‹ Comédies bourgeoisesChapitre 37 sur 77 · MADAME POTAIN, OLYMPE · texte numérisé non relu

MADAME POTAIN, OLYMPE

MADAME POTAIN. — EIi hieu, ma petite Olympe, on m'en veut donc toujours?

OLYMPE. — Qui? moi, madame?

MADAME POTAIN. — Oui, je le sais; M. Lasscrre m'a tout dit.

OLYMPE. — M. Easserre? qui donc a pu lui dire?

MADAME POTAIN. — Je suis loul ; ol cela, pauvre

pelile, parce que, peul-êlre, j'ai pris Irop triiUérét à vous.

OLYMPE. — Je vous en remercie, madame.

MADAME poTAi.x. — Uiic enfunl que j'ai vu élever, agir ainsi avec moi ! je devrais vous laisser faire... vous laisser contracter avec M. Théodore... vous seriez Lieu heureuse avec lui!

OLYMPE. — Qu'est-ce que l'on peut avoir à dire, madame, a M, Théodore?

MADAME poTAO. — Comment! mademoiselle, ce qu'on peut avoir à dire! car queile est sa famille, à ce jeune homme? où est-elle? où vit-elle? dans quel département? dans queile ville? vous en a-t-il jamais ouvert la bouche?

OLYMPE. — Jamais... Vous m'effrayez.

MADAME poTAix. — Eh hicn, mademoiselle, trouvez- moi encore méchante, mauvaise langue... trouvez encore que je ne me mêle que de ce qui ne me regarde pas, quand je cherche à tout faire pour votre boniieur!... Qu'est-ce que ça me fait, à moi, tout cela? Je n'ai besoin de personne, Dieu merci ! j'ai de quoi vivre... La famille des Monligny ncme laisserait pas dans la peine, certainement, jamais... Je ne dois rien à qui que ce soit...

OLYMPE. — Oh ! maman Polain, j"ai eu tort de vous soupçonner.

MADAME rnTAi>-. — .NoM. !(' sujs \\[\c uiéchante

femme, je lésais... sans moi, voire mère vous aurait renvoyée de ciiezelle ; c'est moi qui s' opposc à voire mariage; c'est de ma faute si vous voulez épouser un jeune homme contre lequel je n'ai aucun reproche à faire, il est vrai, mais qui n'appartient à personne... et qui, peut-être, fait semblant de vous aimer... Je quitte cette maison, mademoiselle; je la quitte; je ne veux, plus avoir affaire à des ingrats ; j'aimerais mieux vivre au fond d'un bois, et j'irai au fond d'un bois; oui, j'irai, j'irai, et je serai plus heureuse avec des animaux...

OLYMPE. — Madame Potain !...

MADAME POTAIN. — Je uc vcux plus Hic mêler de rien... Ah ! monsieur Lasserre, vous aviez donc bien raison...

OLYMPE. — Mais c'est donc M. Lasserre qui a pu...?

MADAME POTAIN. — Non , cc u'cst pas lui, ce n'est personne... Pauvre cher homme!

OLYMPE. — C'est lui, madame Potain, c'est lui... Ah! le vilain homme!

MADAME POTAIN. — Vous ne l'almcz douc pas?

OLYMPE. — Moi?... quelle horreur!

MADAME POT AIN. — Vcncz avcc uioi, clière amie ; venez un instant chez moi; je vais tout vous dire... Le voilà qui sort de sa «'lian)bre ; il ne faut pas (|u'il me voie avec vous.

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