MADAME DADOULARD, MADAME POTAIN
MAUAMK BAuoiLARD, — Ma pauYfe madame Potain, que vous êtes heureuse de ne pas avoir d'enfant! vous n'êtes pas exposée à tous ces cliagrins-là.
MADAME P0TAi:v. — J'ai aussi eu les miens, ma bonne madame Dadoulard. Quand on est aussi aimante que je la suis, à cliaque pas, on voit des choses qui vous percent le cœur. Croyez-vous que la confidence que je viens de vous faire ne m'ait pas navrée? voir une jeune personne que j'ai pour ainsi dire élevée, être aussi malheureuse!
MADAME BADouLAR». — 3Iais cc scéléral de Lasserre a donc séduit Olympe?
MADAME POTAIN. — J'ai tout licu de le croire... Pareille chose est arrivée dans le temps chez monsieur de Monligny.
MADAME BADoiiLARD. — Mais CB petit Théodore?
MADAME P0TAi?i. — C'cst UH élèvc dc CC vilajn scéléral-là.
MADAME BADoiLARD. — Mals il nc l'aime donc pas?
MADAME POTAi\. ~ Jc crairis plus que jamais.
LA VICTIME nu CORRIDOR. 127
d'après l'oxpliralioii que j"ai eue ce malin avec lui, qu'il ne soii que i'inslrumenl de ee misérable Lasserre.
MADAME EADOILARD. — Commcnl?
MAi)\ME poTAi>. — Vous saurcz tout un jour, madame lîadoulard... Abominable Lasserre ! malheureux jeune homme! pauvre jeunesse !
MADAME lîADoriiARD. — 3Iais commenl diable loul ça s"esl-il donc arrangé?
MADAME poTAiN. — Ma délicalesse m'empêche (le vous donner, quant à présent, aucun détail, ma bonne m'ame Badoulard ; il me faut, avant tout, saisir tous les fils de cette épouvantalde machination.
MADAME BADocLARD. — Machination! Ah!
m'ame Polain, machination!... je n'y survivrai pas, c'est sûr... Une enfant que j'ai élevée, que rien n'était trop cher pour elle; et se conduire comme ça !... Ah ! malheureuse, va! moi qui t'aimais tant... tu ne périras que de ma main, va! sois paisible.
MADAME poTAi^i. — L'amitié vous égare... Tenez, la voilà justement qui monte l'escalier.
MADAME BADOLLARD. — LaiSSCZ-mOi.
MADAME poTAiN. — Calmcz-vous, au nom du ciel! descendez chez le propriétaire.
MADAME BADOLLARD. — Oui, quc j'v descendrai.
MADAME l'OTAiN. — Coiilez-lui lout cc qui en est, et rendez à lu société le service de faire sortir d'une niîiison respecl;il)!e un être comme celui-là.
M4DAMK BADOILARU. — LlliSSeZ-niOi...
MAOAMK poTAiN. — Nou, ni'anie Radoulard, je ne le puis pas; allez trouver M. Cliomel, je vous rejoins.