NADINE, GASTON
GASTON (qui est entré sans être vu de Nadine, ramasse la fleur et la lui présente.]
La voici, mademoiselle; voulez- vous que je vous aide?
NADINE
Ah ! j'ai eu peur... je ne pensais pas à vous.
GASTON
Du tout?
NADINE
Du tout... c'est beaucoup dire... un peu.
GASTON
Je le sais, et je crois même que vous aviez pris ce brin d'avoine pour votre confident.
NADINE
Fi! monsieur, que c'est viiain d'écouter aux portes.
GASTON
Je n'écoutais pas, Nadine, je regardais, et j'avais tant de plaisir à ouvrir les jeux, que j'ai oublié de fermer les oreilles.
NADINE
Ce n'est pas une raison. Aussi, pour vous punir, je vous condamne à faire ce bouquet avec moi.
GASTON
Comment ! Vous me condamnez sans appel ?
NADINE
Sans appel; et si vous raisonnez encore, vous n'aurez pas cette Ûeur pour votre peine.
GASTON
Allons, je me résigne... Soyez indulgente, au moins ; je n'ai jamais fait de bouquet.
NADINE
Peut-être en avez-vous donnée?
GASTON, riant.
Oh ! un à papa et un à maman le jour de leur fête... pas davantage.