‹ Comedies de paraventChapitre 146 sur 224 · SCÈNE XII · texte numérisé non relu

SCÈNE XII

NADINE

A la bonne heure... Tenez... voyez comme je m'y prends... ce n'est pas plus difficile que ça.-

GASTON, arrangeant les fleurs à son tour. Là... êtes-vous contente? Il me semble que je ne m'en tire pas trop mal pour un apprenti fleuriste.

NADINE

Mais c'est très-bien, au contraire; seulement vous disposez vos fleurs d'une façon un peu trop symétrique.

GASTON

Vous trouvez ?

NADINE

Certainement ; ce ne sont pas des demoiselles qui sortent du couvent et qui se tiennent bien roides et bien droites, de peur d'être grondées.... Ce sont de gentilles personnes, toutes simples, toutes naturelles, et qui doivent être gracieuses et jolies... sans avoir l'air de s'en douter.

' GASTON

Comme vous.

NADINE

Ah! Je m'en doute bien un peu. (Gaston la regarde avec attendrissement.) Mais voyez donc, vous ne travaillez plus !

GASTON

Pardon.

NADINE

Ail ! je viens de me piquer d'une manière horrible.

GASTON

C'est ma faute aussi... je vous laisse tout faire. (Il lui prend la main et l'embrasse discrètement.) Ça vous fait-il encore bien mal ?

. NADINE, en retirant sa main avec douceur.

Non, je suis guérie... Tenez, voici pour le bouquet. fÈlle lui donne une fleur.) Il ne faut pas dé~ courager les fleuristes qui commencent.

GASTON

Merci, mademoiselle.

NADINE

Comme vous me dites merci ! On croirait que ça ne vous fait pas plaisir. ..

GASTON

Vous savez bien le contraire; mais, faut-il vous l'avouer? je ne sais quelle tristesse se mêle au bonheur que j'éprouve auprès de vous; malgré moi, je prévois le moment où il faudra bientôt vous quitter, et alors mon cœur se serre involontairement, comme s'il devait vous perdre pour toujours.

NADINE

Mais pourquoi, s'il vous plaît, une telle pensée? Dès quô la saison sera finie, ne devez-vous pas venir à Pétersbourg avec votre oncle ? Et tout à

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