LES PRECEDENTS, LE DUC, LA PRINCESSE, GASTON, NADINE
LE DUC
Ah çà ! Des Essarts, que vous esl-il donc arrivé que vous ayez Tair si joyeux?
DES ESSARTS
Moi? Rien d'extraordinaire, je vous assure. (Il fredonne les premières paroles de la romance : Elle est à moi, moi seul au monde. J
LA PRINCESSE
Voilà que vous chantez maintenant ?
DES ESSARTS
Tiens, c'est vrai... je ne m'en apercevais même pas.
NADINE
Je devine. Vous avez rencontré M""^ Des Essarts.
DES ESSARTS
Précisément, mademoiselle Nadine, et, qui plus est, j'ai suivi votre conseil sans perdre une minute.
NADINE
Vous lui avez dit que vous souftViez du genou, n'est-ce pas, et que vous seriez obligé de garder la chambre pendant deux ou trois jours?
Pas du tout, pas du tout. Je lui ai dit que nous allions tous ensemble demain au lac de Gaube.
NADUNE.
Patatras !
DES ESSARTS
Comment patatras? N'est-ce pas là ce dont nous étions convenus?
LE DDC.
Mais non, mon pauvre Des Essarts, et vous ne pourrez donc jamais comprendre les choses à demimot? Si tout à l'heure, au lieu de bayer aux corneilles et à votre femme, vous aviez bien voulu écouter Nadine, vous l'auriez entendue vous recommander au contraire, de la manière la plus expresse, de laisser à Gaston le soin d'inviter M™' Des Essarts à notre partie de demain.
DES ESSARTS
El moi?
LE DUC
Eh bien, vous... vous nous rencontriez par hasard du côté du pont d'Espagne, et...
DES ESSARTS
Soit ; mais alors, comment aurais-je pu être à la fois, à me soigner dans ma chambre et à me promener sur le grand chemin ?
LE DUC, bas à la princesse.
Ma foi, princesse, j'y perds mon latin. Il est incurable.