DÉSIRÉE, SOPHIE
SOPHIE. — Eh bien, dites donc, ne vous pressez pas, vous avez le temps, nous vous attendons.
DÉSIRÉE. — Tiens, c'est vous, Sopliie?
SOPHIE. — Que le bon Dieu vous bénisse, allez!
DÉSIRÉE. — C'cst-t'y de ma faute, à moi?
sopuiE. — C'est toujours pas la mienne non plus.
DÉSIRÉE. — D'abord, faut toujours les attendre,
SOPHIE. — Chaque fois la même chose.
DÉSIRÉE. — El puis ce n'est pas le tout.
SOPHIE. — Quoi doue encore?
DÉSIRÉE. — Vous savez bien, son neveu, à M. Godinot?
SOPHIE. — Je ne connais que ça : un grand blondin qui n'en linit plus.
DÉSIRÉE. — Vous y êtes. Vous savez bien qu'il doit épouser notre demoiselle?
SOPHIE. — Plus souvent.
Dr.siRÉE. — Enfin, ça paraît certain!
SOPHIE. — Est-ce que c'est possible?
DÉSIRÉE. — Devinez où c'est qu'il est.
SOPHIE. — Jen sais rien; mais je m'en moque.
DÉSIRÉE. — A les attendre, ma chère, ousce qu'ils doivent aller, à trois lieues d'ici.
SOPHIE. Eh bien, en voilà une de constance! Eh bien, il ne sera pas fâché de ça, l'autre; comment donc déjà que vous l'appelez?
DÉSIRÉE. — M. Casimir.
SOPHIE. — A la bonne heure ! au moins, en voilà un de gentil.
DÉSIRÉE. — Je crois bien, et honnête avec le monde, et tout.
SOPHIE. — A propos, est-ce que vous n'avez pas vu le père Godinot, ce malin?
DÉSIRÉE. — Si fail, trois ou qualre fois, d'heure en heure.
SOPHIE. — On m'envoie vous le chercher.
DÉSIRÉE. — Il ne peut pas venir à présent : il est là dedans qui déjeune.
SOPHIE. — Comment ! mais vous ne savez donc pas qu'ils sont tous là-bas à la maison qu'attendent après lui pour s'en aller à leur partie?
DÉSIRÉE. — Je ne vous dis pas ; mais c'est comme si que vous chantiez; vous ne l'aurez pas avant qu'il ait déjeune ! Voyez un peu à ce que j'ai au feu, sans vous commander; je suis à vous dans un moment. {Elle sort.)