SCÈNE XXXIV
LES MÊMES, MADAME CAM.VRET, faisant irruption dans la cuisine.
MADAME CAMARET. — Ah çù ! madcmoisclIc, vous êtes décidément sourde. Il n'y a pas à dire, voilà une grande heure que je vous sonne.
DÉSIRÉE. — J'ai rien entendu.
SOPHIE. — Moi non plus, madame.
MADAME CAMARET. — Ah! c'CSl VOUS, Sophic?
lionjour. C'était pour nous donner à boire.
LA PARTIE DE CAMPAGNE. i8S
DKsiRÉE. — Voilù que je descends à la cave, ne vous faites pas de mauvais sang. (Elle sort.)
MADAME CAMARET. — Vous prendrez garde, s'il vous plaît, à ne pas me casser mes liouleilles. Je suis sûre qu'elle est déjà à la cave. Je vous dirai que je n"ai jamais de grands reproches à 'lui faire, à Désirée; c'est une fille très-propre, très-lionnûle, mais d'un caractère... terrible !
SOPHIE. — Ah ! dame, je vas vous dire, on ne se fait pas.
MADAME CAMARET. — Vous avcz raisou. Cependant, je parierais que vous, Sophie, vous n'êtes pas comme ça.
SOPHIE. — J'ai aussi mes défauts; mais ce que j"ai, c'est de ne pas être malhonnête avec mes maîtres.
MADAME CAMARET. — C'cst uu grand poiut.
SOPHIE. — Puisque vous ne pouvez plus vivre avec Désirée, avez-vous réfléchi à ce que je vous ai dit, madame?
MADAME CAMARET. — Oul, Certainement, j'y ai pensé; mais je dois aussi vous dire que je n'irai jamais à plus de deux cents francs.
SOPHIE. — Mais, madame, j'ai ça chez madame Courlin.
MADAME CAMARET. — NoHS CM l'cparlcrons; n'en dites rien toujours à Désirée.
186 COMÉDIES BOUU(JEOISES.
SOPHIE. — Vous non plus, madame.
MADAME CAXiARET. — Je VOUS le ppomels.