‹ Comedies de paraventChapitre 140 sur 224 · SCÈNE IX · texte numérisé non relu

SCÈNE IX

LE DUC

Mais... vous et moi, je pense.

LA PRINCESSE

Moi... sans doute : mais vous... non.

LE DUC

Comment!... je n'ai plus ma raison?... Mais c'est fort inquiétant... ou fort encourageant ce que vous me dites là.

LA PRINCESSE

Inquiétant, pourquoi?., encourageant pour qui?... Oh! mon pauvre duc, comme votre maladie a fait des progrès depuis peu de jours !

LE DUC

Je ne m'en aperçois pas, je vous jure. Je vous aime et ne vous en dis rien... Est-il possible, je vous le demande, d'être plus raisonnable?

LA PRINCESSE

Oui... si vous n'aviez pas commencé par me le dire.

LE DUC

Soit ; "mais alors où est ma folie ?

LA PRINCESSE

Cherchez et vous trouverez.

LE DUC

Ah ! pas d'énigme, je vous en supplie ; je les ai en horreur et ne saurais en deviner une.

206 IvE CLUB DES DAMES.

LA PRINCESSE

Même quand le mol vous en serait agréable? •

LE DUC

Surtout quand le mot m'en serait agréable.

LA PRINCESSE

Voilà une énigme cette fois, ce me semble, et c'est à mon tour de ne pas vous comprendre.

Rien n'est plus facile cependant, et je vous en fais juge... Si je venais à me tromper, si le mot, entrevu dans le demi-jour de votre pensée n'était pas celui que mon cœur attend et espère... ce serait, convenez-en, un bien cruel mécompte, et je ne me sens pas le courage de m'y exposer.

LA PRINCESSE

Je vous croyais cependant tous les courages, monsieur le duc, et en voici un qui vous manque.

LE DUC

Est-ce manquer de courage, princesse, que de manquer de présomption et de ne pas regarder comme la preuve certaine d'un sentiment plus vif le témoignage d'une bienveillance qui m'est sans doute précieuse, mais dont je suis loin d'avoir le privilège?

LA PRINCESSE

Soyez franc : vous me traiteriez de coquette, si vous l'osiez, et vous m'accuseriez volontiers de ne

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