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SCENE VII FRANÇOIS, caché, MARGOTTON, BALANÇON

BALANÇON

Entrons de front, — pose la bougie sur la table, bien. — Maintenant avançons du côté de ta chambre ; ton pistolet est-il armé ?

MARGOTTON.

Oui, monsieur.

BALANÇON

Du courage et suis mes instructions; ne tire qu'à la dernière extrémité.

MARGOTTON.

Oui, monsieur!

BALANÇON

C'est important! Car J'ai mon projet. Si nous pre-

SI JE l'achevais 1 237

nons ce misérable vivant^ nous ne lui ferons grâce de la vie qu'à une condition.

MARGOTTON.

Laquelle ?

BALANÇON

C'est de se charger du cadavre qui est dans le placard et de le jeter à l'eau ; il sera trop heureux d'en être quitte à si bon marché.

MARGOTTON.

Mais, monsieur, il peut prendre le cadavre et une fois dehors nous dénoncer...

BALANÇON

J'ai prévu tout... Avant de lui donner la liberté, je lui ferai faire une déclaration écrite qui constatera que je suis innocent de ce meurtre... Margotton, je me sens fort I Les drames ne sont pas des fictions ! C'est arrivé !

MARGOTTON.

Ah! monsieur, pour notre malheur !

BALANÇON

Maintenant en route!... (ils s'avancent de front vers la chambre de Margotton ; au moment d'y entrer, François éternue dans le placard.) Qu'ai-je entendu? Le mort n'est pas mort!

MARGOTTON, joyeuse.

Si c'était vrai, monsieur !

BALANÇON

Deux à la fois ! N'importe! nous sommes deux ! Et

nous sommes armes, tuons d'abord le vivant, après quoi nous achèverons le mort.

MARGOTTON.

Mais, monsieur...

BALANÇON

Marche la première, Jeté suis!... et c'est à cinquantehuit ans que m'arrivent de semblables aventures ! Il pousse Margotton dans la chambre, et la suit.

iSCENE VIII

FRANÇOIS, sortant du placard.

On étouffe là-dedans, surtout quand on entend de pareilles choses; je commence à n'être plusà mon aise... Où me réfugier maintenant ?... Tiens ! le mannequin n'est plus là, c'est sans doute ce qui m'est tombé sur le dos quand j'étais dans cette boîte... (Allant au placard.) Oui, c'est la victime du vieux... Ah! une idée, je vais lui procurer une nouvelle émotion à ce gaillard-là. (il prend le mannequin et le dresse debout contre la porte de Margotton.) Là ! maintenant prenons les bougies, pour qu'il ne s'aperçoive pas de sa méprise, et allons voir un peu si je ne trouverais pas une issue de ce côté. Il entre dans la chambre de Balançon en emportant les deux bougies. — Le théâtre rentre dans l'obscurité.

SI JE l'achevais! 239

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