‹ Comedies de paraventChapitre 145 sur 224 · NADINE, GASTON · texte numérisé non relu

NADINE, GASTON

GASTON (qui est entré sans être vu de Nadine, ramasse la fleur et la lui présente.]

La voici, mademoiselle; voulez- vous que je vous aide?

NADINE

Ah ! j'ai eu peur... je ne pensais pas à vous.

GASTON

Du tout?

NADINE

Du tout... c'est beaucoup dire... un peu.

GASTON

Je le sais, et je crois même que vous aviez pris ce brin d'avoine pour votre confident.

NADINE

Fi! monsieur, que c'est viiain d'écouter aux portes.

GASTON

Je n'écoutais pas, Nadine, je regardais, et j'avais tant de plaisir à ouvrir les jeux, que j'ai oublié de fermer les oreilles.

NADINE

Ce n'est pas une raison. Aussi, pour vous punir, je vous condamne à faire ce bouquet avec moi.

GASTON

Comment ! Vous me condamnez sans appel ?

NADINE

Sans appel; et si vous raisonnez encore, vous n'aurez pas cette Ûeur pour votre peine.

GASTON

Allons, je me résigne... Soyez indulgente, au moins ; je n'ai jamais fait de bouquet.

NADINE

Peut-être en avez-vous donnée?

GASTON, riant.

Oh ! un à papa et un à maman le jour de leur fête... pas davantage.

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