‹ Comedies de paraventChapitre 122 sur 224 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

LE DUt.

Et pourquoi pas en Russie? J'aurais été sûr du moins de le retrouver dans votre salon.

LA PRINCESSE

Vous pensez donc toujours y venir?

LE DUC

Non, princesse ; mais... y rester.

LA PRINCESSE

Ahî

Que vous a donc fait l'Angleterre, monsieur fe duc, pour que vous ne lui donniez pas la préférence? Vous le savez pourtant, c'est l'asile des proscrits.

LE DUC

Y songez-vous, miss Paméla? Et si on allait m'y prendre pour l'avant-garde de l'invasion !...

NADINE

Comment donc? Mais le lendemain de votre débarquement, il y aurait, j'en suis sûre, une interpellation à la chambre des lords .. Croyez-moi, la Neva vaut mieux pour vous que la Tamise... Vous n'aurez là du moins rien de pareil à craindre.

LE DUC

A merveille. Seulement, Gaslon ne voudra pa& peut-être m'y suivre...

NADINE

Ah ! j'ignorais que monsieur Gaston eut pour nous si peu de sympathie.

GASTON

Mais, mon oncle, je proteste. Où donc m'avezvous connu un tel sentiment? J'aime la Piussie, au contraire, je l'adore... n'est-il pas d'ailleurs écrit quelque part :

Rien n'est beau que le froid, le froid seul est aimable ?

Je suis de l'avis du poëte, je vous en avertis.,, et si jamais vous me faisiez le vilain tour de ne pas m'y conduire avec vous... ah ! prenez garde, mon oncle... je vous déshérite!

Qu'en dites-vous, princesse, et trouverez-vous désormais que je donne à mon neveu d'aussi détestables principes que vous voulez bien le dire?

LA PRINCESSE

Laissez donc! Ce n'est pas à votre école que Gaston s'est épris d'une si vive passion pour nos neiges éternelles. (Regardant avec intention du côté de Gaston et de Nadine, qui semblent absorbés dans l'intimité de leur causerie. J Je connais son professeur: il a seize ans, cet âge charmant de l'innocence dans le cœur et des bluels dans les cheveux... Vous reconnaissez-vous à ce portrait? Je ne le crois pas, mon cher duc.

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