SCÈNE III
M. BRÛLÉ, MADAME BRÛLÉ, MADAME BIDAUD, dans le costume du porlrait.
MADAME BiDARu, embrassaiH madame Brulc.— Vous étiez ici, madame Brûlé, et je n'en savais rien : ce sont les enfants qui viennent de le dire. Combien je vous sais gré d'être venue aujourd'liui ! El M. BruIé que je ne voyais pas. ( Elle lui tcml la joue; M. Bridé se reml à cet appel.) Madame Brûlé, vous allez venir de l'autre côté avec nous.
MADAME ERULK. — Non, du toul; VOUS êtes à table, nous ne voulons pas vous déranger.
MADAME BIDARU. — Yous uc uous déraugcz pas, au contraire; figurez-vous que nous ne sommes qu'entre nous; venez donc!
MADAME BUULÉ. — Je VOUS cu prlc cu grâce, dispensez-m'en.
LE PEINTRE ET LES BOURGEOIS. GJ> MADAMK BIDARD. — Jo VOUS Cil VOUllrai lOUtC
ma vie! Monsieur Brûlé, engagez-la donc à venir (le l'autre côté.
MADAME BRULE. — Monsicur Brulé sait bien que j'ai besoin de prendre un peu l'air. Nous sortons de table; nous n'avons pas trouvé de voilure, nous sommes venus très-vite, et un petit tour de jardin me fera du bien .j'en suis sûre.
MADAME BIDARD. — VoUS fcrCZ C^ qUC VOUS VOU-
drez ; mais, vraiment, ça me fait de la peine, que vous ne veniez pas un moment avec nous... Eh bien, et mon portrait qui est encore sur ce canapé. J'avais cependant bien recommandé quon me raccrochât. Comment me trouvez-vous, madame Brulé?
'Au moment où elle demumle à madame Brulé son avis, madame Bidard jelte deux ou trois coussins du canapé sur son portrait.)
MADAME BRULÉ. — Jc VOUS Irouvc très-resscmblanle, madame; je vous ai reconnue en entrant.
M. BRULÉ. — Je vous trouvc tro]) montée en couleur.
MADAME BIDARD. — Jc crajus quc uics ciifants ne ic voient avant que nous sortions de table ; c'est une surprise que jc leur fais.
MADAME BRi'LÉ. — DûiU ils scroiil trùs-i'ecoiinaissanlSj je n'en doute pas.
M. BRiLÉ. — Ceilaincmenl.
MADAME jiiDARD. — Oui, jc ci'ois quc 03 leiii' fera plaisir; c'est Nicolet qui m'a donné celle idée-là. Décidémenl, vous ne voulez pas venir avec moi ?
MADAME lîUL'LÉ. — Saus cérémouie, non, vraiment.
MADAME BiDARD. — EIi bien, je vous laisse; car je suis sur le qui-vive, je crains qu'on ne vienne me chercher. Je ne vous dis pas adieu ; au revoir, madame Brûlé; nous allons venir prendre le café ici, dans un moment ; sans adieu. [Elle sort.)