‹ Comédies bourgeoisesChapitre 60 sur 77 · DÉSIRÉE, SOPHIE · texte numérisé non relu

DÉSIRÉE, SOPHIE

SOPHIE. — Eh bien, dites donc, ne vous pressez pas, vous avez le temps, nous vous attendons.

DÉSIRÉE. — Tiens, c'est vous, Sopliie?

SOPHIE. — Que le bon Dieu vous bénisse, allez!

DÉSIRÉE. — C'cst-t'y de ma faute, à moi?

sopuiE. — C'est toujours pas la mienne non plus.

DÉSIRÉE. — D'abord, faut toujours les attendre,

SOPHIE. — Chaque fois la même chose.

DÉSIRÉE. — El puis ce n'est pas le tout.

SOPHIE. — Quoi doue encore?

DÉSIRÉE. — Vous savez bien, son neveu, à M. Godinot?

SOPHIE. — Je ne connais que ça : un grand blondin qui n'en linit plus.

DÉSIRÉE. — Vous y êtes. Vous savez bien qu'il doit épouser notre demoiselle?

SOPHIE. — Plus souvent.

Dr.siRÉE. — Enfin, ça paraît certain!

SOPHIE. — Est-ce que c'est possible?

DÉSIRÉE. — Devinez où c'est qu'il est.

SOPHIE. — Jen sais rien; mais je m'en moque.

DÉSIRÉE. — A les attendre, ma chère, ousce qu'ils doivent aller, à trois lieues d'ici.

SOPHIE. Eh bien, en voilà une de constance! Eh bien, il ne sera pas fâché de ça, l'autre; comment donc déjà que vous l'appelez?

DÉSIRÉE. — M. Casimir.

SOPHIE. — A la bonne heure ! au moins, en voilà un de gentil.

DÉSIRÉE. — Je crois bien, et honnête avec le monde, et tout.

SOPHIE. — A propos, est-ce que vous n'avez pas vu le père Godinot, ce malin?

DÉSIRÉE. — Si fail, trois ou qualre fois, d'heure en heure.

SOPHIE. — On m'envoie vous le chercher.

DÉSIRÉE. — Il ne peut pas venir à présent : il est là dedans qui déjeune.

SOPHIE. — Comment ! mais vous ne savez donc pas qu'ils sont tous là-bas à la maison qu'attendent après lui pour s'en aller à leur partie?

DÉSIRÉE. — Je ne vous dis pas ; mais c'est comme si que vous chantiez; vous ne l'aurez pas avant qu'il ait déjeune ! Voyez un peu à ce que j'ai au feu, sans vous commander; je suis à vous dans un moment. {Elle sort.)

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