SCÈNE XXVIII
DÉSIRÉE, M. GODLNOT, M. C.\M.\RET.
CAMARET. — Eh bien, Désirée, et ce déjeuner? Eh! voilà ce cher Godinot! Mi çà! vous déjeunez avec nous, cher ami?
Goi)i>oT. — Oui, je vous conseille! vous êtes, par ma foi, un joli garçon !
CAMARET. — Comment cela?
GODINOT. — Nous faire droguer depuis le malin comme vous faites !
CAMARET. — Je vous proinels que ce n'esl pas ma faute.
DÉsiRiiE. — C'est ce que je me tue de lui dire ; il ne veut rien entendre.
GODiNOT. — Vous n'avez pas, je crois, la prétention de me persuader que vous soyez jamais arrivé à l'heure toutes les fols qu'il s'est agi d'un rendez- vous; mais, aujourd'hui, j'avoue que c'est passer les bornes.
CAMARET. — Qu'est-ce que vous voulez î des gens qui nous arrivent de la campagne juste au moment oîi...
GODiNOT. — Laissez-moi donc.
CAMARET. — Je vous jurc...
GoniNOT. — Parce que vous le voulez bien.
CAMARET. — Le moyen de faire autrement?
GODINOT. — Faites- vous celer; ces jours-là, je me cèle, je n'y suis pour personne. Au surplus, arrangez-vous : je me suis engagé à vous emmener mort ou vif, je ne vous perds pas de vue, je m'attache à vous.
CAMARET. — C'est blcu aiusi que je l'entends. Vous n'avez pas déjeuné?
GODiNOT. — Il s'agill)iendecela,ma foi! D'abord, il m'eside toute impossibilité de rien prendre quand j'éprouve la moindre contrariété.
CAMARET. — Ça ne fait rien! une fois à table,
LA PARTIE DE CAMPAGNE. iT9
VOUS changerez d'avis. Désirée, fais venir ma
femme.
DÉsiRÉK. — Oui, monsieur. {Elle sort.) GODiNOT. — C'est inutile. Je vous jure, monsieur
Camarel, que je n'accepterai rien.