaire à 8 0/0 de cendres et 25 0/0 d'eau ne dépasse pas 3.500 calories. D'après les expériences de Brix, 1 kilogramme de tourbe contenant de 8 à 10 0/0 de cendrés et 250/0 d*eau, vaporise autant d'eau que 1^,200 de bois; si donc on admet que le bois développe par sa combustion 2.900 calories, la tourbe atteindrait le chilTre de 3.500 calories.
Les tourbes de la Somme, cliaulTées à 100^, sèchent sans se décomposer et sans perdre ni gaz carbonés ni asote. Leur densité moyenne est de 1,405. Les meilleures qualités se trouvent à Longueau, à Camon, à Boves et à Longpré, et contiennent environ 9 0/0 de cendres. Leur pouvoir calorifique, déterminé par la litharge, est environ 3.300 calories, c'est-à-dire voisin de celui du chêne desséche.
Exemples danalyse, — Pour résumer ce qui a trait à la composition chimique de la tourbe, nous donnerons le tableau suivant d'analyse :
C^ Cl< Cu CL pu &• CD O 9 O CD A
CD* g^