MADAME CAMARET, DÉSIRÉE
DÉSIRÉE. — Eh ben, madame, et votre partie?
MADAME CAMARET. — Ncm'cn parlcz pas ! et tout ça par la faute de mon mari ; parce qu'il est sûr cl certain que, s'il eût été prêt, nous aurions eu nos chapeaux sur la tête, et alors plus moyen de reculer : nous serions bien loin, à l'heure qu'il est.
DÉSIRÉE. — Dame, à votre place, je dirais tout
LA PARTIE UE CAMPAGNE. I7u
bonnement qu'il vous est venu des personnes de la campagne.
MADAME CAMARET. — Vous arrangez cela comme vous voulez, ma chère; tout le monde, mailieureusement, n'est pas d'aussi bonne composition. Vous avez des œufs?
DÉSIRÉE. — Oui, madame.
MADAME CAMARET. — Vous nous fcrcz unc Omelette et du café; avec votre pâté, ce sera tout ce qu'il faut; du beurre et des radis; mais le plus tôt possible, je vous en conjure.
DÉSIRÉE. — Faut encore le temps de le faire.
MADAME CAMARET. — Aussi me suis-jc expliquée : je vous ai dit le plus lot possible ; si vous n'entendez pas le français, j'en suis bien fâchée.
DÉSIRÉE. — A la bonne heure, comme ça, je ne dis pas.
MADAME CAMARET. — Enchantéc de me rencontrer une fois avec vous. Je n'ose, en vérité, pas aller voira la pendule.