SCENE II
JOSEPH, seul.
Sont-ils heureux , les maîtres ! de pouvoir se payer des agréments comme cela! — Moi, si j'étais maître, je jouerais la comédie toute la journée! Oh! quand je vais au théâtre, j"'ai desyeux comme des portes-cochères I Des fois, je ne comprends pas ce que ça veut dire, mais quand il y a du mouvement, ça m'empoigne! Tenez, je suis allé une fois au cirque, à la foire, on jouait une pantomime : c'était merveilleux. Ça s'appelait la Fille du Brigand. — C'était comme ça. (ii joue la pantomime.) Les brigands arrivent un à un, il y en a un qui boite... On entend des coups de fusil, — il y en a un qui est mort, on le traîne dehors. — (il traîne dehors une chaise.) Voici l'armée française qui arrive avec les tambours et le tambour- major :Tata rata ta plan plan plan, (il imite le tambour-major.) Le général.
à cheval passe la revue, (il se met à cheval sur une chaise.) le cheval caracole. Le général indique que les brigands sont partis par là et qu'il faut les surprendre, ils s'en vont. (Il enlève une autre chaise.) Le chef des brigands vient avec sa fille, (il montre le fauteuil.) il la gronde, — elle boude, — il s'en va. — Arrive un jeune officier français, la jeune fille est heureuse, elle danse! — Ils sont surpris par les brigands — on s'empare du jeune officier! Désespoir de la jeune fille! — L'armée française revient, elle s'empare de la jeune fille qui indique que les brigands ont fait le jeune officier prisonnier! — Là-dessus on court après les brigands, on les tue et la jeune fille épouse l'officier! Défilé de l'armée française. (Pendant tout ce récit, Joseph débarrasse tout le théâtre des meubles qui s'y trouvent, le paravent en dernier. - 11 rentre.) Et puis arrivent les clowns: aoh! aoh! mousique! — Je étais piou fort que toi !
Il se met à quatre pattes.