‹ Comédies bourgeoisesChapitre 20 sur 77 · M. BRULÉ, MADAME BRULE · texte numérisé non relu

M. BRULÉ, MADAME BRULE

MADAME BRCLiî. — Tu l'as vuc, cllc a tcnu à niellrc le costume de son portrait; quand je le le disais !

M. BRuiiii. — Oui, oui, c'est vrai.

MADAME BRUiiÉ. — Elle 3 hcau dire qu'ils ne sont qu'entre eux, jc ne donne pas lu dedans. Toutes les fois que nous avons été invités, nous devions nous trouver avec des personnes de connaissance :

toujours des figures nouvelles ! et, si tu m'en crois, nous irons au jardin, do peur d'être relancés encore une fois.

M. BRiLi':. — Tu as raison; allons ! [Ils sortent.)

NICOLET, IIE^KIETTE, entrant du côté opposé.

NicoLET, un marteau à la main, ■poursuivant Henriette. — Va te promener, j'y renonce. {Il se jette dans un fauteuil.) Je suis tout hors de moi. Ça ne vaut rien de courir après dîner; je n'ai plus de jambes.

Hj-:vRiETTE. — N'êtes-vous pas honteux, à votre âge, de faire comme ça le jeune homme?

McoLET. — Ah çà ! voyons, ta maîtresse veut absolument que je l'accroche : oîj l'as-iu mise?

uENRiEïTE.— Là, sur le canapé.

ivrcoLET. — Je ne l'aurais jamais devinée lu; elle est enterrée sous un las de coussins. (// 7nonte sur un fauteuil.) Il s'agit maintenant de trouver le milieu de mon papier... J'ai une chaleur atroce; tiens mon habit un instant. (// retire son habit.) Dépêchons-nous, le temps presse. {Il fredonne en enfonçant un clou dans ta muraille.)

Pour le iiiirlilon,

Mirliton, inirlllaiiie,

Pour le inirlilon, don don.

iiK>RiETTK. — Diles-ia moi donc, celle cliaiison qui les a tant fail rire à diner?

NicoLKT. — Ça ne se clianle pas dejaiil les demoiselles.

iiENRiETTii. — Qu'esl-ce que ça fail, je vous en prie ?

NicoLET. — Plus lard, nous verrons ça.

HENRIETTE. — Vous serjcz si gentil !

MCOLET.

Le berger aux trois déesses,

Mirliton, niirlitaine, Filoler trois cotillons,

Mirliton, don don.

Mon clou esl-il droit comme ça?

HENRIETTE. — Oui, il esl bicH dioil.

NicoLET. — Passe-moi madame r>idard, à présent.

HENRIETTE, prcitant le jjorlrail. — C'esl plus lourd que moi ; je n'alleindrai Jamais là.

MCOEET. — Alleiids, allends, je vole à Ion mj-

LE l'EINTIŒ ET LES BOURGEOIS. G9

cours. (// descend de son fauteuil et profite du moment où Ucnrielte a le bras en l'air pour lui prendre la taille.) Vous voilà, chère amie, enlièrenicnl à ma disposilion. (// l'embrasse.)

HK>RiKTTE. — Yoii!ez-vous mc laisser Iranquilie, voulez-vous me laisser tranquille, ou je laisse tout tomber : finissez avec vos bêtises.

îîicoLET. — Tu appelles ça des bêtises, toi?(// V embrasse derechef.)

HENRIETTE. — Approchez encore, et je lâche madame Bidard, gros vilain polisson! Voilà qu'on monte.

NicoLET. — Donne-moi ta maîtresse. (7/ monte sur son fauteuil et prend le tableau.)

Mirliton, don, don.

Tu avais raison, la copie pèse autant que l'original.

HENRIETTE. — Vous en savez quelque chose.

NicoLET. — Qu'est-ce que c'est, mademoiselle? Ah ! vous aussi ? Eh bien, c'est joli ! ne vous gênez pas.

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