‹ Comédies bourgeoisesChapitre 36 sur 77 · MADAME DADOULARD, MADAME POTAIN · texte numérisé non relu

MADAME DADOULARD, MADAME POTAIN

MAUAMK BAuoiLARD, — Ma pauYfe madame Potain, que vous êtes heureuse de ne pas avoir d'enfant! vous n'êtes pas exposée à tous ces cliagrins-là.

MADAME P0TAi:v. — J'ai aussi eu les miens, ma bonne madame Dadoulard. Quand on est aussi aimante que je la suis, à cliaque pas, on voit des choses qui vous percent le cœur. Croyez-vous que la confidence que je viens de vous faire ne m'ait pas navrée? voir une jeune personne que j'ai pour ainsi dire élevée, être aussi malheureuse!

MADAME BADouLAR». — 3Iais cc scéléral de Lasserre a donc séduit Olympe?

MADAME POTAIN. — J'ai tout licu de le croire... Pareille chose est arrivée dans le temps chez monsieur de Monligny.

MADAME BADoiiLARD. — Mais CB petit Théodore?

MADAME P0TAi?i. — C'cst UH élèvc dc CC vilajn scéléral-là.

MADAME BADoiLARD. — Mals il nc l'aime donc pas?

MADAME POTAi\. ~ Jc crairis plus que jamais.

LA VICTIME nu CORRIDOR. 127

d'après l'oxpliralioii que j"ai eue ce malin avec lui, qu'il ne soii que i'inslrumenl de ee misérable Lasserre.

MADAME EADOILARD. — Commcnl?

MAi)\ME poTAi>. — Vous saurcz tout un jour, madame lîadoulard... Abominable Lasserre ! malheureux jeune homme! pauvre jeunesse !

MADAME lîADoriiARD. — 3Iais commenl diable loul ça s"esl-il donc arrangé?

MADAME poTAiN. — Ma délicalesse m'empêche (le vous donner, quant à présent, aucun détail, ma bonne m'ame Badoulard ; il me faut, avant tout, saisir tous les fils de cette épouvantalde machination.

MADAME BADocLARD. — Machination! Ah!

m'ame Polain, machination!... je n'y survivrai pas, c'est sûr... Une enfant que j'ai élevée, que rien n'était trop cher pour elle; et se conduire comme ça !... Ah ! malheureuse, va! moi qui t'aimais tant... tu ne périras que de ma main, va! sois paisible.

MADAME poTAi^i. — L'amitié vous égare... Tenez, la voilà justement qui monte l'escalier.

MADAME BADOLLARD. — LaiSSCZ-mOi.

MADAME poTAiN. — Calmcz-vous, au nom du ciel! descendez chez le propriétaire.

MADAME BADOLLARD. — Oui, quc j'v descendrai.

MADAME l'OTAiN. — Coiilez-lui lout cc qui en est, et rendez à lu société le service de faire sortir d'une niîiison respecl;il)!e un être comme celui-là.

M4DAMK BADOILARU. — LlliSSeZ-niOi...

MAOAMK poTAiN. — Nou, ni'anie Radoulard, je ne le puis pas; allez trouver M. Cliomel, je vous rejoins.

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