SCÈNE XI
ROGER
Indifférente , non ; mais inhabile à guérir la blessure que vous n'avez pas faite.
CHARLOTTE
Je panse très-bien les blessés, monsieur.
ROGER
Vraiment? Mais si c'est au cœur que j'ai été atteint ?
CHARLOTTE
Tai aussi des secrets pour ces maladies-là.
ROGER
Savez-vous alors que j'ai grande envie de me confier à vous?
CHARLOTTE
Essayez ; peut-être ne vous en repentirez-vous pas.
ROGER
Vous êtes un ange, Charlotte, et c'est mon bon génie qui vous envoie à mon aide. (Il lui embrasse la main avec effusion. J
JOHANN
Eh bien, monsieur Roger, qui donc vous a permis d'embrasser les mains de... de... Charlotte?
ROGER, avec impatience.
Ça ne vous regarde pas.
JOHANN, se levant.
Comment, ça ne me regarde pas î
CHARLOTTE, allant à sa rencontre.
Non, monsieur, ça ne vous regarde pas?
JOHANN
C'est trop fort !... et qui ça regarde-t-il alors ?
CHARLOTTE, bas à Johanu.
Voyons, vous tairez- vous... et allez-vous enc^e oublier...?
ROGER
C'est vrai. De quoi vous mêlez-vous?... Avezvous quelque droit sur Charlotte...? Est-elle votre femme ?
CHARLOTTE
Oui, suis-je votre femme?
JOHANN , à part et avec une colère qu'il a peine à contenir.
C'est ce que nous allons voir !
J'embrasserai ses mains, si cela lui convient... n'est-ce pas, Charlotte ?
CHARLOTTE
Oui, monsieur Roger.
ROGER
Et son front... si cela lui plaît.