SCÈNE IX
CHARLOTTE
A vos rêves, monsieur Roger.
ROGER, s'adressant à Hélène.
A votre bonheur, madame... fOn entend de nouveau le bruit de l'or âge. J
JOHANN
Entendez-vous le beau vacarme que Forage fait dans la montagne? Baste, puisque le moulin aura maintenant de Teau de reste, le meunier peut bien boire un coup de vin de plus. (Il se verse une nouvelle rasade et chante) :
A pleine riYière
L'eau coule au moulin.
Verse-moi, meunière,
Verse-moi du vin !
Meunière, meunière,
Verse-moi du vin.
CHARLOTTE. ROGER, s\idressant à Hélène.
Laisse là ton verre, Si Tamour t'in\ite
11 est encore plein. A moudre son grain,
J'aime mieux, meunière, A sa voix, bien vite
Soigner mon moulin. Ouvi'e ton moulin !
Meunière, meunière, Meunière, meunière,
Tourne le moulin ! ^ Ouvre ton moulin î
HÉLÈNE, à Roger.
Non pa?; on t'espère Là-bas... et soudain Tu dirais : Meunière, Adieu le moulin !
Meunière, meunière, Adieu le moulin.
JOHANN
Bravo î bravo !... Je ne connaissais pas ces deux couplets ; où donc les avez-vous trouvés?
Au fond de la bouteille, maître Johann... (s'adressant à Hélène, à voix basse) au fond de mon cœur madame.
HÉLÈNE
Tiens, vous êtes poëte;?
ROGER
Un peu : on l'est toujours quand on est près d'une jolie femme.
CHARLOTTE
Et près de deux ?
ROGER
Oh ! alors, les vers coulent de source.
JOHANN
C'est comme moi quand je suis entre deux bouteilles ; la première m'inspire, la seconde m'illumine, et si jamais j'allais jusqu'au tonneau, je crois, ma foi, que je ferais une tragédie.
roger"*'
En vers?
JOHANN
Et en quoi donc , s'il vous plaît ? Pensez-vous, par hasard, parce que je suis un simple meunier,